Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Vie locale > Vie locale
26/11/2022 19:26

DIJON: Marche féministe ponctuée de cris et de rage contre les violences sexistes et sexuelles

Ce vendredi 25 novembre, 200 féministes, antifascistes et anarchistes ont arpenté les rues du centre-ville de Dijon à l’appel du collectif du 25-Novembre. Une marche où le mot d’ordre était «pas d’homme cis-genre hétéro».
Dans le cadre de la Journée internationale de la lutte contre la violence à l'égard des femmes, le collectif 25-Novembre avait appelé à une manifestation à Dijon, en soirée de ce vendredi 25 novembre 2022.

Dans la journée, le collectif 25-Novembre, «mouvement féministe lié aux anarcho-autonomes dijonnais» selon la préfecture de la Côte-d'Or, avait été empêché de protester contre la venue d'Emmanuel Macron à Dijon (lire notre article) par une interdiction de manifester englobant la cité judiciaire.


«Ils préfèrent parler de responsabilités individuelles isolées chez certains hommes, plutôt que reconnaître que le problème vit dans chaque homme cisgenre hétéro», déclarait le collectif à propos du président de la République ainsi que des ministres de l'Intérieur et de la Justice.

La manifestation non déclarée à la préfecture s'est déroulée sous le bruit des slogans, des chants et de la détermination des personnes présentes brandissant de très nombreuses pancartes. Des prises de parole ont eu lieu à différentes étapes du parcours, rythmée par des actions de collage et de tags.

Manifestation interdite aux hommes hétéros


Dès le démarrage de la manifestation, devant environ 200 personnes, les organisatrices du collectif 25-Novembre donnent le ton : «pas d’homme cis-genre hétéro dans la manifestation». Autrement dit, pas d’hommes qui, d'une part, reconnaissent une adéquation entre leur identité sexuelle biologique et leur identité de genre sociale, et qui, d'autre part, sont attirés de façon romantique ou sexuelle par des femmes.

Les slogans et propos fusent rapidement à l'encontre du ministre de l'Intérieur : «Darmanin violeur». En juillet dernier, après plusieurs plaintes classées sans suite remontant à 2017, un non-lieu a été prononcé à la suite d'une plainte pour viol, harcèlement sexuel et abus de confiance visant Gérald Darmanin pour une affaire où une adhérente de l'UMP dénonce un rapport sexuel non-consenti en 2009.

Un mouvement «révolutionario-sexualo-féministe»


Les manifestantes entonnent à pleine voix une chanson écrite sur l’air du chant révolutionnaire des Penn Sardines faisant référence à la grève des sardinières de Douarnenez en 1924, symbole de la lutte des femmes ouvrières pour demander une augmentation de salaire au patronat.

Chanson aux paroles modifiées «écoutez l’bruit des pavés, voilà qu’arrivent des féministes, écoutez l’bruit des pavés, contr’ les violents et les sexistes». Les manifestantes étaient accompagnées par la fanfare des Lentillières.

Plusieurs slogans et tags marquent la dimension révolutionnaire mais aussi antifasciste du mouvement en le mêlant aux revendications féministes, proclament ainsi «un mouvement révolutionario-sexualo-féministe» : «À bas, à bas la transphobie d’état, le capitalisme et le patriarcat»,«il y en a assez de cette société, qui ne respecte pas les trans, les gouines et les pédés» «police sexiste, État complice» «gouvernement de la honte, ministère du viol».

Et des slogans de sensibiliser à la question des meurtres par conjoint : «dans 11 féminicides, c’est Noël». Selon le ministère de l'Intérieur, 122 féminicides ont été recensés en 2021, soit presque un tous les trois jours.

Des catégories de victimes


Utilisée dans la bouche des intervenants, la notion d'«lntersexualité» est définie par l’ONU comme la «manière de décrire les caractères sexuels biologiques d’un individu lorsque ses caractères ne correspondent pas aux définitions traditionnelles du sexe masculin ou féminin».

Place du Théâtre, une personne transgenre prend la parole : «les personnes blanches valides ne vous respectent toujours pas, les violences de genre c’est toujours les mêmes personnes. Le féminicide a ses victimes. Il faut des actions concrètes. (…). Le racisme tue, la transphobie tue».

Au micro, une autre manifestante souhaite parler «des personnes racisées et violentées» en évoquant «les violences gynécologiques faites aux femmes noires» dont le corps dans des temps précédents est présenté comme ayant «souvent servi d’expérience scientifique en laboratoire». Selon le dictionnaire, une personne racisée est «une personne touchée par le racisme, la discrimination».

Place des Cordeliers, est abordée le thème des discriminations des femmes en situation de handicap : «nous ne pouvons pas vivre cette double condamnation d'être autistes et femmes».

Une mixité choisie «sans binarité»


Tout au long de la manifestation, les organisatrices ont renouvelé le mot d’ordre : «nous rappelons que cette manifestation se déroule sans hommes cis-genre hétérosexuels, merci !». L'objectif étant de rappeler le principe d'une «mixité choisie» et «sans binarité».

Un message qui n'a pas toujours été compris. Le cortège a tantôt eu le soutien d’hommes saluant leur passage – comme un riverain applaudissant ardemment depuis sa fenêtre –, tandis que d’autres apparaissaient dubitatifs.

De la difficulté de comprendre les messages


Alors que des activistes traçaient des tags sur les murs, un homme s'est arrêté pour regarder l'inscription «les mecs cis het et les grands frères foutez-nous la paix, et Darmanin range ta queue», semblant manifestement ne pas en saisir le sens.

Une rue à proximité de la place Émile-Zola a été particulièrement couverte de tags. Notamment, un parcmètre et la vitrine d’une pharmacie ont été vandalisés. Les manifestants passés, une riveraine a alors exprimé haut et fort son incompréhension devant un mouvement qui laisse de telles traces.

Texte et photographies
Sabrina Dolidze














































Infos-dijon.com - Mentions légales