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01/10/2021 03:29

DIJON MÉTROPOLE : Une recomposition de la gouvernance plus politique que cosmétique

Désignation de nouveaux vice-présidents et division de l'opposition ont marqué les aspects les plus politiques du conseil métropolitain de ce jeudi 30 septembre. Les débats se sont animés autour du conseil de développement finalement instauré par François Rebsamen.
Quelques changements politiques se sont glissés au sein de l'assemblée métropolitaine lors de la session de ce jeudi 30 septembre 2021. La désignation de nouvelles vice-présidences permet à François Rebsamen (PS) de souder la gouvernance autour de lui en renforçant le rôle de maires de petits communes.

De prime abord, les quelques modifications de délégations pourraient apparaître cosmétiques puisque consécutives à un seul départ. En filigrane, c'est une digue symbolique contre les aspects les plus radicaux de l'écologie politique qui se construit à quelques mois de l'élection présidentielle de 2022.


François Rebsamen attribue les vice-présidences réservées aux écologistes


Entre l'opposition dijonnaise de droite et du centre et la gouvernance de la Métropole, les écologistes apparaissent aujourd'hui cornerisés. À la suite des élections municipales qui avaient vu les écologistes partir en autonomie, François Rebsamen (PS) avait gardé de côté deux vice-présidences au cas où ses anciens alliés reviendraient à de meilleurs sentiments.

Ce jeudi soir, les fonctions ont été attribuées. François Rebsamen assure pourtant qu'il n'entérine pas de rupture avec les écologistes. Il garde la porte ouverte. Enfin, entr'ouverte. Si les écologistes n'avaient pas donné suite, c'est qu'ils trouvaient que les propositions de juin 2020 n'étaient pas à la hauteur des suffrages récoltés aux municipales dijonnaises. En amont du conseil métropolitain, le président a indiqué faire une nouvelle proposition aux écologistes, de facto moins intéressante que celle de juin 2020.

De leur côté, entre temps, les écologistes ont gagné deux sièges au conseil départemental de la Côte-d'Or et conclu un accord politique avec la socialiste Marie-Guite Dufay entre les deux tours de l'élection régionale conduisant à une «super vice-présidence» à l'intitulé à rallonge, occupée par Stéphanie Modde (absente ce jeudi soir à la Métropole). C'est dire si les écologistes risquent de ne pas se précipiter pour se faufiler par la porte entrebâillée.

Quatre nouveaux vice-présidents


Anciennement vice-président aux finances, José Almeida (PS) a quitté la Métropole (lire le communiqué). La fonction est reprise par Jean-Claude Girard (sans étiquette), maire d'Ouges (1.350 habitants), qui devient 13ème vice-président.

En cascade, Céline Tonot (PS), adjointe au maire de Longvic, devient 19ème vice-présidente à la commande publique et représentera la Métropole au syndicat mixte de l'aéroport Dijon-Bourgogne.

Nicolas Bourny (sans étiquette), maire de Magny-sur-Tille (860 habitants), devient 18ème vice-président à l'alliance des territoires. De plus, Nadjoua Belhadef (PS) devient 20ème vice-présidente en charge du conseil de prévention de la délinquance.

Par ailleurs, Laurent Gobet, maire de Fenay, est nommé délégué aux services publics auprès du vice-président Rémy Detang, Dominique Martin-Gendre (PS), élue dijonnaise, est nommée déléguée aux questions d'aménagement de voirie auprès de Thierry Falconnet.

Deux nouveaux conseillers métropolitains font leur entrée : Ludmila Monteiro (Modem), élue dijonnaise, et Jean-Marc Gonçalves (sans étiquette), élu longvicien. Ils remplacent respectivement Laurence Favier (PS) et José Almeida (PS). À noter que Ludmila Monteiro vient de l'ex Union Des Écologistes (UDE) et qu'elle fait ainsi partie des élus pouvant se revendiquer de l'écologie politique.

Le groupe d'opposition se divise en deux


Si les noms ne changent pas du côté de l'opposition, l'organisation est modifiée sans que cela ne change le rapport de force à l'encontre de la gouvernance. Tout comme au conseil municipal de Dijon, le groupe Agir ensemble pour Dijon Métropole se divise. En deux cette fois (lire notre article).

Emmanuel Bichot (LR) et Laurence Gerbet (Nouveau Centre) restent dans le groupe initial. Laurent Bourguignat (LR, Libres), Stéphane Chevalier (divers droite), Bruno David (LR), Caroline Jacquemard (LR), Céline Renaud (divers droite) et Claire Vuillemin (Agir) fondent Ensemble pour Dijon Métropole.

Il s'agit d'un groupe informel puisqu'il ne correspond pas au critère d'avoir des élus de trois communes différentes pour bénéficier de moyens de fonctionnement. Cependant, les dissidents ont bon espoir de fédérer d'autres élus métropolitains autour de leur démarche d'opposition constructive à François Rebsamen.

Toujours est-il que les représentants de l'ancien groupe comme du nouveau ont fait entendre leurs voix dans un climat apaisé au cours de cette session.

Débats autour du conseil de développement


À contre-cœur, marqué par le «fiasco» d'un premier dispositif en 2001, François Rebsamen met en place un conseil de développement au sein de Dijon Métropole. Il s'agit d'une obligation légale. Avec Montpellier, Dijon était une des deux Métropoles n'ayant pas encore procédé à l'installation de ce dispositif de démocratie participative.

Il sera en partie composé d'habitants tirés au sort ; la date de l'opération n'est pas encore fixée.

Durant les débats en session, Olivier Muller (EELV) ne manque pas d'évoquer le courrier adresser au préfet pour rappeler l'obligation de la collectivité (lire le communiqué). Considérant qu'un tel conseil constitue une «richesse démocratique», l'écologiste fait plusieurs propositions pour «gagner en représentativité démocratique». Elles seront repoussées par le président, notamment celle d'instaurer un budget spécifique.

De son côté, Laurent Bourguignat émet l'hypothèse d'un conseil de développement «fortement noyauté» du fait du nombre de personnalités nommées avec l'aval du président de la collectivité. Laurent Bourguignat demande à ce que les séances plénières soient publiques et que les conseillers exercent une activité dans l'une des communes de la métropole.

Devant les préventions de ces élus métropolitains, François Rebsamen lance que «ce n'est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de dictateur», citant le général de Gaulle. «Ne vous en faites pas, je ne composerai pas tout seul le conseil de développement», ajoute-t-il.

L'avenir du parking Trémouille-Marché en suspend


Au chapitre des mobilités, en amont de la session, François Rebsamen est revenu sur le dossier du parking Trémouille-Marché. Aux dernières nouvelles, le président de la Métropole et le président du Département étaient apparus tout sourire lors de la Fête de la République organisée par le préfet de la Côte-d'Or (lire notre article).

Ce jour-là, François Sauvadet a proposé à François Rebsamen de déjeuner pour aborder le sujet. Reste à fixer la date pour un repas composé – bien sûr – de produits du marché.

Jean-Christophe Tardivon

Les informations marquantes du conseil métropolitain du 30 septembre



























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