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17/07/2020 11:56

DIJON MÉTROPOLE : François Rebsamen met en avant «une métropole qui agit au présent et qui pense à l'avenir»

Dans son discours d'investiture de ce jeudi 16 juillet, le président de la collectivité est revenu sur les chantiers lancés dans la mandature précédente avant d'aborder les défis à venir.
Une fois le président et les vice-présidents désignés, la séance d'installation du conseil métropolitain de ce jeudi 16 juillet 2020 pouvait reprendre, présidée par François Rebsamen, membre du Parti Socialiste et maire de Dijon, réélu le 4 juillet dernier (lire notre article).

Autour de François Rebsamen, 85 conseillers puisqu'une personne était absente. La particularité de l'assemblée est de ne pas être véritablement scindée entre majorité et opposition au sens classique du terme. Les conseillers se retrouvent sur des projets, certains s'abstiennent ou votent contre selon la nature du dossier. L'exécutif est composé d'élus venant de la gauche comme de la droite.

Cependant, Emmanuel Bichot, membre des Républicains et conseiller municipal de Dijon, a souhaité créer un groupe, Agir ensemble pour Dijon Métropole, que l'on peut entendre comme un groupe d'opposition. Il est composé de conseillers municipaux de Dijon qui pourraient compter sur le renfort d'autres membres de l'assemblée puisque lors du vote pour la présidence, Emmanuel Bichot a rallié des suffrages au-delà de son groupe.

Du côté des écologistes, pas de groupe. Quatre conseillers municipaux de Dijon élus sur la liste Dijon écologique et solidaire, conduite par Stéphanie Modde, membre d'Europe Écologie Les Verts, sont conseillers métropolitains. Ils entendent faire résonner leurs voix en toute indépendance au gré des débats sous la forme d'une «opposition constructive», les deux termes ayant leur importance (lire notre article sur les négociations avec François Rebsamen).

Au niveau du bureau de la collectivité, le maire de Talant sera le seul maire à ne pas siéger. Il sera «systématiquement invité pour rompre avec la pratique imposée par l'ancien premier magistrat qui ne siégeait plus au bureau» indique François Rebsamen. Fabian Ruinet sera ainsi associé aux débats sans droit de vote.

Une assemblée qui peut «se mettre au travail immédiatement»


En début de séance, François Rebsamen commence par rendre un hommage appuyé à «un grand serviteur du service public», Philippe Roumilhac, décédé récemment. Directeur du complexe industriel d'unité de valorisation énergétique de Dijon Métropole, Philippe Roumilhac a été l'ingénieur ayant accompagné les mutations de l'incinérateur de la collectivité depuis 2001. L'assemblée a respecté une minute de silence en sa mémoire.

Lors de son discours d'investiture, le président renouvelé rappelle sa volonté de faire de Dijon Métropole une collectivité «qui se bat sur le front de la lutte contre les changements climatiques et de la transition écologique». François Rebsamen revient ensuite sur les «gros chantiers» de la mandature précédente.

L'accès de la collectivité au statut de métropole pour «une métropole qui agit au présent et qui pense à l'avenir».

L'élaboration du PLUi-HD, «un document très ambitieux qui permet à notre assemblée de se mettre au travail immédiatement avec un horizon dégagé» ; l'occasion pour François Rebsamen de signaler que «si on veut éviter le renouvellement des Gilets jaunes, nos concitoyens doivent pouvoir se déplacer facilement à un coût limité».

Le projet Prioribus d'aménagement de voirie et de priorité aux feux tricolores, démonstration de ce qui peut être réalisé quand «les collectivités et les grandes entreprises nationales travaillent main dans la main».

Le transfert de compétences du Département vers la Métropole (le tourisme, la voirie et certaines compétences sociales) à présent achevé, François Rebsamen souhaite retrouver «des relations normales avec le conseil départemental» car «il n'est pas normal que la Métropole soit éloignée de toutes les politiques qui sont menées par le Département».

La préparation du système alimentaire durable a été effectuée dans la mandature précédent, «le mandat qui s'ouvre sera celui de l'action» annonce le président dont l'ambition est, d'ici dix ans, «de faire de la Métropole, le creuset d'une agroalimentation, d'une agriculture performante et durable en milieu urbain et d'atteindre ainsi l'autonomie alimentaire». Une légumerie devrait être créée «très rapidement».

Le dossier de la «smart city», avec On Dijon, amène la collectivité à être «la première métropole intelligente de France» grâce «au soutien de grands groupes français, leaders dans leurs domaines». La Métropole continuera de capitaliser sur les secteurs où elle bénéficie d'un «avantage concurrentiel» : la santé, l'agroalimentaire, le numérique et le tourisme.

«Une Métropole à haute qualité écologique et environnementale»


À l'avenir, d'autres chantiers attendent les nouveaux élus métropolitains pour les six prochaines années. François Rebsamen souligne que «le premier défi est celui d'une Métropole à haute qualité écologique et environnementale» afin de devenir «une référence écologique en France» en s'appuyant sur «la social-écologie» vue comme «l'écologie des solutions».

L'objectif est de réduire de réduire de 40% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, de réduire la consommation énergétique finale de 50% et porter à 30% la consommation d'énergies renouvelables d'ici 2050. Transports, alimentation et logement seront les secteurs d'intervention privilégiés pour atteindre ces objectifs avec une attention particulière sur le logement afin que la rénovation énergétique des bâtiments s'accompagne de gains en pouvoir d'achat favorisant l'adhésion de la population à la démarche environnementale.

Le second défi sera celui de la «métropole solidaire» avec la lutte contre la pauvreté passant par l'augmentation du fonds solidarité logement (22% des ménages de la métropole vivent avec des revenus inférieurs au SMIC). «Il y a des personnes pauvres dans nos communes» lance François Rebsamen ajoutant que «les Métropoles ont un rôle à jouer parce que ce sont elles qui disposent des compétence pour agir sur le logement, sur le développement économique, sur l'emploi».

L'attractivité constitue le troisième défi, allant du champ de l'enseignement supérieur au rayonnement international. Plus localement, le président souligne que «ça fait longtemps que Dijon a noué des liens avec l'ensemble des autres villes de Bourgogne» avec une mention appuyée pour Le Creusot – avec le socialiste David Marti comme maire et président de communauté urbaine – et les relations de coopération économique.

Des défis que l'assemblée a maintenant six ans pour relever en démarrant dans un contexte d'incertitude budgétaire du fait de la situation économique dégradée par les conséquences de la crise sanitaire.

Une fois la session terminée, François Rebsamen présente la plaque symbolisant la lutte contre les déchets plastiques engorgeant les eaux maritimes, une lutte qui commence avant même les caniveaux des villes. La plaque «Ici commence la mer» sera apposé près des avaloirs afin que «tout le monde comprenne l'engagement écologique de Dijon» indique le président sous les applaudissements des nouveaux conseillers.

Jean-Christophe Tardivon

Les nouveaux vice-présidents


Le vote des conseillers métropolitains en images


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