
La présentation de la réalité du budget 2025 a constitué le principal dossier du conseil municipal du 22 juin dernier. Toutefois, des sujets d'actualité se sont invités au gré des débats : rénovation des écoles, présentation du kit de fournitures scolaires, prévention des violences sexuelles sur enfants durant les temps périscolaires et restriction des locations de type Airbnb.

De nombreux dossiers étaient à l'ordre du jour du troisième conseil municipal de la mandature, le 22 juin 2026, à Dijon. En marge de la session, Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon, a revendiqué «un conseil municipal tourné vers l'action avec des engagements qui deviennent des réalisations» et défendu «une méthode, celle de la proximité».
Débutée en milieu d'après-midi, la session s'est déroulée en pleine vague de chaleur. Si des éventails et de l'eau ont été mis à disposition des participants, seuls quelques ventilateurs brassaient l'air chaud et humide de la salle de Flore aux volets refermés. La socialiste n'a pas écarté l'éventuelle installation de «système de climatisation» dans cette salle car «il faut qu'on s'adapte au climat qui évolue».
Des propos injurieux d'une colistière d'Emmanuel Bichot à l'encontre de Nathalie Koenders et François Rebsamen
La maire de Dijon a ouvert le conseil en demandant la protection fonctionnelle pour diffamation publique, s'estimant victime d'un message injurieux initialement diffusé, le 21 juin dernier, sur Facebook par Christine Sondon, colistière d'Emmanuel Bichot (LR, AD) durant la campagne des municipales.
Pour ne pas déposer une plainte, Nathalie Koenders a demandé que des excuses soient présentées, que le post soit retiré et que les médias ayant repris le propos reproduisent dans les mêmes conditions les excuses en question. Selon nos informations, Christine Sondon s'est rapidement exécutée.
Dans la foulée, François Rebsamen (PS, FP), conseiller municipal et président de la Métropole de Dijon, lui aussi ciblé dans le post, a signalé faire une démarche similaire : «il s'agit d'injure publique dont les conséquences sont très graves».
La protection fonctionnelle est largement adoptée, les membres du groupe présidé par Emmanuel Bichot s'abstenant ou ne participant pas au vote.
Contestation des fermetures de classes à la rentrée 2026
«Bien sûr qu'il y a une baisse démographique, bien sûr qu'il ne faut pas opposer le rural à l'urbain mais, aujourd'hui, la Ville de Dijon va payer beaucoup pour les fermetures de nombreuses classes», a déclaré Nathalie Koenders au sujet de la démographie scolaire dans un contexte où la baisse du nombre d'élèves s'accroît dans les écoles dijonnaises (
lire notre article).
Après une présentation de Franck Lehenoff (PS), la première édile a donc fait adopter à l'unanimité un vœu contestant les mesures de la carte scolaire du rectorat de l'académie de Dijon. En particulier, la municipalité demande de participer à l'expérimentation du dialogue pluriannuel proposée par l’Éducation nationale.
À l'issue des mesures du 29 juin, le bilan net est de 12 fermetures, 5 fermetures provisoires, 4 ouvertures et 3 ouvertures provisoires (
lire le communiqué).
Laurence Gerbet demande que «les investissements dans les écoles soient amplifiés»
«Les vagues de chaleur ne sont pas une nouveauté et seront de plus en plus fréquentes», a glissé Laurence Gerbet (NC) à propos des sujets scolaires.
L'opposante a demandé que «les investissements dans les écoles soient amplifiés par rapport à votre plan Ambition 2030 qui n'est pas à la hauteur des enjeux par rapport à l'état du patrimoine scolaire».
«À l'heure où le respect de l'autorité est en voie de disparition, la tâche se complique encore pour les professeurs qui devront encadrer des classes de plus en plus nombreuses et gérer des situations de plus en plus complexe», a abondé Mélanie Fortier (RN), conseiller municipale et conseillère régionale, «les écoles maternelles et primaires ne doivent pas être considérées comme des marges de manœuvre budgétaires».
«Les équilibres naturels se fragilisent et la biodiversité est menacée»
Pour traiter de la biodiversité, l'exécutif municipal a retenu l'appellation de «patrimoine vivant» qui peut prêter à confusion puisqu'il existe un label d’État Entreprise du patrimoine vivant qui «distingue des entreprises françaises artisanales et industrielles aux savoir-faire rares et d'exception». C'est ainsi le cas de la fabrique dijonnaise de pains d'épices Mulot et Petitjean.
Toujours est-il que Nathalie Koenders a revendiqué «une ambition forte pour la Ville de Dijon» au travers de cette délibération vue comme «une des premières grandes orientations du nouveau mandat».
«Le dérèglement climatique n'est pas une réalité lointaine», a considéré la maire de Dijon, «les épisodes de chaleur sont plus fréquents, plus longs, plus intenses». «La question de l'eau est également cruciale et l'on voit que certaines espèces végétales souffrent. Il y a des arbres qui dépérissent. Les équilibres naturels se fragilisent et la biodiversité est menacée.»
En fonction de quoi, la socialiste a endossé la responsabilité de «lutter contre le réchauffement climatique» et de s'emparer de «l'adaptation» au changement climatique.
«La nature en ville, ce n'est pas simplement un décor, elle est devenue essentielle à la ville de demain» a poursuivi la première édile pour exposer la délibération-cadre présentée par Karine Savina (GE). «Les arbres apportent de l'ombre et de la fraîcheur. Les sols vivants absorbent l'eau de pluie et limitent aussi les effets de fortes chaleurs. La biodiversité participe à l'équilibre de nos écosystèmes urbains. Tout cela contribue directement à la qualité de vie de nos habitants.»
Henri-Bénigne de Vregille pointe des «actions déjà existantes»
Tout en saluant «un objectif consensuel», Henri-Bénigne de Vregille (HOR) a pointé «les nombreuses formules relativement creuses et délayées» de la délibération.
«Il s'agit d'une volonté de mise en relation d'actions déjà existantes», a analysé l'opposant qui considère que «la bétonnisation qui demeure à l’œuvre dans Dijon est en complet décalage avec les axes principaux : faire respirer la ville et verdir le cadre de vie. (…) Pour parvenir à donner une véritable consistance à ces objectifs, il faut passer par un nouveau plan local d'urbanisme».
«Ce rapport va dans le bon sens», selon Thierry Coudert (UDR) qui a néanmoins demandé «une pause réelle dans l'urbanisation de la ville et de la métropole» et «un moratoire sur les grands projets structurants».
«On va construire différemment», assure Nathalie Koenders
«L'urbanisme relève de la Métropole», a régit la maire de Dijon, «je lancerai des Assises de l'architecture et de l'urbanisme avant de modifier ou de réviser le PLU». «Quoiqu'il arrive, on a besoin de logements, on va construire différemment.»
François Rebsamen a enchaîné en signalant «un taux de densification très bas par rapport aux autres villes» avec environ 4.000 habitants par km². «Avoir un toit, c'est le premier des droits.»
«Le plan local d'urbanisme a pour vocation de respecter l'identité des quartiers», a insisté Antoine Hoareau (PS) en défendant l'aspect «vertueux» du PLUi-HD notamment concernant l'infiltration de l'eau dans les sols des parcelles où sont édifiés de nouveaux bâtiments.
La délibération a été adoptée, les membres du groupe d'Emmanuel Bichot s'étant abstenus.
La Ville de Dijon mettra en œuvre trois des huit recommandations de la CRC
Le 7 juillet 2025, Nathalie Koenders avait présenté le rapport de la chambre régionale des comptes de Bourgogne-Franche-Comté sur la gestion de la Ville de Dijon durant la période 2018-2024 (
lire notre article).
Parmi les huit recommandations faites par la CRC, l'exécutif dijonnais entend répondre à trois d'entre elles : un plan pluriannuel d'investissement qui sera présenté au moment du débat d'orientations budgétaires 2027, la constitution de provisions en cas de contentieux et la mise en place d'un plan de contrôle des régies municipales.
L'opposant Axel Sibert (LR) a réagi en voyant là un «refus d'obtempérer face aux magistrats financiers».
Révision du règlement intérieur
La maire de Dijon a proposé une révision du règlement intérieur qui prévoit notamment d'inclure la possibilité de recourir au vote électronique et de supprimer les moyens financiers des groupes politiques créées six mois avant l'élection municipale.
Pour sa part, Emmanuel Bichot (LR, AD), président du groupe d'opposition Agir pour Dijon, droite, centre et indépendants, a critiqué un texte qui «laisse peu de place au pluralisme démocratique» avec «une gestion très encadrée des débats».
«Vous auriez pu bosser avant, il n'y a que deux modifications», a réagi Nathalie Koenders qui a consenti à ajouter l'«équité» des temps de parole des différents groupes dans le texte.
Le règlement est adopté malgré l'opposition du groupe d'Emmanuel Bichot.
François Deseille revendique une «gestion saine, rigoureuse et humaine»
La séquence budgétaire a été présentée par François Deseille (Modem) qui s'est félicité d'une «bonne gestion» malgré l'environnement économique. En particulier, l'adjoint aux finances a vu dans le compte administratif 2025 le résultat d'une «gestion saine, rigoureuse et humaine».
L'exécution du budget 2025 révèle 38,6 millions d'euros d'épargne brute, 50 millions d'euros d'investissement, 90,7 millions d'euros de dette (contre 100,5 millions d'euros fin 2024) et une capacité de désendettement de 2,4 années.
Par rapport au budget primitif (
lire notre article), les dépenses de fonctionnement augmentent de 0,49% et les recettes de fonctionnement de 1,75% en raison notamment du FPIC qui a apporté 2,2 millions d'euros et une augmentation des «frais de notaire».
Au passage, François Deseille – soutien d'Emmanuel Macron – a rappelé la «congélation» des dotations globales de fonctionnement du temps de François Hollande et a insisté sur l'augmentation de la DGF de 730.000 en 2025, une hausse pour «la huitième année consécutive».
Forte baisse des investissements en 2025 par rapport à 2024
Par rapport au compte administratif de 2024 (
lire notre article), les dépenses de fonctionnement augmentent de 0,8 % (en particulier, les charges de personnels s'accroissent de 1,85%, soit plus que l'inflation qui était de 0,9% en 2025), les recettes de fonctionnement de 2,4%. Les dépenses d'investissement diminuent de 9%, les recettes d'investissement de 18,4%.
En particulier, le budget primitif prévoyait des dépenses d'équipement à hauteur de 57,3 millions d'euros – déjà en baisse par rapport à 2024 –, l'atterrissage se situe donc à 50 millions d'euros (contre 60,9 millions d'euros constatés au compte administratif 2024).
Le taux de réalisation des dépenses d'équipement atteint 72% malgré un reste à réaliser de 9,7 millions d'euros à reporter en 2026.
Concernant la dette, fin 2024, François Deseille avait annoncé un «plancher» autour de 100 millions d'euros et avait envisagé un réendettement en 2025. À ce jour, l'encours de la dette continue de diminuer pour approcher 90 millions d'euros et un éventuel réendettement est désormais reporté à 2027.
Ajustement du budget pour 2026
En 2025, le résultat est excédentaire de 8,8 millions d'euros, une somme disponible pour une affectation au budget supplémentaire 2026.
Dans ce BS, les dépenses réelles d'équipement ont été augmentées de 10,2 millions d'euros pour couvrir l'ouverture de nouvelles autorisations de programme.
Franck Ayache déplore des «excédents importants qui ne sont pas réinvestis au bénéfice des Dijonnais»
Quand Franck Ayache (UDI) a dénoncé «une construction budgétaire excessivement prudente», François Rebsamen a parlé de «bonne gestion» hors-micro. Ce qui n'a pas empêché l'opposant de s'interroger sur la «sincérité» du débat d'orientation budgétaire, une critique récurrente portée par Emmanuel Bichot lors de la précédente mandature.
Intervenant comme l'aurait fait un président de commission des finances dans d'autres échelons territoriaux, le centriste a déploré «la pression fiscale particulièrement élevée», des «excédents importants qui ne sont pas réinvestis au bénéfice des Dijonnais» ainsi qu'«un choix budgétaire excessivement conservateur» avec une «fiscalité locale surélevée».
En fonction de quoi, l'opposant a appelé à «une gestion transparente, anticipée et au service [du] pouvoir d'achat des Dijonnais».
«Vous nous avez pas manqué au précédent mandat», a réagi Nathalie Koenders en alertant, pour sa part, sur ce qui pourrait représenter un «excès d'imprudence» par une autre politique financière. «Vous avez repris vos interventions de 2014», a raillé François Deseille à l'adresse de Franck Ayache.
Les frais de représentation de Nathalie Koenders en 2025
Interrogée sur ses frais de représentation, la maire de Dijon a considéré qu'«il n'y a aucune règle d'une mairie à l'autre», demandant à France urbaine d'avoir «la même règle pour toutes et tous».
Pour l'année 2025, la première édile a relevé 1.300 euros de frais de déplacement (billets de train...) et 1.300 euros pour 17 factures d'hôtels et restaurants.
Au moment de voter, seuls Laurence Gerbet et Henri-Bénigne de Vregille se sont exprimés défavorablement – les autres opposants ne participant pas au vote – ce qui a permis l'approbation du compte administratif pour 2025 à une large majorité.
D'une «sensibilisation en e-learning» à la «vérification du casier judiciaire B2» pour prévenir les violences d'agents durant le temps périscolaire
Au détour du rapport sur le projet éducatif de territoire Génération Dijon, présenté par Franck Lehenoff, Sabine Baillot (AD) a interpellé l'exécutif sur la prévention de potentielles violences sur enfants commises par des personnels de l'accueil périscolaire.
«La formation au programme Phare dépend de l’Éducation nationale», a stipulé Franck Lehenoff à propos de ce dispositif de lutte contre le harcèlement à l'école. «Ce déploiement de formation continue.»
«Les accueils collectifs de mineurs sont agréés avec Jeunesse et sport», a précisé l'adjoint au maire. «S'il y avait des signalements préoccupants, nous n'attendons pas d'avoir une commission ad hoc.»
«Les affaires de violences sexuelles et éducatives sur les temps périscolaires qui ont été révélées récemment à Paris ont mis à jour les fragilités du secteur périscolaire face à l'enjeu prioritaire de protection et de la sécurité des enfants», a réagi Nathalie Koenders à propos d'un phénomène qui remonte à avant 2015, année ou l'inspection générale de la Ville de Paris avait publié un rapport contenant des recommandations pour traiter les agressions sexuelles commises par des agents de la collectivité.
«Ces fragilités sont notamment liées au recrutement», a insisté la socialiste, «sur ces sujets, la Ville de Dijon n'a pas attendu ces drames pour faire en sorte que cette procédure de recrutement, elle soit la plus transparente possible et elle puisse éviter de recruter des personnes... [Un temps d'arrêt] Sur ces sujets, il faut aussi faire l'objet de mesure.»
La Ville de Dijon mobilise 180 animateurs professionnels : la moitié des employés de la municipalité, la moitié mise à disposition par les PEP 21. De plus, 130 agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) interviennent également sur le temps scolaire et durant la pause méridienne. 500 vacataires complètent cet effectif.
«On vérifie à l'embauche, systématiquement, pour tous les agents qui interviennent sur des mineurs, le casier judiciaire B2», a précisé la maire de Dijon, «ce casier B2 peut de nouveau être demandé en cours de carrière, en cas de doute sur une situation».
«Il y a, en parallèle, des formations professionnelles ou continue qui sont proposées aux animateurs permanents et aux ATSEM dont une formation obligatoire pour tous les agents qui est axée sur les besoins des enfants et sur la posture éducative. (…) Les personnels vacataires bénéficient aussi d'une sensibilisation en e-learning et d'une session d'accueil en présentiel systématique, complétée de trois matinées chaque année scolaire», a-t-elle ajouté. «Nous n'avons pas attendu les drames pour être exemplaire dans le recrutement et la formation.»
Une mesure-phare à 105.540 euros
Nathalie Koenders avait fait de la distribution d'un kit de fournitures scolaires une mesure-phare de la campagne électorale. La maire de Dijon a précisé le coût de la mesure pour la rentrée scolaire 2026 : 105.540 euros.
Du CP au CM2, 6.000 kits seront offerts aux élèves des écoles publiques tandis qu'une contribution sera versée aux écoles privées. Ces kits viennent s'ajouter à la dotation annuelle des écoles publiques. À partir de la rentrée 2027, seuls les élèves de CP seront ainsi équipés. Le kit comprend 18 éléments comme un sac à cordes, une trousse, des crayons, une règle ou encore une gourde.
Durant la campagne, la mesure avait été critiquée par les lambertistes du Parti des travailleurs. «Le kit de fournitures scolaires de Madame Koenders, on s'en passe», avait lancé Camille Joyeux (PT) qui déplorait que le fournisseur retenu s'approvisionne largement en Chine. La candidate – par ailleurs professeure des écoles – aurait préféré que la somme viennent abonder la dotation des écoles servant aux enseignants pour acquérir du matériel et des livres (
lire notre article).
La distribution de ces fournitures scolaires a été approuvée à l'unanimité.
Golden Coast 2025 : 75.000 spectateurs mais seulement 2.720 nuitées
L'adjointe à la culture Christine Martin (PS) a présenté le rapport concernant la convention 2026-2027 avec l'association Ekip, présidée par Emmanuel Hoog – haut-fonctionnaire et directeur général de Combat, groupe de médias fondé par Matthieu Pigasse –, qui organise le festival de rap Golden Coast.
Selon Ekip, l'édition 2025 a rassemblé 75.000 spectateurs. En dehors de la programmation pour les attirer, les organisateurs ont investi 1,4 million d'euros dans un plan de communication national.
Selon la Ville de Dijon, les restaurateurs locaux, qui tiennent la moitié des stands de nourriture, ont réalisé un chiffre d'affaire de 428.000 euros. L'édition a généré 2.720 nuitées – réparties entre 10 hôtels et 15 locations de type Airbnb – pour un budget global de 120.000 euros. Les apports en sponsoring, mécénat et dotations ont totalisé 540.000 euros.
L'édition 2026 se tiendra les 28, 29 et 30 août prochains, sur le site des Hautes Plates.
La convention prévoit une subvention de la Métropole de Dijon de 180.000 euros ainsi que la mise à disposition de navettes Divia dans le cadre d'un dispositif dimensionné pour transporter jusqu'à 17.000 personnes. La Ville de Dijon met à disposition le site durant un mois maximum. Le chiffrage des interventions réalisées par la municipalité s'élève à 83.755 euros.
Actualisé le 31 juillet 2026 :Une convention similaire a été adoptée à la Métropole de Dijon, le 25 juin dernier. Elle précise le chiffrage des interventions réalisées : 200.000 euros pour les navettes Divia et 17.943 euros pour la gestion des déchets. Soit un soutien au festival en subvention et prestations de 481.698 euros pour les deux collectivités.
Si la convention dijonnaise a été adoptée à l'unanimité – «la musique adoucit les mœurs», a alors glissé Nathalie Koenders –, le consensus s'est rapidement fissuré quand la venue du controversé rappeur Médine a été annoncée, le 29 juin dernier, en remplacement de Bouss.
Emmanuel Bichot (
lire le communiqué) et Thierry Coudert (
lire le communiqué) ont protesté, ainsi que Julien Odoul (RN) (
lire communiqué) puisque la Région Bourgogne-Franche-Comté soutient également le festival.
Le souhait d'une rénovation du Grand Théâtre d'ici la fin de la mandature
En marge d'un rapport, présenté par Caroline Jacquemard (sans étiquette), sur la production par la Région Bourgogne-Franche-Comté d'un ouvrage de la collection «Parcours du patrimoine» consacré à l'Opéra de Dijon, Bruno David (LR, NE) a interrogé l'exécutif sur les travaux du Grand Théâtre et à demander la présentation du rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la régie municipale de l'Opéra, réalisé en 2024.
«Je suis impatiente que le théâtre rouvre mais il y a eu d'autres priorités», a répondu Nathalie Koenders avec évoquant le remplacement des cintres de l'Auditorium – un chantier prévu pour l'été 2027 et estimé à 3,2 millions d'euros pour lequel la municipalité cherche des cofinancements – et la rénovation de la bibliothèque Colette (ex-La Nef).
La première édile a fait part de son souhait que la rénovation du Grand Théâtre soit achevée d'ici la fin de la mandature pour constituer «une place des arts et de la culture».
Une mesure anti-Airbnb qui vise les résidences principales
À compter du 1er janvier 2027, l'exécutif dijonnais a choisi d'abaisser le plafond de location d'une résidence principale en meublé de tourisme à 90 jours par an – contre 120 précédemment – comme le permet la loi visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale, dite «loi Le Meur» ou aussi «loi anti-Airbnb».
Selon la municipalité, il s'agit d'«une mesure proportionnée qui permet de réaffirmer la vocation première de la résidence principale comme logement d'habitation tout en conservant la possibilité pour les particuliers qui le souhaitent de bénéficier de revenus complémentaires issus d'une location touristique occasionnelle».
«Le tourisme d'affaires, les congrès, les événements mais aussi le tourisme de loisirs sont des atouts pour notre territoire», a commenté Nadjoua Belhadef (PS, FP), «ils créent de l'activité, de l'emploi et participent à son rayonnement». «Pour autant, le développement du tourisme doit s'inscrire dans un équilibre. (…) Le sujet n'est pas d'opposer les modèles mais de garantir leur complémentarité dans des conditions équitables.»
En 2025, Dijon comptait près de 1.100 de meublés touristiques avec une augmentation d'environ 130 inscriptions par an, particulièrement dans les quartiers Cordeliers, Saint-Michel, Monge et Jean-Jacques Rousseau.
«Le risque est donc de pénaliser des particuliers respectueux des règles», alerte Axel Sibert
Alors que l'adjointe au maire reconnaissait implicitement répondre à une attente du syndicat des hôteliers, cela a amené Axel Sibert à demander «quel problème concret cette délibération résout-elle ?» car «cette mesure vise avant tout les propriétaires occupants, de facto des résidents dijonnais, qui louent ponctuellement leur logement pour compéter leurs revenus lorsqu'ils s'absentent».
«Le risque est donc de pénaliser des particuliers respectueux des règles sans agir réellement sur les situations qui peuvent poser problème», a analysé l'opposant qui voit dans la loi Le Meur d'autres outils, «plus efficaces», à mobiliser notamment pour «lutter contre les hôtels clandestins».
«Sur les contrôles, on n'a pas besoin de délibérer, on le faisait déjà et on continuera à le faire», a rétorqué Nathalie Koenders. «120 jours, c'est quasiment quatre mois. Il faudrait peut-être plus sur les résidences secondaires mais, aujourd'hui, la loi Le Meur ne le permet pas.»
Pour sa part, Antoine Camus (IDL) a indiqué préférer «encourager les copropriétés à réglementer de manière interne ce système de location».
Nathalie Koenders avance que «95% des violences aujourd'hui sont faites par des hommes sur des femmes et des enfants»
Arrivée au temps des vœu et question orale, Nathalie Koenders présente un vœu de l'ensemble de la majorité pour soutenir la «loi intégrale» sur les violences sexistes et sexuelles que le Premier ministre s'est engagé à mettre à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale d'ici l'automne.
«Pourquoi les hommes sont exclus de cette protection ?» a demandé Franck Ayache. Dans son exposé, Céline Thiébault-Martinez (PS), députée de la Seine-et-Marne qui porte la loi, relève que 9% des victimes majeures d'agressions sexuelles sont des hommes. Pourtant, la loi vise à «lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants».
L'interrogation de l'opposant a laissé Nathalie Koenders dubitative avant de l'amener à répondre que «95% des violences aujourd'hui sont faites par des hommes sur des femmes et des enfants».
«La loi n'exclut pas les petits garçons», a ajouté Clémentine Hugol-Gential (DE). Depuis, le groupe de celle-ci, Dijon écologie, a précisé sa position (
lire le communiqué).
Au moment du vote électronique, l'ensemble de la majorité s'exprime favorablement ainsi que le groupe de Thierry Coudert. Les membres du groupe d'Emmanuel Bichot n'utilisent pas leur boîtier, sauf Axel Sibert qui a indiqué formellement ne pas participer au vote.
La tonalité des propos autour de ce vœu pourrait augurer de celle des débats au début de l'examen de la proposition de loi par les parlementaires avant l'évolution potentielle du texte.
Nathalie Koenders répond aux «itinéraires bis» de la ligne T3
Considérant que le projet de tracé de troisième ligne de tramway présente «des portions problématiques» dans les secteurs Wilson, Carnot et Voltaire, Henri-Bénigne de Vregille a demandé à la maire de Dijon si elle avait une «vision sur des itinéraires bis».
«On ne va pas refaire le débat qui a déjà été fait à l'occasion de la concertation», a rétorqué Nathalie Koenders qui a vanté la participation à cet exercice avec près de 2.000 personnes (
lire notre article).
Concernant l'usage partagé de la rue du Transvaal entre la circulation des tramways et des véhicules des sapeurs-pompiers, «personne ne me dit que ça va être problématique», a assuré la première édile après des échanges avec des représentants du SDIS 21 et des syndicats. «Les pompiers utilisent la plateforme de tramway.»
«Des dépose-minutes seront réalisés aux abords de l'établissement Saint-Joseph», a anticipé celle qui est également première vice-présidente de la Métropole de Dijon, collectivité qui porte le projet.
Et la socialiste de conclure : «entre un tracé théorique et un tracé réalisable, nous faisons le choix du sérieux !»
Isabelle Elzière quitte ses fonctions
Avant de clore la session, la maire de Dijon a remis la médaille de la Ville à Isabelle Elzière, directrice de cabinet du maire de Dijon et du président de la Métropole depuis 2015 – «une professionnelle comme on en rencontre très peu» – qui va prochainement faire valoir ses droits à la retraite. Bertrand Dubois lui succède (
lire le communiqué).
Jean-Christophe Tardivon


































