
La collectivité investit 193 millions d'euros pour notamment augmenter de 57% l'énergie fournie au réseau de chaleur urbain d'ici 2031. Ce vendredi 4 septembre, le président de la Métropole de Dijon a organisé une cérémonie de lancement de travaux.

L'incinérateur dijonnais ne fait pas que détruire des déchets ; il produit de l'électricité et de la chaleur. Cet aspect va même augmenter : la Métropole de Dijon prévoit des «travaux de modernisation» de l'unité de valorisation énergétique des déchets non-recyclables (UVE).
Le 19 décembre 2024, les élus métropolitains ont voté un financement qui a été porté par la suite à 193 millions d'euros sur sept ans avec l'objectif, d'ici 2031, de mettre l'équipement en règle face à de futures normes européennes, et d'augmenter la production d'énergie sans accroître la quantité de déchets traités (
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Ce vendredi 4 septembre 2026, à Dijon, dans le cadre des 50 ans de l'intercommunalité dijonnaise (
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Un équipement pour «renforcer l'autonomie énergétique et la résilience du territoire»
Créée en 1974, l'usine d'incinération a subi plusieurs travaux d'amélioration en lien avec l'évolution de la réglementation environnementale puis en phase avec le projet politique porté par François Rebsamen après son élection à la tête de l'intercommunalité en 2001.
Selon la collectivité, l'UVE contribue à «améliorer notre quotidien tout en renforçant l'autonomie énergétique et la résilience du territoire». L'énergie issue de la combustion des déchets est produite par un turbo-alternateur conçu au Creusot, composé d'un rotor de 4 tonnes tournant à 1.600 tours/mn.
Aujourd'hui, l'UVE alimente le réseau de chaleur urbain, long de 135 km, qui bénéficie à 55.000 équivalent-logements ainsi qu'à des bâtiments publics.
«La solidarité, c'est aussi de fournir le réseau de chaleur aux bâtiments du Département», a glissé François Rebsamen (PS, FP), président de la Métropole de Dijon, lors de son discours.
«Dijon peut proposer des projets qui profitent à l'ensemble du territoire»
Pour sa part, Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, a défendu «l'alliance des territoires» entre la Métropole de Dijon et des institutions de la région. «Dijon est la capitale régionale, elle rayonne et elle peut aussi, grâce à la Métropole, proposer des projets qui profitent à l'ensemble du territoire.»
Plus largement, François Rebsamen a défendu «l'idée que l'on doit avancer ensemble» car «ce pays est un grand pays qui, quand il sait se rassembler, saura passer les moments difficiles et, progressivement, bien sûr résorber cette dette qui plombe les collectivités locales en même temps». «La Métropole restera définitivement au service de notre département et de notre belle région.»
Le président de la Métropole de Dijon a salué l'apport de Philippe Roumilhac, directeur du Pôle déchets et énergie de la collectivité, et de Jean-Patrick Masson (écologiste indépendant), ancien vice-président, dans la transformation de l'ancienne usine d'incinération en unité de valorisation énergétique des déchets, au début des années 2000, un projet emblématique de l'action publique de la collectivité.
«Un nouveau tournant est pris»
François Rebsamen a appelé à «prendre conscience de l'importance des travaux qui vont être effectués» car «un nouveau tournant est pris».
En 2031, la production de chaleur devrait passer de 140 GWh à 220 GWh annuels, soit une augmentation de 57%. Le nombre de bâtiments raccordés au réseau de chaleur passerait de 750 à 900.
EDF finance 8 millions d'euros de certificats d'économie d'énergie
Carmen Munoz-Dormoy, directrice de l'action régionale d'EDF en Bourgogne-Franche-Comté, a rappelé qu'EDF «accompagne Dijon Métropole sur toutes les actions en faveur de la diminution des émissions des gaz à effet de serre». «Ça passe par la baisse de la consommation des énergies fossiles, par l'optimisation des unités de combustion.»
Réglementairement, les énergéticiens se doivent d'accompagner les économies d'énergie et de les valoriser sous la forme de certificats d'économie d'énergie (C2E).
EDF a identifié que les travaux entraîneront un évitement d'émission de 50.000 tonnes de CO2 chaque année, ce qui représente 1,1 TWh cumac – une estimation de la production d''énergie économisée sur la durée de l'équipement – soit potentiellement un financement 7,92 millions d'euros destiné à la collectivité. La «réalité» de la réduction des émissions de GES sera «vérifiée» par EDF après les travaux.
Les travaux ont débuté en commençant par la sécurité incendie
Les principaux postes concernent l'installation de deux nouveaux fours-chaudières, l'amélioration des échangeurs de chaleur fatale, le remplacement du groupe turbo-alternateur, un traitement des fumées désormais à sec – d'où une économie annuelle de 110.000 m3 d'eau – et l'ajout d'un ballon-tampon.
Les principaux marchés publics vont être attribués à des entreprises d'ici octobre prochain pour une première phase financée à hauteur de 100 millions d'euros.
Les travaux ont d'ores et déjà débutés pour créer un stockage de 1.600 m3 d'eau, en lien avec les besoins de la sécurité incendie.
«Les métropolitains sont des habitants de la Côte-d'Or»
«L'UVE est l'exemple même de la solidarité qui existe entre tous les territoires», a insisté François Rebsamen en constatant le nombre de participants à l'événement, «je prône depuis toujours l'alliance des territoires». «Ce qu'on ne peut pas faire au niveau communal, on le fait au niveau intercommunal.»
«Il y a tellement de critiques, tous les jours, sur la Métropole au point que, quand on sort de la Métropole, on a l'impression d'entrer en Côte-d'Or. Je rappelle que les métropolitains sont des habitants de la Côte-d'Or et qu'ils participent à la solidarité en s'occupant des ordures ménagères de toutes les communes de Côte-d'Or», a développé le responsable de l'exécutif métropolitain.
«On prend les déchets, on les brûle et on les valorise et pas uniquement pour la Métropole. La qualité de l'air est due au fait qu'on valorise les déchets en faisant attention aux rejets dans l'atmosphère donc c'est pour tout le monde. C'est un bel exemple de ce que devrait être une intercommunalité partagée avec l'ensemble du département et avec la région», a-t-il ajouté.
La Métropole de Dijon «modernise» les chaufferies-bois et réfléchit à leur approvisionnement
«Les chaufferies-bois continuent», a précisé François Rebsamen alors que l'objectif de l'exécutif est que l'UVE alimente en totalité le réseau de chaleur urbain entre les mois de mai et septembre. «On est en train de rénover la chaufferie-bois des Grésilles, une toute petite chaufferie qui a été mise en place pour assurer ce réseau de chaleur.»
«Le bois va être un problème à l'avenir», a anticipé l'élu progressiste, «on va voir comment cela évolue». «Pour le moment, on peut utiliser ici celui qui ne sert à rien : ce n'est pas que des pellets, c'est aussi des déchets-bois de la métropole qui sont malheureusement de plus en plus nombreux donc on modernise les chaufferies-bois.»
Le président de la Métropole de Dijon n'exclut pas de recourir à des contrats de réciprocité forestiers pour peu que «les propriétaires forestiers puissent nous garantir [l'approvisionnement]». «Je suis prêt à signer des conventions avec eux pour alimenter, à des prix raisonnables, notre réseau de chaleur.»
Le SMET 71 se félicite du recours à l'UVE dijonnaise
Le 18 mars 2023, à Chagny, un important incendie a détruit une partie de l'usine du Syndicat mixte d'étude et de traitement des déchets ménagers de la Saône-et-Loire (SMET 71) qui a alors confié jusqu'à 25% de ses déchets à la Métropole de Dijon.
«Ça nous a permis de passer cette période compliquée», a indiqué Landry Léonard (sans étiquette), maire de Mercurey et vice-président du SMET 71, à l'issue d'une visite de l'UVE dijonnaise. «On a de nouveaux adhérents : Le Creusot-Montceau a rejoint le SMET 71 donc on a encore un petit delta à absorber qui est encore externalisé ici. On envoie 5.000 tonnes ici quand on en traite 80.000. C'est un dépannage de proximité qui est extrêmement profitable, environnementalement parlant, parce que ça nous évite d'aller très loin.»
«Par rapport à la qualité de l'équipement, le tarif se place totalement dans la norme standard française», a précisé le vice-président du SMET 71, «on peut avoir des installations qui vont traiter moins cher mais avec des normes environnementales qui ne sont pas de la même période». «Quand on va avoir fait les mêmes installations, on va atteindre les mêmes tarifs parce que la norme est là.»
«On a une installation qui fait de la triméthanisation-compostage», a-t-il souligné, «à date, on a encore 50% du flux entrant qui va à l'enfouissement». «On a enlevé toute la partie organique. On a valorisé en faisant du biogaz. Sur la partie qui va à l'enfouissement, on a une réflexion. C'est pour ça qu'on vient s'inspirer ici.»
«Je trouve important d'avoir cette complémentarité à l'échelle départementale et régionale», a résumé Landry Léonard, «on sera là pour accompagner Dijon, le jour où ils auront besoin de traiter des tonnes de déchets».
Jean-Christophe Tardivon
Les données-clés de l'unité de valorisation énergétique des déchets non-recyclables de la Métropole de Dijon
Traitement des déchets de plus 600.000 habitants dont 93% des déchets de la population de la Côte-d'Or
Valorisation de 140.000 tonnes de déchets
Production annuelle d'électricité de 37 GWh soit l'équivalent de la consommation de 15.000 foyers
Production annuelle de chaleur de 150 GWh pour alimenter le réseau de chaleur urbain qui dessert 13.000 logements
41 agents mettent en œuvre l'équipement géré en régie publique

































