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21/11/2020 15:10

DIJON : «Monsieur Macron a fait un réel amalgame entre l’instruction en famille et les écoles illégales»

Des familles bourguignonnes se sont réunies ce vendredi 20 novembre pour défendre la liberté d’enseignement. En réponse à la remise en cause de l’instruction en famille dans le projet de loi contre le séparatisme, les défenseurs de l’IEF se réfèrent à «la constitution du pays des droits de l’Homme».

Ce vendredi 20 novembre n’avait pas été choisi par hasard pour la manifestation pour la défense de l’instruction en famille (appelée aussi «école à la maison»). Ce jour était la journée mondiale des Droits de l’enfant. L’appel à manifester lancé par les familles bourguignonnes pratiquant l’IEF insistait sur le fait que le droit de la liberté d’enseignement est constitutionnel (lire le communiqué).

«Le droit de choisir»


Vendredi en début d’après-midi donc, c’est place de la République que les familles défendant l’IEF se sont rassemblées. «C’est important de manifester pour défendre la liberté, le droit de choisir. C’est un droit constitutionnel et c’est aussi pour nos enfants, pour qu’ils aient la liberté de choisir leur instruction», nous a dit Marc.
Papa de deux enfants, un garçon de 16 ans scolarisé depuis tout petit et une fille de 8 ans en IEF dès la moyenne section de maternelle - soit la deuxième année d’école pour donner un ordre d’idée -, il ajoute : «On n’est pas là pour dire qu’on est contre l’école. On a senti à un moment donné que l’école n’est peut-être pas faite ou adaptée pour notre fille. On a découvert que l’IEF lui a permis de s’épanouir beaucoup plus, d’être plus libre dans ses choix et donc on a continué sur ce chemin-là».

«On veut protéger ce droit qui fait partie de notre constitution. La France se veut être le pays des droits de l’Homme. Aujourd’hui on demande à la France d’être le pays des droits de l’enfant et de lui laisser cette possibilité d’être instruit différemment», a souligné quant à elle Éloïse, dont les deux enfants en âge d’être instruits ont été scolarisés en école privée sous contrat avant de connaître une école Montessori hors contrat puis de suivre, pour la première année, l’IEF.
Pour Éloïse, le cadre et le rythme à la maison leur sont bénéfiques : «On voit là où il y a des difficultés, ou des facilités. Ça permet de vraiment prendre le temps sur des questions, ou de respecter leur rythme et de faire en sorte qu’ils ne s’ennuient pas sur d’autres cours». En permettant aux parents eux-mêmes de prévenir et de gérer les traumatismes, les handicaps et les éventuelles phobies scolaires, l’IEF garantit «l’égalité des chances face à l’enseignement» selon cette maman.

«L’amalgame de Monsieur Macron»


Remise en cause dans l’annonce du projet de loi contre le séparatisme sachant que le gouvernement souhaite rendre l’instruction obligatoire à l’école en 2021 (sauf impératifs de santé contraires), Éloïse retient une maladresse à corriger : «Monsieur Macron a fait un réel amalgame entre l’instruction en famille et les écoles illégales… Ce n’est pas du tout la même chose. Un enfant instruit en famille est déclaré auprès de sa mairie, auprès de l’inspection académique, il est contrôlé par ces deux institutions pour vérifier qu’il y a une réelle instruction et un progrès. Ce sont les enfants des écoles illégales qu’il faut sauver. Nos enfants ne sont pas dans la nature. Malheureusement, beaucoup de parents ne connaissent pas l’IEF et peuvent faire cet amalgame. Qu’ils soient avec nous et qu’ils comprennent notre volonté de conserver ce droit. On ne juge pas les parents dont les enfants sont scolarisés. Selon nous, on les a accompagnés dans leurs premiers pas, leurs premiers mots, on a juste envie de continuer à les accompagner dans l’instruction. Ça ne les empêchera pas de devenir de bons citoyens».

Symboliquement, le cortège d’une centaine de personnes - ayant mêlé parents, enfants et adolescents dans une ambiance festive - s’est engagé en milieu d’après-midi sur le boulevard Clémenceau pour finir par rejoindre le parvis du rectorat avenue Marbotte. Encadré par la Police nationale, le défilé a occasionné un ralentissement des tramways mais pas de coupure de la circulation.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier