
Réélu président de la Métropole de Dijon, ce jeudi 16 avril, l'ancien socialiste a revendiqué le «dépassement des clivages partisans» et vanté l'intercommunalité comme «pilier d'une République qui puise sa force dans une action publique décentralisée».

Une nouvelle mandature débute pour la Métropole de Dijon avec une assemblée renouvelée à 40 % dont 11 nouveaux maires. Les 85 élus issus des municipales se sont installés chacun dans leur fauteuil, ce jeudi 16 avril 2026, au siège de la collectivité, à Dijon. D'emblée, ils ont réélu François Rebsamen (FP) président de l'exécutif et désigné des vice-présidents (
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Tout comme à la Ville de Dijon, les conseillers ont adopté le vote électronique. Si l'usage d'un boîtier Votebox pour exprimer son choix prend plus de temps qu'un vote à main levée, il accélère considérablement la procédure lors d'un vote secret.
Un exécutif «quasi-paritaire»
«Notre Métropole avance significativement sur ce chemin que nous voulons de l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux», déclare d'emblée François Rebsamen, une fois réélu, alors que la métropole compte désormais 9 femmes parmi les 23 maires. Preuve de l'engagement pour «progrès», l'exécutif est «quasi-paritaire».
À l'échelle nationale, l'orateur évoque néanmoins «un travail de longue haleine qui implique d'agir sur des représentations profondément ancrée et de combattre les stéréotypes qui, encore trop souvent, étouffent, à tort, les aspirations des jeunes filles et des femmes».
L'intercommunalité comme «pilier d'une République qui puise sa force dans une action publique décentralisée»
Saluant la mémoire de Jean Royer, Roland Carraz et Maurice Lombard, le président réélu rappelle que 2026 correspond au 50ème anniversaire de la loi sur l'intercommunalité. En effet, en 1976 a été créé le district de l'agglomération dijonnaise avec cinq communes. Une célébration sera organisée, les 4 et 5 septembre prochains.
Aujourd'hui, avec 23 communes et 265.000 habitants, s'est progressivement constituée «une métropole forte et ambitieuse, (…) une métropole d’équilibre, urbaine et rurale, peu dense et à taille humaine, (…) locomotive de grands projets, (…) fière de son histoire mais résolument tournée vers l'avenir».
«Notre belle communauté de destin s'affirme avec toujours plus d'évidence comme l'échelon du dépassement : dépassement des limites géographiques comme des sensibilités et des clivages politiques et partisans à quelques exceptions près», considère François Rebsamen.
«L'intercommunalité est toujours une promesse de solidarité territoriale, d'infrastructures qu'elle seule peut porter au nom de l'intérêt général», défend l'élu progressiste, voyant dans cet échelon territorial le «pilier d'une République qui puise sa force dans une action publique décentralisée».
Les priorités du projet métropolitain
Le projet politique que revendique François Rebsamen est «celui d'une gauche européenne, ouverte au progressisme, basée sur la social-écologie, l'économie mixte et l'attractivité».
Les priorités de l'exécutif renouvelé correspondront donc à la construction de logements, la qualité de l'air, la production d'énergies renouvelables, le développement des mobilités du quotidien, l'implantation d'entreprises – privées et de secteurs publics –, la solidarité entre les 23 communes et l'attractivité du territoire.
Le projet métropolitain prochainement redéfini sera présenté aux communes environnantes pour «inviter à réfléchir à d'éventuels d'élargissements», sans passer nécessairement par une adhésion mais plutôt par «un processus de coordination».
La troisième ligne de tramway, «grand chantier du mandat»
Parmi ces priorités, émerge le projet de création d'une troisième ligne de tramway qui avait été esquissé avant les municipales. Ce sera «le grand chantier du mandat à l'horizon 2035». Jusqu'à présent, était évoquée une mise en service en 2030 (
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Si «la lutte contre l'autosolisme est une priorité», le président de la Métropole de Dijon assure ne pas vouloir mener une «guerre dogmatique contre la voiture» mais plutôt voir «développer les alternatives efficaces et convaincantes à l'usage individuel de la voiture».
Pour cela, la Métropole, avec le soutien de la Région et de l'Etat, compte également développer le Service express régional métropolitain du Dijonnais pour compléter les offres de mobilités dans une aire urbaine comptant quelques 400.000 habitants répartis en 17 intercommunalités.
«Cet ambitieux projet changera le visage de la mobilité et contribue à rapprocher encore le rural et l'urbain», assure le responsable de l'exécutif métropolitain qui rappelle ses efforts pour «rétablir la liaison TGV avec Roissy».
Aller au-delà de 23 % de logements sociaux
«La crise du logement altère la cohésion sociale», poursuit l'orateur alors que le sujet de l'urbanisme a été amplement débattu durant la campagne des municipales, en particulier à Dijon.
S'il revendique volontiers l'appellation de «maire bâtisseur», François Rebsamen réfute celle «maire bétonneur» et assure que la Métropole continuera de «développer le parc de logements à loyer modéré» au-delà du taux actuel de 22,7 %.
«Dénigrer l'acte de construire, c'est porter atteinte à tout un secteur indispensable à notre activité économique», enchaîne l'élu progressiste qui défend «un territoire où il fait bon vivre où les gens veulent venir habiter», en insistant sur «la force de l'identité gastronomique et vitivinicole».
«Notre Métropole jouit d'une excellente santé financière», conclut François Rebsamen. «Nos habitants peuvent compter sur une métropole dijonnaise qui mise sur la solidarité et l'audace pour relever les défis du présent et se tourner vers le futur à l'horizon 2035».
L'orateur termine alors son propos en faisant applaudir les agents de la collectivité.
Un «dépassement des clivages partisans» mais des postes-clés réservés aux socialistes
Le bureau métropolitain comprend le président, les 18 vice-présidents – 8 femmes et 10 hommes – et 22 autres membres – 8 femmes et 14 hommes – dont des conseillers délégués. L'exécutif compte ainsi 40% de femmes.
Au-delà des statistiques, des délégations importantes sont portées par des femmes. Plus largement, sur le plan politique, les postes-clés ont été confiés à des socialistes ou anciens socialistes.
Maire de Dijon, Nathalie Koenders (PS) reste première vice-présidente, chargée de la prospective, des partenariats institutionnels et de l'Europe. La socialiste est ainsi placée de façon à succéder à François Rebsamen s'il venait à quitter son mandat de président.
Parmi les nouveaux membres de l'exécutif, Céline Tonot (PS), maire de Longvic, se voit attribuer la plupart des délégations portées précédemment par Jean-Patrick Masson (écologiste indépendant) sur l'écologie urbaine, devenue transition écologique – la Longvicienne devient également présidente de la SEM Energie. Isabelle Pasteur (PS), maire de Quetigny, est chargée des sujets des finances et des ressources humaines.
Symboles du «dépassement des clivages partisans», Frédéric Goulier (divers droite), maire de Saint-Apollinaire, reçoit notamment la délégation de la voirie, Guillaume Ruet (LR), maire de Chevigny-Saint-Sauveur, des équipements sportifs, et Monique Bayard (divers droite), maire de Plombières-lès-Dijon, de la coopération entre les communes.
Présidente de Dijon Bourgogne Invest, Catherine Petitjean (sans étiquette) est chargée du développement économique.
Lors des votes, les vice-présidents ont reçu entre 63 voix, pour Marie-Hélène Juillard-Randrian (Modem), et 78 voix, pour Frédéric Goulier, en passant par 71 voix pour Nathalie Koenders.
Emmanuel Bichot créé un groupe politique d'opposition
Président du groupe politique Agir pour Dijon Métropole dans la mandature précédente, Emmanuel Bichot (LR, AD), conseiller municipal de Dijon, reste le principal opposant à François Rebsamen.
Toutefois, pour rallier à lui des élus d'autres communes, il a dû concéder un changement de nom pour créer le groupe Droite, centre et indépendants de Dijon Métropole.
La formation reçoit le renfort de Valérie Grandet (NE), élue à Longvic, Sébastien Kencker (divers droite), élu à Quetigny, et Philippe Neyraud (divers droite), élu à Chenôve. Cela porte donc le total à neuf conseillers communautaires, issus de quatre communes.
«Pour la droite, le centre et les indépendants, cela ne fait pas beaucoup», commente François Rebsamen.
À noter que Thierry Coudert (UDR) et Mélanie Fortier (RN), autres élus d'opposition dijonnais, n'ont pas formé de groupe, et que l'assemblée ne compte plus d'élu membre des Écologistes.
Un nouveau crédit pour frais de représentation du président
Les élus ont adoptés les montants des indemnités de fonction par 77 voix favorables, complétées par 8 abstentions.
Les montants bruts mensuels sont ainsi fixés : 5.960,26 euros pour le président, 2.240,23 euros pour les vice-présidents, 1.331,81 euros pour les conseillers délégués et 246,63 euros pour les conseillers sans délégation.
Dans le cadre des dispositions légales concernant les remboursements de frais des élus, l'assemblée a adopté un nouveau crédit pour frais de représentation du président assorti d'un plafond de 12.000 euros.
Une opposition qualifiée de «réactionnaire»
Au nom du nouveau groupe d'opposition, Philippe Neyraud conteste cette dernier disposition. «Il s'agit d'éviter de nouvelles polémiques sur des dépenses d'élus tels des achats vestimentaires excessifs, des notes de restaurants élevées ou autres», glisse le Chenevelier en appelant à «mieux encadrer ces frais de représentation».
«À partir du moment où ce que je propose est légal, je l'assume», réagit François Rebsamen en considérant que les élus du groupe d'Emmanuel Bichot font partie de «la classe réactionnaire», faisant référence aux débats datant des années 1900 sur les indemnités des élus de la République.
Le nouveau crédit est approuvé par 75 voix favorables, malgré 10 voix contre.
Cinq commissions thématiques
L'assemblée poursuit ses travaux en définissant des commissions thématiques : commission politique de la Ville, habitat, solidarités et urbanisme, commission écologie urbaine et services d’intérêt collectif, commission développement économique et attractivité, commission déplacements, mobilité et espace public, commission administration générale et finances.
Les élus désignent ensuite leurs représentants dans les différentes commissions, conseils d'administration et organismes extérieurs.
Le soutien au Tour de France Femmes fait l'unanimité
Le Tour de France Femmes 2026 passera en Côte-d'Or, le 4 août prochain, pour un contre-la-montre entre Gevrey-Chambertin et Dijon, traversant trois communes de la métropole.
«Cet événement fédérateur devrait d’ailleurs susciter en 2026 un engouement au moins comparable à celui de 2024 (environ 40 000 spectateurs comptabilisés), stimulant l’activité hôtelière, commerciale et culturelle, tout en offrant une formidable vitrine internationale à nos communes et à notre patrimoine», indique la collectivité.
Dans le cadre d'un contrat avec Amaury sport organisation, le Département de la Côte-d'Or et la Métropole de Dijon se sont engagés à mobiliser chacun 45.000 euros pour contribuer au financement de l'épreuve. En fin de session, les élus approuvent cette disposition à l'unanimité.
«Il faut absolument réveiller cette région», lance François Rebsamen
«25 ans, ça fait beaucoup», confie François Rebsamen, interrogé par
Infos Dijon à l'issue de la session. «C'est mon dernier mandat en tant que président de la Métropole mais j'ai une certaine fierté de tout ce que nous avons réalisé. En 2001, je me rappelle qu'il n'y avait même pas de bacs pour les poubelles, il n'y avait que des sacs plastiques dans la rue qui étaient éventrés, l'eau de l'Ouche était polluée...»
«Cette métropole est une métropole attractive qui rompt une sorte de morosité ambiante de la région [Bourgogne-Franche-Comté]», analyse le président réélu, «elle tire la région, elle tire son développement économique, sa croissance démographique – accompagnée un peu de la ville de Besançon. Il faut absolument réveiller cette région. La Métropole est prête à le faire et va lancer des grands travaux en ce sens».
François Rebsamen félicite Isabelle Louis et rend hommage à David Marti
L'élu progressiste se dit «très heureux» en apprenant l'élection d'Isabelle Louis (PS) à la présidence de la communauté urbaine Le Creusot-Montceau (
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«Je regrette la défaite d'un ami [NDLR : David Marti (PS), maire sortant du Creusot, battu par Charles Landre (LR)]», ajoute François Rebsamen, «il a fait beaucoup de travail, je veux lui rendre hommage».
Jean-Christophe Tardivon



















