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23/12/2020 05:52

DIJON MÉTROPOLE : Océane Charret-Godard ambitionne de «permettre à chacun de trouver sa place par un accompagnement individualisé vers l’emploi»

Le Plan local pour l’insertion et l’emploi sur le territoire de Dijon Métropole a dressé le 9 décembre le bilan de son protocole 2015-2019. Une manière aussi de réaffirmer les objectifs de ce PLIE devant redéfinir ses orientations pour les prochaines années.

Le PLIE a été créé en 1998 à l’initiative des communes de Dijon, Chenôve, Longvic, Quetigny et Talant dans le cadre de la loi relative à la lutte contre les exclusions. Son champ d’action a été élargi à toute la communauté d’agglomération en 2008. Doté d’un budget d’environ 1,2 million d'euros, il est financé par le Fonds Social Européen (FSE), Dijon Métropole, la Région Bourgogne-Franche-Comté, les communes de Dijon, Quetigny, Longvic, Chenôve, et le Département de la Côte-d’Or dans le cadre d’un protocole d’accord pluriannuel.

Ce dispositif, porté par Dijon Métropole, est un outil partenarial d’accompagnement vers l’emploi de publics fragiles, en réponse aux besoins économiques du territoire. En lien avec les entreprises et les acteurs de l’emploi, de la formation et de l’insertion, le PLIE dont la gestion est confiée à l’association Creativ’, le cluster emploi-compétences du bassin dijonnais, met en œuvre des solutions personnalisées voire innovantes pour que les habitants de la métropole les plus éloignés de l’emploi retrouvent un travail et pour que les entreprises parviennent à recruter les profils dont elles ont besoin.
Il est réservé aux personnes en difficulté et insuffisamment qualifiées : demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, personnes connaissant des situations sociales complexes (personnes seules avec enfants), confrontées à des problématiques de mobilité et de logement, sous mandat de justice ou bien en situation de handicap. Le dispositif les accompagne dans leurs démarches et leur propose des offres d’emplois, la mise en relation avec des réseaux d’entreprises, des ateliers thématiques et une formation professionnelle. Ce suivi peut durer jusqu’à 30 mois.

La dernière contractualisation du PLIE avec ses financeurs s’est arrêtée au 31 décembre 2019. L’année 2020 ayant été rythmée par la crise sanitaire, ce n’est qu’à l’issue de celle-ci que des nouvelles orientations s’annoncent. Elles seront posées sur la table au cours du premier semestre 2021, comme lignes directrices pour les prochaines années.

«Il faut renforcer ce qui fonctionne»


Le 9 décembre 2020, s’appuyant sur un bilan 2015-2019 «très positif», Océane Charret-Godard, conseillère métropolitaine déléguée à l’emploi, à l’insertion, à l’économie sociale et solidaire, en l'occurrence présidente de Créativ', parle d’«un dispositif exemplaire car il est éminemment partenarial. Il résulte également d'une volonté politique forte».

Pour l’élue dijonnaise et métropolitaine, tomber dans le cynisme de la crise serait se tromper. «L’enfermement dans le chômage, les difficultés des entreprises à recruter, le marché du travail tendu, ça existait avant. Un demandeur d’emploi sur deux est dans le chômage depuis plus de 12 mois, un sur quatre depuis plus de 24 mois. Il faut renforcer ce qui fonctionne. On peut aussi compter sur un territoire où la diversification des secteurs d’activité et l’attractivité aident».

Sur les chiffres du PLIE entre 2015 et 2019, Fabrice Rey, directeur de Créativ’, retient notamment que «plus de 4.000 contrats de travail ont été signés dans le secteur privé sur la période» et que le taux de sorties positives (CDD de plus de 6 mois par exemple) est à 50%.
«L’accès à l’emploi est bien notre priorité», souligne-il, en notant que, sur les 18 personnes oeuvrant dans le cadre du PLIE, 14 sont des conseillers répartis sur le territoire métropolitain. Sans oublier que la force partenariale évoquée permet des formations ou même des immersions en entreprise.

Depuis 1998 et la création du PLIE, plus de 12.000 personnes ont été accompagnées. Sur la période 2015-2019, «36 millions d’euros ont été injectés sur le territoire, dont plus de 3 millions d’euros par les collectivités et près de 2,9 millions d’euros par le FSE (Fonds social européen)».

Le sens de la démarche selon Océane Charret-Godard est de «permettre à chacune et chacun de trouver sa place par un accompagnement individualisé vers et dans l’emploi, en complémentarité avec les autres acteurs de l’emploi. Nous sommes là pour révéler les potentiels». Pour Pôle Emploi, Jean-François Locatelli ajoute : «Le PLIE est un outil complémentaire. Les résultats en matière de retour à l’emploi sont très bons».

Innovation et adaptation aux enjeux comme clés d’avenir


À l’approche de la définition des nouvelles orientations, l’élue métropolitaine assure : «Le PLIE a évolué, il innove, il s’adapte aux enjeux du territoire».
Pour répondre à l’enfermement dans le chômage, le défi est de mutualiser davantage les leviers tout en travaillant sur «une hybridation des compétences et des métiers». Insistant sur la prise en compte des problématiques autour de l’emploi (santé, mobilité), Fabrice Rey pose la question suivante tel un axe de travail à développer sur les prochaines années : «Le défi est d’apprendre en continu aujourd’hui. Comment on aide une personne à reprendre confiance en elle et à apprendre tout au long de sa vie ? C’est ça la vraie question». Avec la conviction que le savoir-être est une compétence à valoriser.

À l’entreprise PNA Services (peinture intérieure, ravalement) située à Longvic, Akan Ozturk a choisi de donner sa chance à Rémy Celik, alors âgé de plus de 50 ans et bénéficiaire du RSA lorsqu’il est entré en CDD dans l’entreprise. Aujourd’hui en CDI, c’est le binôme d’un jeune de 22 ans.
Une forme de passerelle est créé au sein de l’entreprise, mais son dirigeant ne cache pas que les difficultés de recrutement sont réelles et de plus en plus préoccupantes. Le challenge dans le cadre du PLIE est aussi de faire se conjuguer révélation de compétences et attentes des entreprises.

Quant au périmètre du PLIE, sachant que 50% des personnes inscrites dans ce dispositif sont bénéficiaires du RSA, Océane Charret-Godard «tend la main» à François Sauvadet, président du Conseil départementale de la Côte-d’Or, pour que le Plan soit élargi à toute la Côte-d’Or.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Le PLIE en chiffres : bilan du protocole 2015 – 2019


3 907 personnes accompagnées
16 mois : la durée moyenne de l’accompagnement
65 % de Dijonnais
50 % de femmes
29 % de personnes domiciliées sur les quartiers prioritaires (Grésilles et Fontaine d’Ouche à Dijon / Le Mail à Chenôve / Le Belvédère à Talant / Le Bief du Moulin à Longvic)
77 % de personnes faiblement qualifiées (infra CAP / BEP)
46 % de ces personnes ont connu une sortie durable vers l’emploi ou la formation qualifiante