
En session, le 26 juin dernier, en plus du budget supplémentaire pour 2025, les élus ont validé la nouvelle version du Plan climat et biodiversité. Devant le changement climatique, «le moindre dixième de degré que nous pourrons épargner fait toute la différence», a souligné le vice-président Jean-Patrick Masson.

Avec 69 points à l'ordre du jour, le conseil métropolitain fut particulièrement chargé, le 26 juin 2025. Durant plus de 5 heures, les élus ont balayé les différents sujets, certains étant très concrets comme la réalisation d'un nouveau restaurant universitaire (
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Au gré des dossiers, François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, a défendu la politique environnementale du gouvernement de François Bayrou auquel il participe (
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Concernant un autre dossier important de la session, les élus ont adopté un budget supplémentaire pour 2025 qui intègre un surcoût du chantier du Campus Maret.
«Le moindre dixième de degré que nous pourrons épargner fait toute la différence», indique Jean-Patrick Masson
Le Plan climat et biodiversité 2024-2030, déjà voté en septembre 2024, a été présenté aux partenaires de la collectivité et a fait l'objet d'une consultation auprès des habitants. Après ces deux phases ayant entraîné quelques évolutions, le document devait donc revenir devant l'assemblée métropolitaine pour un vote formel d'adoption.
Ses trois axes stratégiques concernent l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre, l'adaptation au changement climatique et la coopération entre les territoires. Parallèlement, Dijon fait partie du programme de l'Union européenne des cents Villes connectées et neutres pour le climat (en anglais :
Climate-Neutral and Smart Cities).
Selon Jean-Patrick Masson, le changement climatique et l'érosion de la biodiversité constituent des crises qui «ont une origine commune et qui s'entretiennent l'une l'autre». «Il nous faut être particulièrement volontariste et bâtir la métropole de demain. (…) Le moindre dixième de degré que nous pourrons épargner fait toute la différence entre une crise un peu pénible et un envoi dans le mur.»
Le Plan climat et biodiversité est assorti d'un contrat métropolitain et d'un plan d'investissement territorial.
400 millions d'euros à la charge de la Métropole de Dijon d'ici 2030
Considérant que le plan constitue «une usine à gaz», Emmanuel Bichot (LR, AD), président du groupe Agir pour Dijon Métropole émet «des réserves» à commencer par «le coût faramineux» à la charge de la Métropole de Dijon estimé à 400 millions d'euros d'ici 2030.
«L'impact financier sera très lourd pour les ménages, spécialement pour les plus pauvres», anticipe l'opposant même si «trop peu de moyens» sont consacrés à l'adaptation au changement climatique.
Dans le détail, l'élu conservateur considère que «la ZFE-m est une mesure anti-sociale», regrette que «les émissions de l'usine d'incinération – principale source de pollution dans la métropole – ne soient pas individualisées dans [le] document» et demande à s'appuyer sur la «cartographie des îlots de chaleur», réalisée par le cabinet Verdi, afin de réviser le PLUi-HD.
«La qualité de l'air est bonne à Ahuy malgré l'usine d'incinération», assure Dominique Grimpret
«Même Monsieur Retailleau s'oppose aux mesures qui ont été votées par l'Assemblée [nationale]», réagit François Rebsamen en référence à son collègue du gouvernement de François Bayrou, également président des Républicains. «Nous sommes la troisième ville de France en ce qui concerne la qualité de l'air. (…) Vous êtes en même temps décroissant et opposé à tout.»
Pour sa part, Jean-Patrick Masson réfute toute conséquence négative du développement durable sur la qualité de vie des habitants les plus précaires : «les premières victimes de l'incurie de certains, ce sont les gens les plus pauvres, les plus exposés».
«La qualité de l'air est bonne à Ahuy malgré l'usine d'incinération ; c'est très suivi, les résultats sont bons», assure pour sa part Dominique Grimpret (Modem), maire de la commune.
«L'inaction climatique nous coûtera de plus en plus cher», signale Stéphanie Modde
Même si elle ne soutient pas l'exécutif métropolitain, Stéphanie Modde (Les Écologistes) félicite l'initiative tout en relevant des «lacunes» en matière de pistes cyclables.
«L'inaction climatique nous coûtera de plus en plus cher», répond-elle à l'adresse d'Emmanuel Bichot.
«Les enjeux de restauration des zones humides ne sont pas intégrées», regrette l'écologiste qui appelle à développer l'agriculture biologique ou agroécologique.
«Notre territoire grossit au détriment d'autres territoires proches dans notre région», poursuit l'opposante qui critique le phénomène de métropolisation et appelle à «ne pas aller capter l'eau toujours plus loin».
François Rebsamen réagit sur ce dernier point : «vous devriez souligner les efforts que nous faisons : sur les 80.000 m3 autorisés, nous tirons 36.000 m3, ne faisons pas peur aux gens». «Quand on n'a pas exercé le pouvoir pendant plusieurs dizaines d'années dans un endroit, à part abattre le maire sortant, ou la sortante, vous n'avez que ça comme programme.»
«Les agriculteurs bio ont besoin d'irriguer leurs cultures maraîchères», rappelle Jacques Carrelet de Loisy
Soutien de l'exécutif métropolitain Patrice Chateau (Génération écologie) applaudit la présentation du plan et salue l'objectif affiché de «la diminution progressive de la place de la voiture dans la vie des habitants».
Selon Philippe Lemanceau (PS), l'augmentation de la consommation de produits bio des Dijonnais , notamment dans les cantines scolaires, pourrait contribuer à faire passer la part de surface agricole dédiée à la bio en Bourgogne-Franche-Comté de 10 à 20%.
Maire de Hauteville-lès-Dijon et président de la chambre départementale d'agriculture, Jacques Carrelet de Loisy rappelle que même «les agriculteurs bio ont besoin d'irriguer leurs cultures maraîchères pour pouvoir continuer de produire».
Le nouveau plan est adopté en dénombrant seulement les oppositions d'Emmanuel Bichot, ayant le pouvoir de l'élu talantais Cyril Gaucher, et de Laurence Gerbet (NC) ainsi que l'abstention de Bruno David (LR).
Un important excédent de résultat en 2024
Le vice-président Jean-Claude Girard (sans étiquette) présente le compte de gestion puis enchaîne avec le compte administratif pour 2024 : «Dijon Métropole se trouve dans une situation financière consolidée».
Tous budgets confondus, le compte administratif 2024 s'élève à 399,99 millions d'euros en dépenses et à 453,89 millions d'euros en recettes, ce qui génère 53 millions d'euros d'excédent, portant le résultat disponible, après reprises, à 87,34 millions d'euros. La capacité d'autofinancement est de 85,5 millions d'euros.
La dette s'inscrit en baisse pour atteindre 239,4 millions d'euros ) fin 2024 et pourrait «continue de diminuer». La capacité de désendettement s'améliore en s'établissant à 2,8 années.
Les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 5,6% par rapport à 2023, les charges de personnels de 5,2% – au regard d'une inflation de 2% – en raison de l'intégration des personnels de la direction interdépartementale des routes pour gérer la rocade.
Le rapporteur note une «forte progression» des dépenses énergétiques, des dépenses liées à l'entretien de l'espace public et des charges des transports publics urbains (+6,%). Les recettes du versement mobilité et de la taxe foncière sont également en hausse tandis que la dotation versée par l’État a baissé de 330.000 euros. En particulier,
Les dépenses d'investissement ressortent à hauteur de 87,5 millions d'euros. Le taux d'exécution est de 64,12%, passant à 70,57% en intégrant 11,7 millions de restes à réaliser et même à 86,3% en retraitant des crédits en réserve pour travaux non consommés en 2024.
Emmanuel Bichot critique «l'insincérité des budgets»
«Une nouvelle fois, nous avons des excédents très importants qui attestent de l'insincérité des budgets», note Emmanuel Bichot qui analyse que «les dépenses de fonctionnement sont 5% inférieures à la prévision, les recettes de fonctionnement sont 5% au-dessus de la prévision : ça fait tout de suite 30 millions d'euros».
Entre les financements de Capatram, d'une étude pour améliorer la desserte de Chevigny-Saint-Sauveur et l'annonce du projet de troisième ligne de tramway n'allant pas jusque dans cette commune, «on se sent floué», commente l'opposant.
«5% de marge de manœuvre en cette période d'incertitudes, c'est quasiment inévitable», réagit Jean-Claude Girard qui réfute tout «manque de sincérité» tandis que la première vice-présidente Nathalie Koenders (PS) défend Capatram pour «désengorger la partie université et CHU, mais ça ne suffit pas».
Laurent Bourguignat défend Capatram
À son tour, Laurent Bourguignat (LR, NE) critique la hausse de la part métropolitaine de taxe foncière décidée en 2022 ainsi que le rachat du centre d'entraînement du DFCO mais souligne sa «divergence» avec Emmanuel Bichot concernant Capatram : «ce sont des interventions qui ne sont pas forcément visibles du grand public mais qui améliorent le service».
«Capatram, sur la ligne T1, ce sont huit allers-retours supplémentaires entre la gare et Mazen-Sully en heures de pointe», abonde Thierry Falconnet (PS), vice-président chargé des transports, «sur la ligne T2, ce sont quatre allers-retours en heures de pointe entre Chenôve et Valmy».
Le rapport est largement adopté malgré quatre votes contre et cinq abstentions.
Dans le budget supplémentaire : plus un million d'euros pour le Campus Maret, 300.000 euros pour un cimetière d'animaux de compagnie
Le résultat disponible de 87,34 millions d'euros de 2024 est affecté au budget supplémentaire pour 2025 dont 44,3 millions d'euros pour le budget principal et 17,8 millions d'euros pour le budget annexe des transports urbains.
L'exécutif national a inventé le Dilico – pour «dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités» – pour faire contribuer les collectivités territoriales au redressement des comptes publics de la nation.
En 2025, le gouvernement a prévu de ponctionner un milliard d'euros auprès de 2.1000 collectivités. Pour la Métropole de Dijon, la note s'élève à 1,4 million d'euros, soit 2,8 millions d'euros de moins que ce qui avait été anticipé. Cependant, le gouvernement de François Bayrou envisage un doublement du Dilico en 2026.
Le budget supplémentaire intègre des actualisations d'autorisations de programme en cours d'exécution dont une majoration pour le chantier du Campus Maret. Un surcoût porte l'enveloppe initiale de 16 à 20,1 millions d'euros. En conséquence, la part métropolitaine augmente d'un million d'euros pour atteindre 4 millions d'euros. L'ouverture du Campus Maret au centre-ville de Dijon est prévue en 2028.
«Quand on a de grandes périodes d'inflation, on a des surcoûts qui n'étaient pas prévus», commente François Rebsamen.
Toujours dans ce budget, 300.000 euros sont attribués à la réalisation d'un cimetière destiné à accueillir les dépouilles d'animaux de compagnie sur le site funéraire de la Métropole.
In fine, le budget supplémentaire 2025 se décompose en dépenses à hauteur de 87,8 millions et en recettes à hauteur de 114,4 millions d'euros soit un excédent global de 26,6 millions d'euros.
Progression dynamique des recettes de stationnement
Le rapport d'activité 2024 de Keolis Dijon Multimodalité donne l'occasion à Thierry Falconnet de détailler notamment les recettes du stationnement payant.
Dans les parkings en ouvrage, la fréquentation a augmenté de 3,9% et les recettes de 8,4% pour atteindre 4,2 millions d'euros.
Sur voirie, 1.230 places ont été converties ; on recense donc plus de 10.000 places de stationnement payant. La fréquentation augmente également pour des recettes qui s'élèvent à près de 8 millions d'euros (+6,5%).
Le rapporteur revendique «une intensification des contrôles» par lecture automatisée des places d'immatriculation (LAPI) qui représentent désormais 55% des verbalisations.
Selon Thierry Falconnet, la fraude en voirie est passé de 35%, il y a quelques années, à 7% aujourd'hui, «avec une augmentation très sensibles des recettes pour la collectivité».
Dans les transports en commun, le taux de fraude a chuté à 8% : dans les deux cas, «les fraudeurs sont sanctionnés».
Olivier Muller dénonce «une omniprésence de la publicité commerciale dans l'espace public»
Toujours concernant l'espace public, la vice-présidente Dominique Martin-Gendre (PS) présente le rapport d'activité de la publicité sur mobilier urbain, exploité par Citiz Media (ex-Clear Channel), d'octobre 2023 à décembre 2024.
La métropole compte 552 abribus et planimètres – dont 362 à Dijon – dont 247 réservés à la communication de la collectivité. La redevance d'exploitation atteint 970.000 euros pour la période.
L'élu des Écologistes Olivier Muller dénonce «une omniprésence de la publicité commerciale dans l'espace public». «Ses messages, en incitant constamment à consommer, participent à un modèle de surconsommation incompatible avec les objectifs de sobriété».
«La vie économique est ce qu'elle est, il y a du commerce et il y a de la publicité ; on n'est pas obligé d'en avoir beaucoup mais il en faut quand même», réagit François Rebsamen après avoir rappelé l'existence d'un règlement local de la publicité depuis plusieurs années. «La vie que vous nous proposez, ce n'est pas celle là que je veux», soupire-t-il, «je veux une vie vivante». «La Métropole a pris une part importante des panneaux pour faire de la publicité intelligente. (…) La Métropole a besoin de recettes.»
Tassement du nombre de spectateurs au Zénith en 2024
La vice-présidente Christine Martin (PS) présente le bilan d'activité du Zénith, salle de spectacles métropolitaine de 8.888 places dont l'exploitation est confiée à la société S-Pass.
En 2024, le Zénith a accueilli 291.351 spectateurs en 90 concerts et 57.221 participants à 51 événements économiques (contre respectivement 294.000 spectateurs et 17.300 participants en 2023).
Le Zénith présente un résultat positif de 617.407 euros, avec un chiffre d’affaires global de 4,2 millions d'euros. Le prix moyen du billet s’établit à 47,85 euros, en hausse de 9,3% par rapport à 2023.
Laurent Bourguignat s'interroge sur le Zénith Club
Dans ce contexte, la société Espace a développé un nouveau format de 518 places assises ou 1.100 debout, le Zénith Club (
lire le communiqué).
Cela amène Laurent Bourguignat à «soulever des questions légitimes» pour «garantir la diversité des propositions culturelles» au regard de la «logique seulement commerciale» du Zénith Club face à la programmation d'autres salles de la métropole aux «moyens plus limités» comme Le Cèdre, le Bistrot de la scène ou La Vapeur.
«La salle est prévue comme un lieu réceptif et n'a pas vocation à changer de destination sans autorisation», rappelle Christine Martin à l'adresse de la société Espace. «Nous veillons à l'équilibre des salles sur la métropole.»
Jean-Christophe Tardivon
















