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05/12/2020 14:56

DIJON : Manifestation pour réclamer le retrait de la loi sur la sécurité globale

Après un premier tour de chauffe le 24 novembre dernier devant le bâtiment de la préfecture de la Côte-d'Or à Dijon, plusieurs associations ont appelé à une manifestation «massive et pacifique» ce dimanche 5 décembre place de la République à Dijon.

Parmi les signataires de l'appel au retrait de la loi relative à la sécurité globale en cours d'examen par les deux chambres parlementaires, on retrouve des associations, des syndicats ainsi que des partis politiques : la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty international Dijon, SOS Racisme, ATTAC, la CGT 21, la FSU 21, ATTAC, La France Insoumise, le PS de Dijon, le PCF de Côte-d'Or,  le NPA ou encore Génération.s (lire le communiqué).

L'article 24 pénalisant la diffusion «malveillante» d'images d'agents des forces de sécurité intérieure a cristallisé les colères dès le début de l'examen de la loi. Alors qu'il a promis une commission pour réécrire cet article, le Premier ministre affronte à présent l'ire des sénateurs mettant en avant leur prérogative sur la rédaction des articles dans le cadre d'un travail législatif. Les signataires de l'appel à manifester revendiquent, eux, la possibilité d'un «contrôle citoyen» de l'action des policiers ou des gendarmes.
D'autres dispositions ne passent pas aux yeux des manifestants : reconnaissance faciale liée à l'exploitation des caméras mobiles des membres des forces de l'ordre, utilisation de drones pour surveiller des manifestations ou encore délégation à des sociétés privées de missions relevant de la police judiciaire.

Pour limiter les éventuels débordements, la préfecture de la Côte-d'Or a pris deux arrêtés ce vendredi soir (lire le communiqué). L'un interdit le centre-ville à toute manifestation pour la journée de ce samedi. L'autre interdit, durant tout le week-end et pour tout le département, l'usage d'engins et de produits pouvant servir d'armes par destination : feux d'artifices, fumigènes, acide et bidons de carburant.

Jean-Christophe Tardivon et Alix Berthier
Photographies JC Tardivon

La manifestation en direct :


14h47 : environ 1.000 personnes sont rassemblées sur la place de la République. Des Gilets jaunes prennent la parole via une déclaration anti-masques, anti-pédocriminalité, anti-dictature, anti-loi sécurité globale...

«Aujourd’hui, il se passe des choses graves en France et dans le monde entier… Des humains par milliers en ont marre de la dictature qui s’installe partout, dans ce monde capitaliste. On en a marre de voir les gens crever de faim dehors, on en a marre d’entendre des histoires de pédocriminalité. On est dehors pour tout ça aujourd’hui… La loi de sécurité globale est un point d’entrée à tout ça. On n’a qu’un seul mot : notre liberté. On ne veut plus de ce monde. Aujourd’hui, on est obligés d’avoir trois attestations pour venir manifester, ce n’est pas normal. Il faut en prendre conscience aujourd’hui car demain sera trop tard… On bouge et c’est ça qui est important», ont notamment déclaré «une manifestante citoyenne».

«Ça fait deux ans qu’on a passé dans la rue, à marcher, à scander des slogans, à répondre aux questions, à donner des images croustillantes aussi, à débattre partout en France… Malheureusement, beaucoup y ont laissé des membres, de l’argent, du temps, leur travail parfois, et souvent leur famille… Alors à quoi ça sert ce qu’on fait ? Quel impact on a eu ? Est-ce qu’on va encore continuer en respectant les mêmes schémas depuis deux ans ? Vous savez comme moi que le gouvernement Macron profite de la moindre occasion pour resserrer nos chaînes. Et déjà avant son arrivée, depuis 2015 ! Tout ça est permis car nous ne sommes pas en démocratie. C’est la cause des causes. La Constitution, ils en ont réduit le sens pour qu’on ne s’y intéresse pas… La clé est là ! Si on avait une seule revendication, UNE seule : la modification et la validation collective de notre constitution !», a déclaré un second intervenant.

Au nom de la coordination «Stop Sécurité globale» :
«Nous voilà à nouveau réunis à Dijon, puis à Montbard tout à l’heure, pour défendre nos libertés. Le projet de loi Sécurité globale suscite un refus massif, car cette loi porte lourdement atteinte à nos libertés et à nos droits fondamentaux. La cacophonie la plus totale règne au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire… Ils tentent d’éteindre le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé… Ils essaient de sortir l’article 24 mais c’est pour mieux l’inclure dans l’article 25 de la loi sur le séparatisme. Et puis nous avons toujours les articles 21 et 22 qui visent à l’installation d’outils de surveillance de masse et qui menacent notamment les journalistes et les lanceuses et lanceurs d’alerte… Une telle mesure empêcherait tout contrôle citoyen mais aussi le travail des journalistes et favoriserait l’impunité des auteurs de violences policières. Ces dispositions liberticides présentent une menace pour le droit d’informer et d’être informé et doivent disparaitre. La coordination Stop Sécurité globale condamne aussi les violences policières qui ont eu lieu le 28 novembre au niveau national, y compris à Dijon le 24 novembre... C’est disproportionné et ça s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a subi durant plusieurs manifestations».
Des accusations de violences et de racisme «de la part de policiers» ont aussi été exprimées, de même que l’importance de pouvoir encore photographier et filmer…

15h03 : le cortège se lance sur le boulevard Thiers avec les représentants des partis politiques en tête notamment. «Sécurité globale, on n'en veut pas !», peut-on entendre, ainsi que des slogans anticapitalistes ou bien des «Gilets jaunes, on est là !». Hormis quelques pétards et fumigènes, le défilé se passe calmement.

15h35 : les manifestants sont arrivés sur la place Wilson. «Une seule solution : la Révolution !», a-t-on entendu dans le cortège durant le parcours. On approche les 2.000 manifestants (1.200 à 1.500 selon la LDH, 1.800 selon la préfecture)... Quelques manifestants (200 personnes) tentent de poursuivre par la rue Chabot Charny. Ils sont repoussés par le gaz lacrymogène des forces de l'ordre. Poubelles incendiées et tirs de mortiers.

15h56 : les forces de l'ordre donnent à nouveau une première sommation...

16h08 : statut quo au début de la rue Chabot Charny : grenades assourdissantes d'un côté, jets de pierre, tirs de mortiers et pétards de l'autre. Quelques Black Blocks bloquent un bus Mobigo, qui se retrouve arrêté dans les gaz... D'autres manifestants aident le bus à passer. En musique de fond, une sono diffuse la chanson du père Noël...

16h16 : encore 300 manifestants se trouvent sur la place Wilson, la circulation n'est pas arrêtée.

16h21 : les forces de l'ordre procèdent à une charge pour évacuer la zone. Celle-ci fait reculer les manifestants au début des allées du Parc et rue de Longvic.

16h55 : plus aucun manifestant ne se trouve sur la place Wilson. Les CRS sont eux toujours sur place.

17h19 : une trentaine de personnes est revenue sur la place de la République dans le calme.

18h15 : la préfecture annonce que «8 personnes ont été interpellées pour participation à un attroupement après sommations et violences contre les forces de l'ordre», dont une personne également impliquée dans un feu de poubelles sur la voie publique.
Ces personnes sont en garde-à-vue.

20h25 : «Le préfet condamne fermement l'action des quelques 150 individus radicalisés qui s'étaient déplacés uniquement pour en découdre avec les forces de l'ordre. 8 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.», peut-on lire sur le compte Twitter de la préfecture.