
En saluant les ex-otages Cécile Kohler et Jacques Paris, la maire de Dijon a rappelé, ce lundi 20 avril, que «l'Iran réprime les activités syndicales et viole les droits des travailleurs». Localement, la socialiste a vanté «un dialogue social exigeant et constructif» mené avec les agents municipaux.

Le 26ème congrès national de Force ouvrière s'est ouvert, ce lundi 20 avril 2026, au parc des expositions de Dijon. Jusqu'au 24 avril, près de 4.000 délégués syndicaux sont attendus.
Près de 200 militants de toute la Bourgogne-Franche-Comté se sont mobilisés pour participer à l'organisation de l'événement. Une partie des supports matériels issus du précédent congrès ont été mis à disposition par l'union départementale de Seine-Maritime.
Le représentant côte-d'orien rappelle les «combats ouvriers» pour la Sécurité sociale et les retraites
Jean-Pierre de Oliveira, secrétaire général de l'union départementale de la Côte-d'Or, débute son propos en saluant la mémoire des militants récemment disparus puis enchaîne tout particulièrement avec la défense de la Sécurité sociale qui permet, après «tant de combats ouvriers», de «se faire soigner avec la carte verte et non avec la carte bleue».
L'orateur poursuit avec le «combat pour les retraites», renouvelant sa critique du Plan Juppé de 1996 à partir d'arguments issus de débats de 1895 et de 1945.
«Nous sommes libres et indépendants, libres et indépendants nous resterons», conclut-il au regard d'éventuelles influences politiques.
Un «grand rendez-vous de démocratie syndicale»
«J'ai appris qu'à FO, le soleil ne se couchait jamais», glisse Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, en saluant les participants dont ceux des délégations étrangères.
«Vous qui faites vivre le militantisme syndical et qui œuvrez à la paix par la justice sociale, comme l'affirme le slogan choisi pour ce congrès, malgré un ordre du jour que je sais très chargé, j'espère que vous aurez le temps de profiter de notre belle cité des ducs, de sa culture, de son patrimoine et de sa douceur de vivre», développe-t-elle au sujet de l'enjeu des congrès pour l'attractivité dijonnaise.
Nathalie Koenders salue Cécile Kohler et Jaques Paris
«Dijon est fière d'accueillir ce grand rendez-vous de démocratie syndicale, ce temps fort de débats et de réflexions collectives et de convivialité aussi», poursuit la première édile avant de saluer Cécile Kohler et Jacques Paris, ex-otages en Iran, rentrés en France le 7 avril dernier, et membres de la fédération nationale de l'enseignement, de la culture et de la formation professionnelle de FO.
«Cette répression féroce dont vous avez été les victimes et les rescapés s'abat sur celles et ceux qui tentent, sous le joug de la République islamique, d'exprimer leurs idées, d'obtenir des droits pourtant fondamentaux», déclare la socialiste, «nos pensées et notre soutien accompagnent nos amis iraniens, pris en étau entre un pouvoir toujours aussi répressif et la guerre déclenchée par les États-Unis et l'Israël».
«Le modèle social français porte l'empreinte de l'engagement constant des organisations syndicales»
«Alors que l'Iran, et tant d'autres régimes autoritaires à travers le globe, réprime les activités syndicales et viole les droits des travailleurs, l'inquiétude ne peut que nous étreindre à la lecture de l'édition 2025 de l'indice [de la Confédération syndicale internationale] des droits dans le monde», précise l'oratrice. «Les conclusions de l'étude mettent en évidence, je cite ''une profonde aggravation de la crise mondiale pour les travailleurs et les syndicats et des violations du droit de grève et du droit d'enregistrer un syndicat qui atteignent des niveaux records''».
«Cet état des lieux alarmant nous rappelle que l'engagement syndical dépasse la défense des intérêts professionnels et qu'il s'inscrit dans un combat universel en faveur des droits humains», insiste la socialiste, «c'est bien là toute la puissance du syndicalisme, force vive de notre société, pilier de notre démocratie». «Du droit de grève à l'instauration d'un salaire minimum, de la cinquième semaine de congés payés à l'assurance-chômage, les grandes conquêtes qui structurent, aujourd'hui, le modèle social français porte l'empreinte de l'engagement constant des organisations syndicales. Par votre vigilance et votre capacité de mobilisation, vous êtes les garants d'un équilibre essentiel entre progrès économique et justice sociale.»
La maire de Dijon rend hommage aux agents municipaux
«Avec Force ouvrière, comme avec l'ensemble des organisations représentatives des agents municipaux, nous nous attachons à nourrir un dialogue social exigeant et constructif pour favoriser les conditions d'un emploi motivant, enrichissant et stimulant pour que la vie professionnelle ne soit pas quelque chose de subit, d'éprouvant mais plutôt un moteur, un facteur d'épanouissement et d'émancipation», déclare alors la maire de Dijon au sujet des conditions de travail du personne municipal.
«L'avenir de notre société dépendra de notre capacité à favoriser le bien-être des travailleurs et à insuffler toujours plus de sens dans l'activité professionnelle», ajoute-t-elle avant de saluer «celles et ceux qui, à Dijon, assurent la continuité d'un service public de qualité et incarnent aussi auprès des habitants les valeurs de la République».
Dans la foulée, Frédéric Souillot, secrétaire général de Force ouvrière, prend la parole pour, lui aussi, faire applaudir chaleureusement Cécile Kohler et Jacques Paris – «nous ne les avons jamais oubliés ; nous sommes intervenus dans nous devions le faire, à tous niveaux et en toute humilité» – avant de développer son propos sur la situation syndicale dans un discours fleuve.
Jean-Christophe Tardivon




















