
Ce jeudi 24 septembre, à Dijon, François Rebsamen, président de la collectivité, a annoncé que le nom de l'ancien sénateur sera ainsi associé à «une grande figure de l'humanisme européen», de façon à «rendre hommage à un acteur essentiel de la transformation de Dijon et de son agglomération».
En début de session du conseil métropolitain (
lire notre article), ce jeudi 24 septembre 2026, à Dijon, François Resbamen (PS, FP), président de la collectivité, a rendu hommage à François Patriat, décédé le 19 août dernier alors qu'il était sénateur de la Côte-d'Or. Ses obsèques ont eu lieu, le 25 août dernier, en présence du président de la République (
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À la suite d'une décision unanime des 23 maires des communes de la Métropole de Dijon, le responsable de l'exécutif a annoncé que l'arrêt «Érasme», du nom du philosophe des Pays-Bas bourguignons (c.1466-1536), sera prochainement rebaptisé «Érasme-François Patriat». Il s'agit d'un des trois arrêts de la ligne T1 qui desservent le campus universitaire, allant des résidences près des Péjoces jusqu'au CHU Dijon Bourgogne.
«Rendre hommage à un acteur essentiel de la transformation de Dijon et de son agglomération»
«Par cette dénomination, notre métropole souhaite rendre hommage à un grand serviteur de la République, un homme profondément attaché à la Bourgogne et à la Côte-d'Or, mais aussi un acteur essentiel de la transformation de Dijon et de son agglomération», a expliqué François Resbamen.
«Pour moi, cet hommage possède naturellement une dimension plus personnelle», a-t-il souligné alors que François Patriat a été longtemps un adhérent du Parti socialiste, «pendant plus de 40 ans, nous avons partagé des combats, des responsabilités, des victoires et des épreuves». «Nous avons parfois connu des désaccords mais jamais le respect, la confiance et l'affection qui nous unissaient ne se sont altérés.»
«Député, maire, ministre, président du conseil régional de Bourgogne, sénateur de la Côte-d'Or»
«François Patriat était un homme de fidélité et de conviction», a poursuivi l'élu social-démocrate, «il aimait profondément la Bourgogne ; il en connaissait les villages, les forêts, les contes et les vignes. Il connaissait les femmes et les hommes qui la font vivre. Il n'a jamais oublié le nombre rural parce qu'il savait ce que notre pays doit à ses territoires, à celles et à ceux qui les cultivent, les protègent et les transmettent.»
«Député, maire, ministre, président du conseil régional de Bourgogne, sénateur de la Côte-d'Or puis président de groupe au Sénat, il a consacré plus d'un demi-siècle au service de la République», a enchaîné le président de la Métropole de Dijon. «Dans une époque souvent dominée par l'immédiateté, il incarnait le temps long, la constance et la fidélité à la parole donnée. Ils savaient également faire preuve de liberté, d'audace et souvent de panache.»
«Lorsque Dijon et la Métropole avancent, c'est toute la Bourgogne qui progresse»
«Dijon et sa Métropole lui doivent beaucoup parce qu'il fut un des pionniers de l'intercommunalité. Dès 1992 et la première loi Administration territoriale de la République, il fut à l'origine, dans l'Auxois, d'une des toutes premières communautés de communes réunissant 25 communes rurales» a-t-il développé. «Il avait compris très tôt que la coopération entre les communes ne diminuait aucune d'entre elles, mais qu'elle leur permettait, au contraire, d'agir plus efficacement ensemble au service des habitants d'un même bassin de vie.»
En particulier, une fois président du conseil régional de Bourgogne, François Patriat a fait voter des financements pour contribuer à réaliser des infrastructures métropolitaines – notamment 40 millions d'euros pour le tramway – ou pour soutenir le développement d'institutions liées à la connaissance comme l'université de Bourgogne et le musée des Beaux-Arts de Dijon.
Le nom de François Patriat est associé à une «grande figure de l'humanisme européen»
«Nous partagions une conviction assez simple : lorsque Dijon et la Métropole avancent, c'est toute la Bourgogne qui progresse», a repris François Rebsamen, «il est donc particulièrement juste que son nom soit désormais associé à notre tramway». «[La station] relie son nom à deux ambitions auxquelles il était profondément attaché : la transmission du savoir et le progrès du territoire. Ce choix comporte aussi il faut dire un cadeau plus intime.»
«François Patriat était un lecteur attentif de Sénèque [NDLR : homme d’État romain et philosophe (c.-8-65)] dont il a apprécié la pensée et la sagesse qui invite à conjuguer la constance des convictions avec l'engagement de l'action», a précisé l'élu social-démocrate.
«Associer son nom à celui d'Érasme, grande figure de l'humanisme européen, c'est ainsi réunir deux références qui lui étaient proches : la confiance dans l'intelligence et la culture mais aussi l'exigence morale dans la conduite de la cité», a-t-il conclu. «Donner son nom à cette station, ce n'est pas absolument honorer sa mémoire, c'est inscrire dans notre espace commun le souvenir d'un engagement, d'une fidélité, et d'une certaine idée du service public, c'est permettre aux générations futures de rencontrer ce nom et de se demander tout simplement qui fut François Patriat, ce qu'il a accompli, ce qu'il a apporté à notre ville, à la Bourgogne et à la France.»
Après un hommage à Gérard Dupire, ancien adjoint au maire de Dijon, décédé le 24 juillet dernier (
lire le communiqué), dont le nom sera donné à la Piscine olympique, les élus métropolitains ont respecté une minute de silence.
Actualisé le 29 septembre 2026 :Durant la session, une délibération a bel et bien officialisé le nom donné à l'arrêt de tramway, à l'issue d'un vote à l'unanimité.
Jean-Christophe Tardivon






