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23/05/2020 20:26

DIJON MÉTROPOLE : Les enjeux métropolitains s'invitent dans l'élection du nouveau maire de Talant

Après son élection à la tête de la Ville de Talant, Fabian Ruinet est revenu sur ce coup de théâtre bien orchestré au sein de la droite talantaise. Il souhaite la fin de la «guerre» avec Dijon Métropole, préférant la «discussion» pour défendre les intérêts des habitants de la commune.
Ce samedi 23 mai 2020, Fabian Ruinet aura considérablement marqué le premier conseil municipal de Talant de la nouvelle mandature. Jusqu’ici numéro trois sur la liste conduite par Adrien Guené et victorieuse dès le premier tour des élections municipales, le voilà finalement nouveau maire de Talant suite à un scénario surprenant, en tout cas vu de l’extérieur.

Car en interne, Fabian Ruinet assure qu’il fallait rompre avec la politique de Gilbert Menut - dont il était l'adjoint aux finances dans la précédente mandature - et de la tête de liste devant lui succéder. De la politique considérée comme beaucoup trop politicienne selon lui.

«Il était inadmissible que ces masques n’aient pas été distribués»


Dans son premier discours de maire ce samedi en fin de matinée (retrouvez ses propos dans notre article en cliquant ici), Fabian Ruinet a abordé, entre autres, les relations avec Dijon Métropole. Un des points qui d’après lui a été l’un des déclics de sa candidature. C’est ce qu’il a confirmé plus en détails, ce samedi après-midi, entouré de son équipe à l’Hôtel de Ville.

«L’État a bugué sur les masques mais nous aussi on a bugué sur les masques… On s’est retrouvés à devoir gérer une problématique de masques. La décision de Gilbert Menut et d’Adrien Guené était de ne pas faire distribuer les masques achetés par la Métropole de Dijon. Notre équipe a voulu qu’on arrête la guerre avec le Grand Dijon. Notre équipe a considéré que quand on fait trop de politique, qu’on finit par tout mettre dans un cadre politique, on finit par régler des comptes, sur un problème sanitaire pour le coup. Ce n’était pas du tout notre conception des choses», justifie le maire pour expliquer sa stratégie concrétisée en conseil municipal.

Et il insiste : «Les Talantais et Talantaises ont ramé pour récupérer des masques et il était inadmissible que ces masques n’aient pas été distribués. Peu importe qui nous envoie les masques. Et la Métropole les a payés avec l’argent public. Si on ne les donne pas, on va finir par ne plus en avoir besoin. C’est une conception que nous n’avons pas. Qu’on arrête de mettre de la politique à toutes les sauces. La politique systématiquement pour régler des comptes, c’est non. On en fera, c’est aussi pour cela aussi que nous avons été élus mais l’approche sera constructive».

«La volonté de notre nouveau maire est bien de défendre des dossiers»


Fabian Ruinet poursuit sur cette approche : «La ligne politique, c’est celle de la discussion. D’’ailleurs, pour arriver à négocier 720.000 euros pour notre voirie, il faut bien discuter et Cyril Gaucher l’a fait. Ce sera d’ailleurs plus cohérent pour nous puisqu’il y avait Cyril Gaucher et deux voix dissonantes qu’étaient Gilbert Menut et Adrien Guené».

Cyril Gaucher abonde en ce sens : «Sans présager du résultat des élections dijonnaises, ce sera certainement le dernier mandat de François Rebsamen à la tête de la Métropole. On sera moins dans une logique politisée d’affrontement. La volonté de notre nouveau maire est bien de défendre des dossiers, en étant fermes pour défendre les intérêts des Talantais mais jamais clivants». Fabien Ruinet trouve par exemple que l’affrontement prôné par le précédent maire a fait que Talant n’a pas obtenu les fonds de concours pour l’Écrin, les fonds pour le parking, les bons contacts avec les bailleurs sociaux…

Au sein de l’assemblée métropolitaine, pour la majorité talantaise, le maire qui n’y siégera pas compte sur Cyril Gaucher et Stéphanie Grayot-Dirx, celle-ci demandant un délai de réflexion. Quant à Adrien Guené, sans doute sonné par le scénario du conseil municipal, et Noëlle Cambilard, surprise elle aussi par cette matinée, ils n'ont pas encore réagi officiellement au coup de théâtre. Le socialiste Stéphane Woynaroski, membre de l’opposition talantaise, siégera à la métropole.

Pour ce qui est de l'échelon local, Fabien Ruinet a présenté ce samedi matin une liste de huit adjoints, votée en assemblée. Si le maire a souhaité que LaREM, représentée par Nicolas Marin, soit à une place plus importante avec une délégation d'adjoint, «une main est tendue» selon lui à Edith Balestro du MoDem, qui ne sait pas encore quelle réponse donner à cette sollicitation en raison de la stratégie ayant «évincé» Adrien Guené.

Fabien Ruinet répète de son côté qu'il ne s'agit là pas d'un conflit de personnes mais bien d'une volonté de changer de méthode. «Les vestiaires de foot étaient-il si importants dans une période où les finances étaient à l'arrêt ? Est-ce normal de ne compter que deux policiers municipaux pour 12.000 habitants ? Les cantines scolaires sont fermées alors qu'elles sont aménageables dans cette période post-confinement»...

Tant de réflexions que l'équipe du nouveau maire - chef d'entreprise dans les stores et volets roulants à Chenôve, se présentant «LR/Agir», avec 70% d'élus sans étiquette à ses côtés - dit vouloir mettre en place par l'écoute.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

L'équipe de Fabian Ruinet


1ère adjointe : Sylvie Castella, déléguée aux personnes âgées et à la petite enfance.
2ème adjoint : Cyril Gaucher, délégué à l'aménagement du territoire.
3ème adjointe : Aurélie Roux-Jarlaud, déléguée aux sports.
4ème adjoint : Nicolas Marin, délégué aux affaires générales et à l'environnement.
5ème adjointe : Catherine Renosi, déléguée aux affaires scolaires.
6ème adjoint : Sébastien Perney, délégué à l'inclusivité.
7ème adjointe : Edith Balestro, déléguée à l'action sociale et à l'emploi.
8ème adjoint : Laurent Arnault, délégué à la culture.

Directeur de cabinet : Valentin Biletic.