
Lors de la première réunion publique de la liste Dijon change d'ère, ce lundi 2 février, le candidat soutenu notamment par Les Écologistes et les communistes a promis de «construire une ville plus juste, plus verte et plus humaine»

L'équipe de la liste Dijon change d'ère a tenu sa première réunion publique dans le cadre de la campagne pour l'élection municipale dijonnaise, ce lundi 2 février 2026, dans une salle du gymnase Chambelland, dans le quartier Junot.
Devant plus de 70 personnes, dans une ambiance relativement joyeuse – avec des applaudissements surgissant régulièrement –, Michel Harberstrau (LE), numéro un de cette liste d'«union de la gauche et des écologistes», a présenté ses premiers colistiers et exposé les principales propositions avec des propos traduits en langue des signes.
Deux anciennes têtes de liste de 2020 sont sur la liste Dijon change d'ère
«À Dijon, en 2026, on est revenu au monde d'avant», lance
Stéphanie Modde (LE) pour faire le lien avec la campagne de 2020 qui s'était déroulée en pleine crise sanitaire, durant laquelle elle était tête de liste.
L'actuelle conseillère municipale d'opposition sortante et vice-présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté indique «poursuivre» son engagement d'alors avec des arguments similaires : «plus de nature en ville, plus de concertation vraiment avec les habitantes et les habitants».
Lui aussi était tête de liste en 2020, concurrent de l'oratrice précédente mais surtout opposant à François Rebasmen (alors PS, désormais FP), alors maire de Dijon.
Arnaud Guvenatam (ex-LFI, désormais LA) rappelle son implication pour «passer à la planification écologique, au développement des solidarité et mettre au cœur de la prise de décision auprès des Dijonnais la question sociale et citoyenne».
«Je crois à une société qui respecte le vivant»
«C'est mon premier discours», glisse Michel Haberstrau en héritant du micro. Le candidat met en avant ses «valeurs humanistes» – «je sais comment concilier écologie, économie et développement durable» – et son «engagement associatif» au sein de structures culturelles, sportives et humanitaires.
«Face aux injustices et aux discriminations, face à l'urgence écologique, il n'y a plus de temps pour l'immobilisme», proclame celui qui est militant écologiste depuis 2020. «Dijon est passée du statut de belle endormie à une dynamique de transformation à marche forcée»,analyse-t-il, «la machine s'est emballée».
«Le progrès de s'écrit pas dans les mètres cubes de béton ni les dérives technologiques», insiste l'orateur, «je crois en une société qui respecte le vivant, dans toutes sa diversité, et qui place l'humain au cœur de ses priorités».
«Chaque euro d'argent dépensé devra répondre à deux questions fondamentale», expose Michel Haberstrau, «quel est son impact environnemental ? Profite-t-il au plus grand nombre ?»
Le candidat indique que la liste est constituée avec des composantes réparties en trois tiers : des Écologistes – «dans la continuité de l'opposition à la mairie» –, des partenaires – Parti communiste français, L'Après, Générations – et des membres de la «société civile».
Olivier Muller revendique des «victoires» durant la mandature qui s'achève
Troisième de la liste,
Olivier Muller (LE), conseiller municipal d'opposition sortant, revendique «des victoires» au regard de l'action de l'exécutif durant la mandature : «le revirement du maire sur les Lentillères», «la préservation des berges du Suzon», «la création de quelques îlots de fraîcheur» ou encore «l'installation du conseil de développement de la Métropole».
«Ça ne compense pas tous le reste : des pistes cyclables dangereuses, des quartiers qui suffoquent chaque été, des projets immobiliers imposés à la population, une démocratie locale verrouillée, des familles qui peinent à se nourrir et à se loger dignement, des millions d'euros engloutis dans des projets coûteux et inutiles – la Cité de la gastro [sic] (…) et le projet hydrogène –», développe l'élu écologiste qui prône plutôt «une ville qui anticipe le dérèglement climatique».
Le colistier enchaîne en présentant la mesure sur le prix de l'eau : «l'idée est de rendre une douzaine de mètres cubes gratuits et de compenser par un paiement plus important pour les personnes qui consomment un peu plus d'eau».
Manon Léger propose «l'encadrement des loyers»
Deuxième de la liste,
Manon Léger (LE) est ingénieure en informatique qui travaille «sur les impacts ds technologies numériques sur la planète et sur la société» et se définit comme «une militante écolo du quotidien» ayant rejoint Les Écologistes «il y a quelques mois».
La colistière fustige «les promoteurs privés qui construisent sans forcément d'harmonisation» et considère comme «discutable» l'aménagement du quartier Arsenal.
«Le droit au logement n'est pas un luxe, le logement n'est pas une marchandise comme les autres», déclare la militante écologiste qui propose «l'encadrement des loyers» – en demandant à la préfecture de passer Dijon en zone tendue.
Marielle Gartner propose de «créer des parcs à moins de 5 minutes à pied pour chacun»
Marielle Gaertner (LE) est ingénieure en bâtiment et architecte, travaillant sur «la réhabilitation des bâtiments», adhérente des Écologistes et d'EVAD.
«En tant que cycliste, je peux vous dire que nous pouvons mieux partager l'espace public, sans entrer dans la caricature du rejet des voitures», déclare celle qui rêvé «de bâtiments dans des rues arborées et accessibles».
La militante écologiste propose donc d'«accélérer la végétalisation des écoles et d'aller sur les parvis» et de «créer des espaces sécurisés» pour que «les enfants puissent accéder de manière plus autonome à leurs écoles».
«On vit des canicules qui sont de plus en plus lourdes», enchaîne Marielle Gartner, «au centre-ville de Dijon, on mesure 6°C de plus que sur la proximité rurale de Dijon».
«Pour atténuer cet effet, il faut végétaliser massivement la ville avec de grands espaces», insiste la colistière figurant en dixième position avant de propose de «planter des arbres dans toutes les rues» et de «créer des parcs à moins de 5 minutes à pied pour chacun des Dijonnais et Dijonnaises».
Logements sociaux, plan vélo, tram depuis la Fontaine d'Ouche...
Après avoir rappelé avoir milité contre le projet immobilier Garden State,
Andrée Dejeu (ex-LFI, désormais LA), figurant en quatrième position, propose d'augmenter le parc locatif social sans préciser le niveau souhaité. Dijon compte actuellement plus de 20% de logements sociaux.
Sylvain Nocquard (LE) est président de l'association EVAD qui fait des plaidoyers autour de la pratique du vélo en ville. Pour autant, le colistier précise que «ce n'est pas l'association EVAD qui soutient la liste» puisque «deux têtes de listes sont adhérentes» et des membres sont «colistiers sur une troisième liste».
«Un plan vélo, ce n'est pas juste faire des schémas et ne pas les respecter en interdisant la circulation à vélo rue de la Liberté», tacle le militant associatif qui entend «considérer tout le monde» en vue de «faciliter la mobilité durable».
«Il y a encore des rues à Dijon qui ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite», s'insurge-t-il avant de proposer de «construire, dans chaque quartier, une ville accessible où la mobilité durable sera priorisée».
Indiquant être «arrivé du Niger en 2016», contribuer à une association d'aide à la scolarisation et vivre dans le quartier de la Fontaine d'Ouche, Abdoulaye Moussa (sans étiquette) – soutien de la liste sans être colistier – suggère de créer une ligne de tram allant de ce quartier jusqu'aux allées du Parc en passant par le centre-ville.
Michel Haberstrau précise effectivement qu'il «remet en cause» le projet de troisième ligne de tramway porté par l'exécutif métropolitain sortant.
Mesures de gratuité des bus et tram, développement économique, «sécurité sociale de l'alimentation»...
Militant communiste depuis «pas très longtemps»,
Louis Buffet (PCF) conteste «les prix excessifs» des abonnements au réseau Divia et propose la gratuité des transports en commun pour les moins de 26 ans, les personnes à mobilité réduire et les allocataires de minimas sociaux. «C'est compliqué mais faisable», assure-t-il.
Celui qui figure en neuvième position critique «les aides aux entreprises données à tort et à travers» entend conditionner l'accompagnement du développement économique. Les bénéficiaires devraient «créer de l'emploi», «respecter des critères sociaux et environnementaux» et «rester implantés sur le territoire».
Marie Hegly (sans étiquette) travaille sur «l'adaptation des systèmes alimentaires au changement climatique» et défend le «bien-manger». La colistière propose donc d'instaurer une «sécurité sociale de l'alimentation» assortie d'un «comité citoyen» et de «groupements d'achats de produits alimentaires durables».
De plus, Michel Haberstrau envisage d'«éviter» l'installation de commerce de restauration rapide.
Délégation de services publics, financement des associations, entretien des équipements sportifs...
Arnaud Guvenatam rappelle alors ses démarches, effectuées il y a quelques années, pour obtenir des documents administratifs ayant trait à la gestion de l'eau et à sa tarification.
Le militant écosocialiste, figurant en septième position, prône de «remunicipaliser les services publics» en vue notamment de «faire baisser le prix de l'eau». «C'est quelque qu'on peut planifier sur un mandat. (…) C'est une question de citoyenneté, une question sociale, une question environnementale.»
Marie Chaufour (GS) revendique «un travail à mener avec les associations culturelles, sportives, solidaires et sociale» et propose de porter la part des subventions à «10% du budget municipal» pour «retisser du lien social».
Retraitée de la fonction publique hospitalière,
Tata Ouarag (PCF), huitième de la liste, propose «un plan de rénovation» des équipements sportifs de proximité.
Bruno Léon milite pour une «politique globale» de sécurité
«La sécurité va être mise dans tous les débats», semble déplorer
Bruno Léon (GS) au moment d'aborder le sujet de la tranquillité publique. Le militant écosocialiste critique «l'approche très traditionnelle de Monsieur Coudert [NDLR : tête de liste du Rassemblement dijonnais], avec le RN, de Monsieur Bichot [NDLR : tête de liste d'Agir pour Dijon], l'alliance des droites soutenue par Zemmour», car «en règle générale, c'est police, police, police ; c'est une façon un peu étriquée de voir les choses».
Le colistier figurant en cinquième position propose donc de «mettre en place un dispositif municipal permanent de médiation et de prévention dans l'espace public» dans le cadre d'une «politique globale» au «spectre large qui passe par la prévention, malheureusement, quand c'est nécessaire, par la police et par la justice, mais qui va au bout des choses».
Claire Loussel prône «la budgétisation sensible au genre»
Professeure de français et «fan des conventions citoyennes»,
Claire Loussel reprend les préconisations d'Oxfam sur le féminisme – publiées prochainement – en citant en premier «la budgétisation sensible au genre» – «une décision qui favorise ou pas un genre».
La colistière figurant en sixième position souhaite «introduire des égaconditionnalités dans les subventions et les appels d'offres» – «il faut que l'entreprise respecte la parité ou fasse des actions en faveur des femmes» –, «garantir l'égalité professionnelle au sein de la mairie» – avec notamment des «congés menstruels» –, «adopter une approche intersectionnelle pour mieux répondre aux discriminations croisées qui touchent les femmes et les personnes LGBTQIA+», «augmenter le financement des associations féministes et celles qui luttent contre les violences faites aux femmes», «créer un statut municipal de parent isolé» ou encore «lutter contre la précarité menstruelle».
Petite enfance, restauration scolaire, démocratie participative, baux commerciaux...
«Je crains que la municipalité sortante reste au pouvoir ne profite de la baisse de la démographie pour supprimer des postes et avoir des taux d'encadrement toujours les mêmes», intervient
Catherine Hervieu (LE), députée de la Côte-d'Or et ancienne conseillère municipale d'opposition, à propos des conditions d'accueil des enfants.
Au contraire, l'élue écologiste souhaite «profiter de la baisse de la démographie» pour développer «les personnels des crèches et les personnels d'accueil dans les maternelles».
Par ailleurs, la colistière, figurant en 58ème position, regrette que la Ville de Dijon n'ait pas répondu à une enquête Agir pour l'environnement sur la part du bio dans la restauration scolaire.
«Ce n'est pas une ville qui est intelligente, ce sont les citoyens et les citoyennes», lance Stéphanie Modde au sujet de la démocratie participative. «Discuter urbanisme avec 50 ou 100 personnes, ce n'est pas évident, ça peut être un peu musclé mais ça s'appelle le vivre-ensemble, ça s'appelle partager quelque chose». «C'est à ce prix qu'on arrivera à sauver notre démocratie.»
Au passage, la vice-présidente défend le résultat de la convention citoyenne de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Gérant d'un restaurant dijonnais,
Antoine Barré-Foncelle (LE) appelle à «un meilleur contrôle des baux commerciaux au niveau national» et à «préempter les locaux» et «consulter les commerçants» au niveau local.
Par ailleurs, le colistier, figurant symboliquement en 59ème position, demande «un plus grand pouvoir de contrôle sur les installations qui permettent le blanchiment d'argent».
«Nous construirons demain une ville plus juste, plus verte et plus humaine»
«Dijon mérite une nouvelle ambition», clame Michel Haberstrau qui considère que «la majorité sortante s'est éloignée de ses engagements». Le candidat critique ainsi l'alliance «PS-Modem» avec «un colistier, Monsieur Rebsamen [NDLR : président de la Métropole de Dijon sortant], qui se présente toujours pour être président de l'agglo».
Loin de «l'alliance allant d'Olivier Faure à Bruno Retailleau», le militant écologiste invoque «l'esprit du Nouveau Front populaire» pour appeler à «sortir les services publics de la logique marchande», «redonner du pouvoir d'achat et de la dignité à chacune et à chacun», «reprendre la main sur l'urbanisation et le logement», «stopper la spéculation», «protéger le vivant» et «mettre fin aux projets imposés d'en haut».
L'orateur conclut sur une note positive en prônant de «retisser la ville», «désenclaver les quartiers oubliés», «investir dans les mobilités, la santé et les services de proximité», de «réparer et rafraîchir Dijon en faisant enfin confiance à l'intelligence collective». Et de conclure : «nous construirons demain une ville plus juste, plus verte et plus humaine».
Longuement applaudi, le candidat, après deux heures de réunion, a alors proposé de partager un temps de convivialité autour d'un buffet.
Jean-Christophe Tardivon




























