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20/11/2020 19:54

DIJON MÉTROPOLE : «L'écoquartier est un outil de guérison des sols» selon François Rebsamen

Urgo qui préfère Chenôve à Chicago, la dépollution du site où sera construit Bruges II, le nombre de parkings poids lourds ou encore la fusion Suez-Veolia ont été au menu des débats du conseil métropolitain de ce jeudi 19 novembre. Le président François Resbamen a taclé la «verticalité» du pouvoir exécutif conduisant à des «mesures technocratiques et infantilisantes».

Pour ce conseil métropolitain du 19 novembre 2020, 80 élus sont présents et 6 excusés. Toute la salle est utilisée pour espacer les participants. Pour commencer, l'assemblée procède à l'installation de deux nouveaux conseillers du fait de rectifications dans les représentations des communes de Longvic et de Chevigny-Saint-Sauveur. Il s'agit respectivement de Jean-Marc Réty et Catherine Victor.

Le bal des amendements


Le point suivant aborde le règlement intérieur et les amendements venant le modifier. En cas de rapport sur table, une suspension de séance de dix minutes permettra de l'étudier. Un conseiller métropolitain faisant l'objet d'une mise en cause personnelle sera autorisé à répondre à son détracteur. Le président devra mettre aux vois toute demande de suspension de séance émanant d'un cinquième du conseil.

Malgré la demande du groupe présidé par Emmanuel Bichot, il faut toujours au moins six membres de trois communes pour obtenir des moyens de fonctionnement dédiés à un groupe politique. En revanche, un groupe d'élus peut se constituer et bénéficier d'un espace dans le journal et le site web communautaires.
Les élus peuvent dorénavant déposer des questions orales ou des vœux deux jours francs avant un conseil métropolitain. Une autre modification permet aux communes n'ayant que deux conseillers de pouvoir assister à toutes les commissions en mobilisant les suppléants.

Un amendement déposé par Stéphanie Modde concernant l'article 35 du règlement intérieur provoquera une certaine tension dans la salle. L'élue écologiste demande de faciliter «l'accès aux documents et à l'information» en lançant à François Rebsamen : «on vous a déjà demandé des documents qui ne nous ont pas été transmis». Du point de vue du président, «la loi prévoit tout pour se faire communiquer des documents» et, sur les Powerpoint, «la pratique le permet». Alors que le président passe aux votes, les élus proches d'Emmanuel Bichot lèvent la main en même temps que Stéphanie Modde. François Resbamen s'adresse alors à celle-ci : «ça va beaucoup plus loin que ce que vous avez prévu». Toujours est-il que l'amendement est rejeté.

«Des jardins partagés arrosent illégalement avec de l'eau polluée»


Tout comme ce fut le cas lors du conseil municipal, la demande de labellisation en tant qu'écoquartier du projet immobilier Bruges II revient au conseil métropolitain pour être présenté par Pierre Pribetich qui s'enthousiasme devant les 375 logements construits «en plein centre-ville». Cette fois les débats concerneront principalement la dépollution du site avant construction.

Loin d'être euphorique, Bruno David anticipe «1.200 habitants sur cet espace» et calcule que Bruges II pourrait être «2.200 fois plus dense qu'Ahuy». Le maire d'Ahuy aura beau jeu de corriger le calcul en indiquant que le dernier recensement montre que la population de sa commune a augmenté.

«Ce projet ne répond pas aux besoins et aux attentes des habitants» poursuit le conseiller d'Agir ensemble pour Dijon Métropole qui propose alors des modifications dont l'abandon des maisons sur pilotis prévues le long de l'Ouche et la limitation des constructions à trois étages au lieu des six prévus.

Reprenant la main sur ce dossier, François Rebsamen répond à l'opposant en mettant en avant les 9.500 demandes de logements non satisfaites à Dijon et le délai d'attente de dix mois avant d'obtenir un logement social. «On pense à ces habitants, on construit pour eux» ajoute le président de Dijon Métropole.

En attendant, «il y a des jardins partagés qui arrosent illégalement avec de l'eau polluée» alerte François Resbamen. La pollution des sols apparaît comme un héritage industriel inhérent à l’absence de normes jusqu'au début du XXème siècle. «Toutes les régions de France sont touchées, notre région n'y échappe pas» souligne le président.

François Rebsamen précise la méthode : «des normes très strictes s'appliquent à ces sites, (…) la collectivité a choisit de réhabiliter le site des anciennes tanneries, c'est plus difficile et plus coûteux que de construire sur des terres agricoles. Reconstruire la ville sur elle-même est une méthode pour disposer de logements neufs et de ne pas prendre de nouvelles terres agricoles». Et de saluer le promoteur Linkcity qui répond aux conditions de dépollution, le dossier étant validé et suivi par l’État : «les sols sur lesquels seront construits les immeubles seront nettoyés».

Le socialiste fait alors la leçon aux élus d'opposition : «quand on ne participe pas à l'acte de construire, on ne connaît pas la difficulté, (…) il est plus facile de construire dans un champ où il n'y a jamais eu d'activité humaine». De ce fait, «l'écoquartier est un outil de guérison des sols». Le début des travaux n'est pas attendu avant la fin 2021. Les élus d'Agir ensemble pour Dijon Métropole s'asbtiendront sur ce rapport tandis que Stéphanie Modde ne prendra pas part au vote faute de présentation détaillée du projet immobilier.

Le président mentionne alors une source de pollution au trichloréthylène située à l'extérieur du projet, «sous l'emprise de deux propriétés construites par mon prédécesseur dans les année 1980» représentant 100 logements. François Rebsamen signale que «la pollution est présente dans la nappe et s'échappe lentement jusqu'à l'air libre». Heureusement, «les sous sols et garages sont ventilés» mais l'Agence Régionale de Santé de Bourgogne-Franche-Comté demande à la Ville de Dijon de s'en assurer.

«La verticalité tue tout aujourd'hui»


Au détour du rapport sur le fonds de relance métropolitain présenté par Danielle Juban, Laurent Bourguignat déclare qu'il est «urgent d'entendre le cri de désespoir des artisans» ce qui amènera François Rebsamen à critiquer la verticalité de l'exécutif national.

«Vous n'allez pas nous doubler sur ces sujets-là» répond le président au conseiller d'opposition. François Resbamen dit penser aux cafetiers et aux restaurateurs : «si ça n'ouvre pas au 1er janvier, beaucoup fermeront». La prolongation des fermetures administratives au-delà du 1er janvier 2021 pouvant entraîner de nombreux dépôts de bilan malgré les soutiens du gouvernement et des collectivités territoriales.

«C'est la verticalité, on va l'apprendre par le président de la République» peste le président en référence à l'allocution d'Emmanuel Macron attendue dans la semaine à venir. «Nous, on agit concrètement sur le terrain» insiste le socialiste. «Quand une entreprise reçoit de la Métropole et de la Région ensemble 15.000 euros, ils savent ce que cela veut dire, (…) le gouvernement propose d'apporter jusqu'à 10.000 euros» explique François Rebsamen en évoquant le travail de la CCI Côte-d'Or Dijon Métropole et de la fédération de commerçants Shop In Dijon.

Prenant appui sur ses modes de consommations personnels, Jean-François Dodet, maire LR de Saint-Apollinaire explique n'avoir «jamais commandé sur Amazon» et ne pas avoir installé l'application Uber. «Dans un cadre éthique, je ne me retrouve pas dans le modèle économique» précise-t-il. «Il faut aussi qu'individuellement on aide nos commerçants à passer cette phase difficile» déclare Jean-François Dodet. «La responsabilité individuelle existe encore» abonde François Rebsamen.

Tandis que Françoise Tenenbaum rappelle l'utilité de l'application Tous Anti Covid, Stéphanie Modde considère qu'«il faut acheter mieux, acheter moins et de production locale». L'élue écologiste trouve «choquant qu'on puisse aller faire des courses dans des grands supermarchés alors que les petits commerçants ont l'obligation de fermer leur boutique, (…) il y a des situations un peu ubuesques dans notre pays».

«Ça supposerait que les décisions soient moins prises par une personne seule (…) pour que les mesures soient acceptées» rebondit une nouvelle fois François Resbamen qui enfonce le clou : «la verticalité tue tout aujourd'hui». Face à cela, l'élu du Modem François Deseille tente de défendre le gouvernement. Au niveau national, le Modem participe à la majorité présidentielle alors que, au niveau local, le Modem participe à la majorité socialiste.

Loin d'être convaincu par les arguments de son vice-président, François Rebsamen déplore «les mesures technocratiques et infantilisantes». «Madame Merkel réunit les président des Lander pour savoir qu'elles seront les mesures à appliquer» préfère-t-il donner comme exemple. Néanmoins, le socialiste concède que le gouvernement a pris de «très bonnes mesures» comme la généralisation de l'activité partielle.

«Un grand projet pharmaceutique»


Le président de Dijon Métropole relaie alors une lettre du président du conseil d'administration d'Urgo, Briac Le Lous, qui félicite les services métropolitain. L'entreprise implantera un nouveau laboratoire de recherches à Chenôve afin de développer le projet innovant Genesis Sicat portant sur le soin des plaies sévères et des brûlures.

François Rebsamen explique que «Urgo a beaucoup de projets de développement à Dijon» et voit là «un grand projet pharmaceutique» participant «au rayonnement européen de la métropole dijonnaise en matière de technologies tissulaires innovantes». «C'était soit Chicago, soit Dijon. Ce sera donc Chenôve» s'enthousiasme le président.

«Créer des parkings poids lourds relève du secteur privé»


Par ailleurs, à la suite d'une démarche portée par Dominique Martin-Gendre, le président signale que les pistes cyclables feront l'objet d'une expérimentation. Une peinture luminescente sera appliquée pour sécuriser les aménagements cyclables la nuit. «C'était une proposition de notre programme» souligne François Rebsamen.

Au chapitre des mobilités, alors que Danielle Juban présente les cessions de lots du parc Beauregard, Stéphane Chevalier interpelle l'assemblée sur la problématique des parkings poids sur l'ensemble de l'agglomération. Le conseiller d'Agir ensemble pour Dijon Métropole demande la réalisation de plusieurs parkings pouvant accueillir une vingtaine de camions et dotés de toilettes ainsi que de douches. Stéphane Chevalier souligne aussi «l'état de vétusté de la voirie dans le sud dijonnais et la multiplication des décharges sauvages» sans oublier le fait qu'il n'y a «pas assez de transports en commun dans les zones d'activités».

La réponse viendra des élus de Longvic. Le maire José Almeida explique que «des actions ont été menées» comme des stations essence proposant des services à destination des routiers ou encore l'identification de sites de parking. Concernant la zone de Beauregard, là aussi des services seront proposés ; de nouveaux hôtels et de nouveaux restaurants seront «à destination de tous». Selon José Almeida, «créer des parkings poids lourds relève davantage du secteur privé que des compétences de la Métropole».

Première adjointe au maire de Longvic et conseillère départementale d'opposition, Céline Tonot rappelle que certaines voiries des secteurs mentionnés par Stéphane Chevalier relevaient du Département alors que, selon elle, «rien n'a été fait».

Dijon Métropole s'oppose à la fusion Suez-Veolia


Le conseil métropolitain se termine dans un beau moment de syncrétisme entre socialistes et libéraux. Constatant que le vice-président Antoine Hoareau et l'opposant Laurent Bourguignat avaient tous les deux déposés dans des termes proches un vœu pour regretter le projet de rachat de Suez par Veolia, François Resbamen propose de fusionner leurs textes.

En direct, le socialiste et le Républicain procèdent donc à des couper-coller de paragraphes pour établir un vœu commun avec comme préoccupations le soutien aux personnels de Suez, la préservation de l'environnement et le prix de l'eau. La nouvelle motion est ainsi votée à l'unanimité.

Le dernier vœu a été transmis hors délai par Thierry Falconnet qui reprend la tribune de l'association de maires Ville & Banlieue sur l'«urgence sociale» consécutive à la crise sanitaire et la demande d'utiliser 1% des 100 milliards de France Relance pour «les territoires en décrochage» (lire le communiqué). Néanmoins, l'assemblée accepte d'examiner le vœu pour l'approuver à l'unanimité. «J'espère que le président de la République vous entendra» lance François Rebsamen en clôturant la session métropolitaine.

Jean-Christophe Tardivon

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Les principales informations du conseil métropolitain du 19 novembre