
Le président de la collectivité a appelé à «être très prudent» en matière budgétaire, le 25 juin dernier, en session à Dijon. La présentation du compte administratif 2025, le lancement des premières études pour la ligne T3 et l'achat de bus fonctionnant avec du carburant HVO ont animé les débats.

L'exercice traditionnel de la présentation du compte administratif de l'année précédente a réveillé les conseillers métropolitains, le 25 juin 2026, alors que la session se déroulait, au siège de la collectivité, à Dijon, dans une torpeur due à la vague de chaleur alors en cours.
Au gré des débats, François Rebsamen (PS, FP), président de la Métropole de Dijon, a tout particulièrement souligné l'intérêt du projet de troisième ligne de tramway, défendu la stratégie budgétaire de l'exécutif et vanté un carburant de synthèse renouvelable pour faire fonctionner de nouveaux bus.
La médaille de la Métropole pour Isabelle Elzière
Avant d'ouvrir la session, François Rebsamen a remis la médaille de la Métropole à Isabelle Elzière, directrice de cabinet depuis 2015.
«Elle a été au service de tous les élus, quels qu'ils soient, toujours prête à répondre», a salué le président de la collectivité, également ancien maire de Dijon, «elle a été formidable !» Bertrand Dubois lui succède (
lire le communiqué).
Réaction aux propos injurieux de Christine Sondon
Tout comme la maire de Dijon l'avait fait, le 22 juin dernier, le président de la Métropole de Dijon demande la protection fonctionnelle suite à des propos injurieux de Christine Sondon, colistière d'Emmanuel Bichot (LR, AD) durant les municipales, diffusés sur Facebook, le 21 juin.
Si, entre temps, Christine Sondon a écrit à François Rebsamen pour présenter des excuses mais l'élu a demandé à ce que les médias qui ont repris le post en question «corrigent» les propos en question.
La protection fonctionnelle a été accordée à l'unanimité des suffrages exprimés, sept élus du groupe présidé par Emmanuel Bichot (LR, AD) n'ont pas participé au vote.
Pas de moyens pour le groupe politique Agir pour Dijon Métropole
Au moment de l'examen du rapport sur le règlement intérieur, Emmanuel Bichot a rappelé qu'il a constitué le groupe Agir pour Dijon Métropole, droite, centre et indépendants.
Emmanuel Bichot a regretté que les élus extra-dijonnais ne siègent pas à ses côtés et a demandé des moyens de fonctionnement pour ce groupe, dont un local. En réponse, François Rebsamen a suggéré au groupe métropolitain de «mutualiser» son fonctionnement avec le groupe municipal.
Le règlement intérieur a été adopté, les membres du groupe d'Emmanuel Bichot s'étant abstenus.
Lancement d'études pour affiner le projet de ligne T3
Le rapport sur l'autorisation de programme pour initier le projet de troisième ligne de tramway a été introduit par le président de la collectivité lui-même avant d'être présenté par le vice-président Thierry Falconnet (PS).
Il s'agit de lancer le dispositif de concertation ainsi que les premières études dont le rendu est attendu d'ici la fin de l'année. Pour cela, la collectivité engage 20 millions d'euros, dont 2,5 millions euros pour financer les fouilles d'archéologie préventive que le président de la Métropole trouve onéreuses (
lire notre article).
Les études affineront le projet pour préciser le coût du tracé déjà envisagé ainsi que les variantes potentielles, notamment concernant la zone Cap Nord. Elles se pencheront également sur les modalités de la desserte par bus express de Chevigny-Saint-Sauveur.
Le calendrier prévisionnel est le suivant : lancement de l'enquête publique en 2027, vote de la déclaration d'utilité publique du projet en 2028, mise en service en 2030.
Selon François Rebsamen, «la ligne T3 continuera encore à faire rayonner la métropole»
«T1 et T2 ont modifié complètement l'image de notre métropole et [la ligne] T3 continuera encore à faire rayonner la métropole», a considéré François Rebsamen. «Ça supposera que l'on ait une autre organisation complète de notre réseau de transport ; nous nous y préparons.»
«Le projet de ligne T3 s'inscrit complètement dans l'ambition de notre plan Climat-biodiversité et des transitions», a ajouté Thierry Falconnet.
Henri-Bénigne de Vregille regrette que le tracé ne soit pas plus connecté avec «le reste du département»
«Nous aimons le tram», a lancé Henri-Bénigne de Vregille (HOR) avant de présenter de «sérieuses réserves» sur le tracé présenté par l'exécutif métropolitain.
«L'approche est focalisée sur Dijon intra-muros et très peu sur les espaces de connexions de métropole avec le reste du département, comme l'entrée ouest côté vallée de l'Ouche et côté plaine vers Longvic, pour ouvrir notre territoire sur ces espaces d'influence», a développé l'opposant.
Une ligne T3 pour «désaturer» le réseau existant
«On fait une ligne T3 pour desservir des habitants, des collégiens, des lycéens essentiellement et pour désaturer ce qui existe dans des endroits particulièrement denses et difficiles», a réagi François Rebsamen en songeant particulièrement au campus universitaire et au CHU Dijon Bourgogne. «On travaille pour les habitants, (…) on travaille pour rentabiliser parce qu'on aussi un sens économique assez aigu de la rentabilité.»
Le rapport est largement adopté par 73 voix favorables. Les membres du groupe d'Emmanuel Bichot ont voté contre, de même que Thierry Coudert (UDR) et Mélanie Fortier (RN) pour un total de 10 oppositions. La Talantaise Manuella Schaeffer s'est abstenue.
Le compte administratif 2025 révèle un important excédent de résultat
La présentation de la séquence budgétaire a été dévolue à la vice-présidente Isabelle Pasteur (PS) qui a vanté «la solidité et la rigueur de la situation financière» de la Métropole de Dijon.
Le compte administratif retrace la réalité de la comptabilité de la collectivité en 2025. On relève 286,1 millions d'euros de dépenses réelles de fonctionnement (+1% par rapport au compte administratif 2024), 377,6 millions d'euros de recettes réelles de fonctionnement (+2,4%), 102 millions d'euros de dépenses d'investissement (-12,6%), 77,8 millions d'euros de recettes d'investissement (-4%), 70,2 millions d'euros d'excédent de résultat, 91,4 millions d'euros d'épargne brute, 216,1 millions d'euros encours de dette (contre 239,4 millions d'euros à fin 2024) et 2,4 années de capacité de désendettement.
Les charges de personnels sont «maîtrisées», à hauteur de 56,4 millions d'euros, progressant toutefois de 2,4% par rapport à 2024 alors que l'inflation était de 0,9% en 2025.
Après report des restes à réaliser – 9,6 millions d'euros rien que pour
le budget principal –, le résultat disponible s'élève à 106,4 millions
d'euros et est reporté au budget supplémentaire 2026.
Baisse de 17% des dépenses d'équipement en 2025
Le CA 2025 fait apparaître une baisse de 17% des dépenses d'équipement ressortant à 73,4 millions d'euros contre 88,5 millions d'euros en 2024 et 106,4 millions d'euros prévus au budget primitif.
Le taux d'exécution des dépenses d'investissement en 2025 varie largement suivant le périmètre comptable retenu. En données brutes, il s'établit à 63,4%. Si on intègre les restes à réaliser reportés, on obtient 71,8%. Si on retraite les crédits destinés à assurer l'équilibre des budgets et qui, selon la collectivité, «n'avaient pas vocation à être consommés», on atteint 76,8%.
Forte hausse des recettes de stationnement sur voirie
Parmi les recettes, les ressources liées aux différents impôts et taxes augmentent de 2,9% pour s'élever à 166,2 millions d'euros. Pour la première année, la collectivité est bénéficiaire du Fonds de péréquation des ressources intercommunales (FPIC) pour 2,6 millions d'euros.
À noter que les recettes liées à la délégation de service des transports publics urbains à Keolis Dijon multimodalité augmentent de 2,4 millions d'euros par rapport à 2024 pour atteindre 42,7 millions d'euros dont 25,1 millions d'euros dus aux recettes tarifaires du réseau Divia (+4,7%).
Les recettes de stationnement sur voirie atteignent 11,5 millions d'euros (+5,8%) dont 3,3 millions de forfaits post-stationnement.
Emmanuel Bichot pointe «le grand écart entre les prévisions et les réalisations»
Comme durant la précédente mandature, Emmanuel Bichot a souligné l'ampleur de l'excédent de résultat et a pointé «le grand écart entre les prévisions et les réalisations».
«Les recettes [de fonctionnement] sont beaucoup plus élevées que prévues – 103% – et les dépenses [de fonctionnement] inférieures – 96%. Sur l'équipement, le taux d'exécution est assez faible, de l'ordre de 63%», a développé l'opposant en évoquant des retards de rénovation de l'unité de valorisation énergétique et l'abandon du projet hydrogène.
En fonction de quoi, l'élu conservateur a dénoncé «le manque de fiabilité» des budgets primitifs. «Il faut retravailler sur la qualité et la sincérité des prévisions parce quer nous avons des écarts beaucoup trop importants.»
«On doit continuer à être très prudent», insiste François Rebsamen
«Encore faudrait-il que l’État soit fiable dans ses prévisions», a répondu Nathalie Koenders (PS), présidant la séance durant ce débat budgétaire.
«On doit continuer à être très prudent», a abondé François Rebsamen, une fois de retour, en évoquant les recettes supprimées pour certaines métropoles. «En ce moment, c'est très difficile.»
Au moment du vote, Thierry Coudert et Mélanie Fortier, pourtant opposants au sein du conseil municipal de Dijon, se sont abstenus. Les membres du groupe d'Emmanuel Bichot ont voté contre. Le compte administratif 2025 a donc été adopté avec 72 voix favorables.
En revanche, Thierry Coudert et Mélanie Fortier ont voté contre le budget supplémentaire 2026.
La Métropole de Dijon revoit la grille tarifaire du cimetière animalier
«C'est un service métropolitain qui répond à une véritable attente des habitants dans un environnement paisible et préservé», a indiqué le vice-président François Deseille (Modem) en précisant que l'incinération des animaux ne se déroule pas au niveau du site funéraire de la collectivité.
Le cimetière animalier est géré en régie directe. Un nouveau tarif est créé pour permettre d'inhumer plusieurs animaux ou de déposer plusieurs urnes sur une même concession.
Si la dispersion des cendres est gratuite, les tarifs varient suivant le type et la durée de concession choisis. Pour un habitant de la métropole, ils peuvent aller de 50 euros pour le dépôt d'une urne dans une concession en cours à 335 euros pour la création d'une concession de pleine terre de 5 ans incluant le creusement, une inhumation et un embellissement. Les tarifs sont majorés pour les extra-métropolitains, s'étendant ainsi de 75 à 510 euros.
Une prochaine installation de traitement des micropolluants dans l'eau
«Sur la station d'épuration, nous allons démarrer le chantier de construction d'une usine de traitement des microplastiques et des micropolluants», a annoncé le vice-président Antoine Hoareau (PS), «c'est un programme extrêmement innovant».
Par ailleurs, les réseaux d'assainissement de Marsannay-la-Côte et Perrigny-lès-Dijon vont être raccordés à la station Eau vitale, ainsi que l'école de gendarmerie située à Ouges dont l'actuelle station d'épuration est «obsolète».
La Métropole de Dijon achète 40 bus fonctionnant avec un carburant de synthèse renouvelable
La Métropole de Dijon doit renouveler ses bus hybrides datant de 2012 et a retenu un équipement transitoire avant de recouvrir à des bus électriques à l'horizon 2035.
Au travers d'un partenariat avec l'Union des groupements d'achats publics, la collectivité prévoit d'acquérir des bus à moteur Diesel pouvant fonctionner avec le carburant de synthèse à l'huile végétale hydrotraitée (HVO en anglais). En particulier, Total énergies fournit ce type de carburant renouvelable sous l'appellation commerciale HVO 100.
Comme le vice-président Thierry Falconnet l'a présenté, le contrat porte sur l'acquisition de 40 bus Hiveco Urbanway : 22 bus articulés et 18 standards. La collectivité a également recours à une location longue durée pour six bus Mercedes articulés d'occasion.
«Les bus qui seront réformés sont les bus avec le plus de kilomètres, présentant des défaillances majeures. Nous privilégierons dans le remplacement les véhicules Diesel plutôt que les véhicules hybrides», a-t-il précisé.
Emmanuel Bichot prône le recours au gaz issu de la méthanisation
Ironisant sur «la saga des bus dijonnais» que l'exécutif voulait remplacer par des véhicules fonctionnant à l'hydrogène avant l'abandon du projet, Emmanuel Bichot a regretté que la piste du biométhane n'ait pas été retenue puisque «la filière de biométhanisation se développe de plus en plus» dans la région.
«Les bus que vous achetez sont des bus Diesel dans lesquels on peut mettre du biocarburant HVO», a souligné l'opposant, «comme les bus Diesel aujourd'hui».
«Les plus ancien ne sont pas homologués pour pouvoir éventuellement accepter du biocarburant HVO mais les moins anciens peuvent déjà le faire. On peut aussi en mettre quand il n'y a pas d'homologation, quand ils sont très vieux, ça ne risque pas grand chose.. (…) On ne pas forcément mettre que du biocarburant HVO dans ces nouveaux bus», a-t-il développé.
François Rebsamen défend le carburant HVO
«Au centre de maintenance, nous avons des techniciens qui ont excellemment fait la maintenance préventive des bus et qui ont amené ces bus à une durée de vie nettement supérieure à celle qu'ils pouvaient avoir au départ», a réagi Thierry Falconnet.
«Ce que vous proposez, ça veut dire des infrastructures supplémentaires sur le centre de maintenance, en plus de l'électrique. Ça nous amènerait effectivement à des investissements beaucoup trop coûteux par rapport à, aujourd'hui, à un centre de maintenance qui est prêt à accueillir la flotte électrique», a argumenté le vice-président.
«Le méthane, ça s'achète, encore faut-il qu'il soit disponible», a commenté François Rebsamen, «il y a du méthane gris comme il y a du méthane vert [NDLR : plus ou moins carboné]. Ce n'est pas une certitude d'aller acheter au méthaniseur à côté de [Châtillon-sur-Seine] pour avoir du méthane qu'on va mettre dans nos bus.»
«Opter pour le biocarburant HVO de Total énergies est un très bon moyen de réduire ses émissions de CO2», a ajouté le responsable de l'exécutif métropolitain, relayant une note d'information des services. «Les émissions de CO2 issues de la combustion d'un biocarburant sont compensées en partie par le CO2 capté durant la croissance de la plante lors de la photosynthèse. De par son origine renouvelable, l'utilisation du carburant HVO permet de réduire jusqu'à 90% les émissions de CO2 par rapport à un carburant standard sur l'ensemble de circuit de vie du produit.»
La convention avec l'UGAP a été très largement adoptée, le groupe d'Emmanuel Bichot s'étant abstenu.
Le SERM du Dijonnais se fait attendre
Annoncés par Emmanuel Macron en 2022, la plupart des Services express régionaux métropolitains en cours de réflexion dans l'Hexagone peinent à avancer concrètement faute de financements définis à ce jour.
En particulier, le travail autour du SERM du Dijonnais associe l’État, la Région Bourgogne-Franche-Comté, le Département de la Côte-d'Or, la Métropole de Dijon, 18 autres intercommunalités du bassin de vie concerné ainsi que SNCF Réseau, SNCF gares et connexion et APRR .
Une charte de coopération lie ces différentes institutions et entreprises autour de l'objectif principal de réduire de 10% le flux de travailleurs pendulaires entrant en voiture dans la métropole.
«Le dossier du SERM de notre métropole a été adressé à Paris, en décembre 2024», glisse François Rebsamen
Depuis les rangs des oppositions, Axel Sibert (LR) a regretté «ne pas avoir plus de contenu sur le SERM du Dijonnais en 2026, quatre ans après le lancement du programme par le président de la République». «La Bourgogne-Franche-Comté n'est pas du tout en avance.»
«Le président de la République a parlé de liaisons métropolitaines, elles existent, c'est Dijon-Besançon», a défendu François Rebsamen, «il y a 25 dessertes par jour de ce RER métropolitain qui est, en réalité, un TER et qui est rempli au moment des prises de poste des uns et des autres».
«Le SERM qu'on va faire, c'est effectivement avec des EPCI qui nous entourent», a poursuivi le président de la Métropole de Dijon, «je ne veux pas entendre dire que des personnes qui sont dans le monde rural ne pourraient pas accéder à la métropole». «Pour qu'ils accèdent à la métropole autrement qu'en voiture, seuls, on va les encourager à faire autrement. On va créer des aires comme à Fénay, à Plombières-lès-Dijon, à Chevigny-Saint-Sauveur.»
«Le dossier du SERM de notre métropole a été adressé à Paris, en décembre 2024, quand j'étais ministre», a glissé l'élu progressiste, «il a été validé das la foulée». «Chaque région est un peu particulière. On est une terre de contrastes ici.»
La charte de coopération est adoptée à la quasi unanimité, seuls Thierry Coudert et Mélanie Fortier se sont abstenus.
402.000 euros pour requalifier la route de Dijon à Daix
Le vice-président Frédéric Goulier (divers droite) a présenté le projet de requalification de la route menant de Dijon à Daix : réduction de largeur de la chaussée et reprise de son enrobé, trottoirs accessibles, piste cyclable, places de stationnement en revêtement poreux...
«L'aménagement favorisera ainsi la gestion intégrée des eaux pluviales», a souligné le vice-président. Le coût prévisionnel est de 402.000 euros HT, cofinancé par la Ville de Daix à hauteur de 34.262 euros.
Jean-Christophe Tardivon


















