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30/03/2021 11:46

DIJON MÉTROPOLE : Creativ' étudie les impacts de la crise sanitaire sur le marché de l'emploi

Selon Ransdstad SmartData, en 2020, les intentions d'embauche ont bien moins baissé parmi les entreprises de la métropole de Dijon qu'au niveau national. Fort de ce premier constat, Creativ' lance une expérience visant à faciliter le recrutement en «basculant de l'entrée métier vers l'entrée compétence», comme l'a expliqué Océane Charret-Godard le 23 mars dernier.
Creativ’ a fait appel au groupe Randstad pour mener une étude sur le marché de l’emploi local. L’objectif était de mieux comprendre les besoins réels de compétences exprimés par les entreprises du territoire de Dijon Métropole et de mesurer l’impact de la crise de la Covid-19 sur les besoins de recrutement.

Ex-Maison de l'emploi et de la formation du bassin dijonnais, Creativ' est devenu en 2017 le cluster emploi-compétence du territoire. La structurée est présidée par Océane Charret-Godard (PS), conseillère municipale déléguée à l'emploi, et dirigée par Fabrice Rey.

Tous les deux représentaient Creativ' à l'annonce des premières conclusions de l'étude menée par Randstad le mardi 23 mars 2021. L'intervention a eu lieu dans les locaux dijonnais du groupe pharmaceutique Delpharm en présence de Nathalie Socquet-Clerc, directrice des ressources humaines du groupe, Patrick Vanoli, responsable smart data de Randstad, et de Véronique Guillon, déléguée générale de l'UIMM Côte-d'Or.


«Les métiers recherchés par les entreprises restent les mêmes»


Selon les données analysées par SmartData, la solution de Big Data du groupe Randstad, le marché de l’emploi a bien résisté dans la métropole de Dijon : les intentions d’embauche n’ont baissé que de 7,8% sur le territoire (contre 16,5% au niveau national).

«Dijon métropole est un territoire résilient et rassurant à plusieurs niveaux. Déjà de par sa stratégie de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en termes de développement économique. On s'en était déjà aperçu en 2008, on voulait voir ce que ça donnait dans une crise qui n'a rien à voir avec 2008», explique alors Océane Charret-Godard.

«La diversité des activités du territoire démontre un modèle de développement équilibré qui favorise un meilleur rebond de l'emploi. Les métiers recherchés par les entreprises restent les mêmes : technicien de maintenance, commercial, vendeur hors alimentaire...» ajoute-t-elle.

La diversité sectorielle comme élément de résilience


Mieux comprendre le marché de l’emploi, c’est d’abord en prendre la mesure selon Randstad dont la division SmartData capte et analyse les offres d’emploi publiées dans toute la France et permet de zoomer sur les intentions d’embauche dans chaque bassin d’emploi.

Sur le périmètre de Dijon Métropole, ce sont ainsi 38.611 offres d’emploi qui ont été publiées sur l’ensemble de l’année 2020. Au global, la crise de la Covid-19 n’a eu qu’un impact modéré sur les intentions d’embauche des entreprises locales. Pendant le premier confinement, entre mars et mai 2020, les offres d’emploi ont reculé de près de 30%. Mais très vite, les entreprises se sont remises à recruter. En fin d’année, les intentions d’embauche ont retrouvé leur niveau d’avant-crise.

Le poids économique de la Métropole de Dijon pèse sur le marché de l’emploi en Côte-d’Or. Ainsi, deux offres d’emploi sur trois (63%) publiées dans le département émanent des entreprises de son territoire.

La bonne résistance du marché de l’emploi s’explique aussi par la diversité du tissu économique local. La Métropole de Dijon n’est pas dépendante d’un secteur économique dominant qui aurait particulièrement souffert de la crise. Au contraire, plus de 80% des offres d’emploi sont issues de sept secteurs distincts : Le Tertiaire, l’Industrie, la Construction, la Santé et le Social, la Logistique, le Commerce et l’Informatique.

Cette diversité sectorielle est l’une des clés de la résilience du marché de l’emploi. Ainsi, la structure des besoins de recrutement locaux n’a été que peu modifiée par la crise. Sept des dix métiers les plus recherchés sont les mêmes qu’en 2019. Les infirmiers et les aides-soignants ont intégré le classement, poussés par la crise sanitaire et la reprise du BTP a vu la demande s’accroître pour les menuisiers de chantier.

Dans la métropole de Dijon, les entreprises perçoivent les intermédiaires de l’emploi (cabinets de recrutement et agences de travail temporaire) comme des partenaires de confiance. Plus de deux recrutements sur cinq (42%) leur ont été confiés en 2021. Elles concentrent même plus du quart (28%) des offres d’emploi en CDI. Les candidats de la région dijonnaise ont donc tout intérêt à s’en rapprocher pour trouver un emploi.

De manière générale, Ransdstad SmartData analyse plus de 1.000 qualifications et 6.000 savoir-faire sur la base des offres d’emploi publiées sur plus de 11.000 sites internet de recrutement. Ces annonces sont systématiquement dédoublonnées. Randstad SmartData analyse plus de 2,5 millions d’offres d’emploi chaque mois, collectées avec l’aide de la solution Jobfeed de Textkernel et de l’open data de Pôle Emploi et de l’Insee.

Randstad SmartData bouscule certaines certitudes sur le marché de l’emploi


L’étude visait également à analyser les besoins de main d’œuvre des entreprises et la capacité du territoire à y répondre. Le rapprochement effectué entre le nombre d’annonces et les candidats disponibles ne met pas en évidence de réelles pénuries de profils.

En rapprochant les offres des candidats disponibles, Randstad SmartData bouscule certaines certitudes sur le marché de l’emploi. Les équipes data-sciences de Randstad se sont focalisées sur les trois métiers les plus recherchés dans le bassin pour analyser les raisons des difficultés de recrutement des entreprises locales. Le marché de l’emploi pour les techniciens de maintenance, les commerciaux et les vendeurs a ainsi été passé au crible.

Le premier enseignement est donc qu'il n’existe pas de pénuries de candidats sur ces trois métiers. Randstad SmartData dénombre ainsi 2,7 candidats par annonce pour les techniciens de maintenance, 4 pour les commerciaux et 12 pour les vendeurs. L’absence de ressources n’est donc pas le facteur d’explication des difficultés locales de recrutement.

Ce constat permet de mettre en évidence deux enseignements. D’abord, la réalité du marché de l’emploi est différente d’un métier à l’autre. La politique de l’emploi doit donc être adaptée à chacun d’entre eux. Par ailleurs, il existe une confusion entre pénurie de candidats et difficultés de recrutement.

«Basculer de l'entrée métier vers l'entrée compétence»


Ces enseignements de l’étude nécessitent un changement d’approche. Si les entreprises ont du mal à recruter, c’est qu’il existe un écart entre les savoir-faire et les savoir être recherchés par les entreprises et ceux dont disposent les candidats. Pour adapter au mieux la formation, il importe de passer d’une logique de recrutement par métiers à une approche par compétences.

«L’enjeu est désormais d’aller plus loin pour favoriser un marché du travail plus inclusif où chacun trouve sa place et dans lequel chaque demandeur d’emploi représente une ressource et une opportunité pour les acteurs économiques locaux», indique Océane Charret-Godard. «Les candidats existent, mais leurs compétences, tant techniques que comportementales nécessitent d’être mieux adaptées aux besoins réels des recruteurs», analyse Patrick Vanoli.

«On est en train de basculer de l'entrée métier vers l'entrée compétence. Cette notion de compétence permet de sécuriser les parcours, de permettre les mobilités entre différentes entreprises, différents métiers, c'est une forme de souplesse pour les candidats mais aussi les entreprises», précise Océane Charret-Godard.

«Les techniciens de maintenance, on en a besoin partout»


«Nous sommes, à l’UIMM Côte-d’Or favorables depuis plusieurs années à une approche par compétences plus globale et structurée, ce qui anime l’ensemble des actions de notre réseau. En décembre 2018, nous avons créé le GEIQ Industrie 21 [NDLR : groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification] afin de répondre aux besoins de recrutement des entreprises dans une logique GPEC tout en formant des candidats aux besoins spécifiques des entreprises, après une sélection selon leur potentiel. Ce GEIQ, créé pour être facilitateur en termes de recrutement, en s’adaptant aux besoins des entreprises, trouve toute sa place face aux difficultés de recrutement identifiées depuis plusieurs mois en maintenance. Nous déployons à la suite des parcours GEIQ la mise à disposition des salariés formés et expérimentés à temps partagé au niveau du territoire par le biais de notre Groupement d’Employeur», expose Véronique Guillon.

Selon la déléguée générale de l'UIMM, il s'agira «d'aller voir le descriptif d'emploi du technicien de maintenance dans les entreprises pour ensuite aller chercher les demandeurs d'emploi pour tenir ce poste dans les fichiers de Pôle Emploi mais aussi dans les passerelles». Et d'assurer : «les techniciens de maintenance, on en a besoin partout. On a 100% de CDI derrière», assure Véronique Guillon.

Fluidifier le marché de l’emploi de la métropole


Fort des enseignements de l'étude sur l'année 2020, Creativ’ et l’UIMM 21 souhaitent poursuivre leurs actions pour  permettre aux candidats d’acquérir les compétences recherchées par les entreprises et aux entreprises de s’inscrire dans une démarche de gestion des compétences plus structurée. Cette approche plus fine doit permettre de fluidifier le marché de l’emploi sur le territoire de la métropole de Dijon et de lutter plus efficacement contre le chômage.

Créativ’ va donc engager une expérimentation partenariale en vue travailler spécifiquement sur les besoins en techniciens de maintenance dans le secteur des industries de santé. Parmi les partenaires, on retrouve l’UIMM21, le Pôle BFCare, l’Université de Bourgogne, France Chimie 21 et Dijon Métropole.

Cette première approche portera sur le métier de technicien de maintenance. Randstad mènera une analyse précise des besoins réels de compétences de quatre entreprises adhérentes du Pôle BFCare sur ce métier. Le but est d’identifier les écarts entre les compétences recherchées et les savoir-faire et les savoir être des candidats et de proposer des pistes d’amélioration pour fluidifier le marché de l’emploi. Elles pourront prendre la forme de formations complémentaires ou de programme de tutorat au sein de chacune des entreprises par exemple.

«L'industrie recrute énormément avec de magnifiques métiers»


Si le choix s'est fixé sur ce métier, c'est parce que les profils de techniciens de maintenance sont très demandés dans l’industrie pharmaceutique. «L'industrie recrute énormément avec de magnifiques métiers, en particulier dans l'industrie pharmaceutique», s'enthousiasme Nathalie Socquet-Clerc qui ajoute : «on a des profils pénuriques et il faut que l'on arrive à construire les métiers de demain, il faut que l'on prépare les nouveaux qui vont arriver».

Parfois, le diplôme est nécessaire, comme pour les pharmaciens. Pour certains fonctions, l'industriel n'est pas en quête de compétence spécifique mais d'un savoir-être comme la loyauté, la transparence ou encore le professionnalisme.

Delpharm compte parmi les leaders européens de la fabrication médicaments pour le compte de laboratoires pharmacetiques français et internationaux. Delpharm compte 17 usines de production dont 12 en France, emploie 4.700 personnes et réalise un chiffre d'affaires annuel de plus de 800 millions d'euros. Le siège est à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

Dans la métropole dijonnaise, l'entreprise est installée dans un ancien site de Sanofi, créé en 1968, où sont aujourd'hui employées 400 personnes. À Quetigny, Delpharm a recruté 50 salariés en 2020 et s'apprête à faire de même en 2021.

Jean-Christophe Tardivon

Vidéo de promotion des métiers des industries de santé












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