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18/12/2020 05:53

DIJON MÉTROPOLE : François Rebsamen annonce une légumerie à deux millions d'euros

La majorité qui promeut les légumes, les écologistes qui s'en prennent au football «ultra-libéral», l'opposition qui réclame une police des transports, sans oublier la rumeur de «péage urbain» sur la rocade de Dijon... des sujets variés ont été abordés ce jeudi 17 décembre. De plus, le débat d'orientations budgétaires a mis en exergue un trou de 15 millions d'euros au bas mot dans les finances de la Métropole du fait de la crise.

Les conséquences de la crise sanitaire, encore et toujours, sont au menu du conseil métropolitain de ce jeudi 17 décembre 2020. Le débat d'orientations budgétaires conduit par José Almeida amènera à préciser les estimations du coût de l'épidémie de Covid-19 pour la collectivité, entre 15 et 19 millions d'euros rien que pour l'année 2020.

François Rebsamen a néanmoins une bonne nouvelle à transmettre aux conseillers : le comité des finances locales du 16 décembre dernier a reçu le décret concernant le dispositif d'avance remboursables prévu pour les autorités organisatrices de mobilités dans la quatrième loi de finances rectificative pour 2020. Le gouvernement entend ainsi compenser les pertes liées au versement mobilité alimentant les budgets de collectivités comme Dijon Métropole.

Douze millions d'euros d'avances remboursables pour la Métropole


Ces avances remboursables à 0% constituent un mécanisme généralement destiné à soutenir la trésorerie des entreprises. La quatrième loi de finances rectificative prévoit deux milliards d'euros dont 750 millions pour les grandes villes hors Paris. À ce titre, Dijon Métropole recevra 12 millions d'euros. La collectivité aura ensuite entre six et dix années pour rembourser à partir du moment où le niveau du versement mobilité retrouvera la moyenne des années précédant la crise.
Autre avantage comptable pour les collectivités, les avances sont versées en section de fonctionnement tandis que le remboursement se fait en section d'investissement. Le décret prévoit que, pour en bénéficier, les collectivités doivent signer une convention avant le 15 janvier 2021 avec le préfet et le directeur départemental des finances publiques.

Vers une diminution de la dotation de solidarité communautaire


À l'inverse, le président demande à entamer une réflexion sur la dotation de solidarité communautaire, c'est à dire les fonds redistribués aux communes pour les aider. Un mécanisme facultatif. Ils s'élèvent à 13,4 millions d'euros dont 7,4 millions d'euros pour Dijon et 6 millions d'euros pour les autres communes. Soit un ratio de 52 euros par habitants toutes communes confondues alors que la moyenne française s'établit à 28 €/hab. et la médiane à 16 €/hab.

François Rebsamen met en avant des remarques de la Cour des comptes qui voit là «trop de redistribution», or «pour être très généreux, il faut avoir beaucoup de moyens». D'ici la fin 2021, le mécanisme devra être revu afin de permettre à la Métropole de conserver des recettes supplémentaires.

Quand le Premier ministre pousse au gaspillage alimentaire


En amont de la session, François Resbamen a poussé un «coup de gueule» concernant la tolérance accordée par le Premier ministre pour les absences des élèves les 17 et 18 décembre. Situation qu'avait déjà déploré l'adjoint au maire de Dijon délégué à l'éducation (lire le communiqué).

Cette fois, le président s'insurge devant «la coupure complète entre les bureaucrates parisiens et les communes françaises». Faute d'être prévenue plusieurs jours, la restauration municipale risque de de devoir jeter de nombreux repas qui ne seront pas consommés par les absents «au moment où on lutte contre le gaspillage».

Chacun sa légumerie


Le sujet de la restauration scolaire se décline aussi avec le projet de légumerie puisque son activité s'appuie sur la cuisine centrale préparant 8.000 repas par jour. Les débats tourneront autour du potentiel d'une telle structure, en réflexion depuis quinze ans sur le territoire puisque les Foyers ruraux de Côte-d'Or avait porté, au milieu des années 2000, un projet qui n'avait pas abouti.

Aujourd'hui, ce sont deux légumeries qui sont en préparation. Celle de la Métropole donc, dont l'opérateur sera Id'ées 21. Celle du Département, dont l'opérateur pourrait être la Croix-Rouge française, située sur un terrain de Dijon Céréales à Villers-les-Pots. Le groupe Agir ensemble pour Dijon Métropole demande, par la voix de Laurent Bourguignat, à ce que les porteurs des deux projets «discutent». Une approche qui fait au président lui demander : «quelle collectivité vous défendez ?»

La légumerie centralisée de Dijon Métropole sera construite par la SPLAAD sur le parc de Beauregard à Longvic. L'acquisition du terrain et la réalisation d'un bâtiment de 1.250m² représentent une enveloppe de plus de 2 millions d'euros. La livraison est prévue fin 2022.

Jusqu'à 2.000 tonnes de légumes par an


L'argumentation viendra de Philippe Lemanceau qui estime le potentiel de repas hors domicile à 15 millions par an au niveau de la métropole, soit 58.000 repas par jour, ce qui représente la consommation annuelle de 2.000 tonnes de légumes.

Entre la légumerie de la Métropole dimensionnée pour 200 tonnes afin d'alimenter les écoliers et la légumerie du Département dimensionnée pour 150 tonnes afin de nourrir les collégiens, Philippe Lemanceau considère qu'il n'y a pas de concurrence. C'est pourquoi la légumerie métropolitaine prévoit d'atteindre rapidement le traitement de 400 tonnes tout en envisageant déjà des extensions pour monter aux 2.000 tonnes évoquées.

Des projections qui ne convainquent guère Bruno David. Le membre d'Agir ensemble pour Dijon Métropole met en avant l'exemple de l'Isère où, autour de Grenoble, une légumerie peine à mobiliser 30.000 repas par jour. Bruno David voit donc là «trop d'incertitudes dans le projet actuel».

«Un signal puissant envoyé aux producteurs»


Pour les écologistes, Patrice Chateau préfère voir dans cette structure «un signal puissant envoyé aux producteurs pour qu'ils s'installent en filière d'approvisionnement, pour qu'ils nourrissent les habitants». François Rebsamen semble abonder en évoquant 5.000 hectares destinés à la production agricole sur la métropole dont 200 appartenant aux communes.

En évoquant un «projet emblématique pour les écologistes», Patrice Chateau estime que «cela a été bien long» pour aboutir à cette construction mais «mieux vaut tard que jamais» : «cette légumerie apparaît comme le premier élément concret du système alimentaire durable 2030» (ex-TIGA).

Alors que Philippe Lemanceau ne jure que par l'agroécologie, son domaine de prédilection au sein d'INRAE, Patrice Chateau dégaine une étude de France Stratégie pour défendre la production biologique : «les pouvoirs publics devraient soutenir en priorité les labels présentant à la fois de hauts scores d’exigence environnementale et des bénéfices économiques, comme l’AB, et mieux informer les exploitants agricoles comme les consommateurs de ces bénéfices conjoints» (retrouver la note d'analyse).
 

Les écologistes fustigent le modèle «ultra-libéral» du football professionnel


Pour soutenir les clubs sportifs, François Rebsamen explique que la collectivité exonérera pour 2020 la redevance d'occupation du domaine public. La proposition présentée par Claire Tomaselli passe mal auprès des écologistes. Olivier Muller prend la parole pour dénoncer un modèle «ultra-libéral» à l’œuvre dans le football en référence notamment au fiasco de Mediapro dans sa tentative de mettre la main sur les droits de rediffusion des matchs de Ligue 1.

Selon l'écologiste, les droits TV représentent 62% du budget du DFCO. En réponse, François Rebsamen explique que «le DFCO n'est pas en difficulté financière, il est en difficulté sportive» et le président de signaler que ce sont tous les clubs qui bénéficieront de l'exonération : DFCO mais aussi JDA Basket et JDA Handball ainsi que le Stade Dijonnais. L'information ne figurant pas au rapport initial, les écologistes ne tardent pas à mettre au compte de leur intervention cette extension à l'ensemble des clubs.

Un audit financier pour Dijon Congrexpo


Une autre exonération concerne la redevance de 218.000 euros du Zénith de Dijon présentée par Christine Martin. Rebondissant sur la thématique, Laurent Bourguignat émet un vœu avant l'heure : que Dijon Congrexpo soit exonérée aussi de sa redevance de 300.000 euros. François Rebsamen annonce alors que la Ville de Dijon a demandé un audit financier à Dijon Congrexpo : «on verra au résultat de l'audit financier».
 

Dijon Métropole adopte sa charte de la laïcité


Dans une question orale énoncée par Laurence Gerbet, Agir ensemble pour Dijon Métropole demande quand sera mise en place une police métropolitaine des transports. Le président répond qu'il a jusqu'en 2026 pour honorer cet engagement électoral. Par ailleurs, il met en avant en avant le fait que les maires ne veulent pas se dessaisir de leur pouvoir de police.

Agir ensemble pour Dijon Métropole dépose un vœu, présenté par Claire Vuillemin qui craint «une troisième vague psychiatrique» et demande une attention accrue à la psychiatrie, notamment au centre hospitalier de la Chartreuse. Le président propose à Claire Vuillemin de réécrire le vœu avec Françoise Tenenbaum une fois que les conseillers métropolitains auront interpellé le Département puisque c'est une conseillère départementale qui préside le conseil d'administration de la Chartreuse.

En toute fin de session, pour la majorité, Christophe Berthier fait le vœu que soit adoptée la charte de la laïcité votée à l'unanimité le 14 décembre dernier par la Ville de Dijon (lire notre article). Emmanuel Bichot s'abstient en se demandant si la collectivité aura les moyens de faire appliquer cette charte.

François Rebsamen dément les rumeurs de «péage urbain» sur la rocade


En marge de la session, François Rebsamen a aussi répondu aux derniers développements du feuilleton concernant la LiNo et son rond-point d'Ahuy. Au conseil municipal de Dijon, le groupe d'opposition Agir ensemble pour Dijon avait manifesté des craintes de voir instaurer un «péage urbain» alors que le groupe autoroutier manifestait son intérêt pour la rocade de Dijon (lire notre article). Le sujet avait aussi été abordé en session du conseil départemental de la Côte-d'Or (lire notre article).

«APRR n'a pas demandé à récupérer l'autoroute et la LiNo» précise François Rebsamen, «APRR a demandé à devenir gestionnaire de la voie Georges-Pompidou, donc de la prolongation de l'autoroute jusqu'au rond-point de la Toison d'or et d'aménager cette voie Georges-Pompidou en voie verte et d'en faire une voie de covoiturage pour emmener à la Toison d'Or». Une démarche que François Rebsamen soutient auprès du ministre des Transports.

Toujours concernant les transports, le 15 décembre dernier, François Rebsamen a rencontré François Bayrou, haut-commissaire au Plan, «pour solliciter son appui sur l'hydrogène». Le socialiste estime que «l’État saupoudre beaucoup mais concentre peu» et il a demandé à l'élu du Modem de soutenir les grands projets.

La Ville de Pau devrait recevoir 14 millions d'euros pour financer l'achat de huit bus à hydrogène dont 9 millions de subventions de l'Union européenne. Alors que le processus d'acquisition a été reporté d'un an, en 2021, Dijon Métropole demande 2 millions d'euros à l'Europe pour aussi investir à son tour dans des bus à hydrogène.

Jean-Christophe Tardivon

Les principales informations du conseil métropolitain du 17 décembre