
Comme dans de nombreuses villes de France, un hommage a été rendu, ce vendredi 13 février, à Ilan Halimi, un jeune homme juif victime d'un crime antisémite en région parisienne. Nathalie Koenders a réagi favorablement à la proposition d'Emmanuel Macron d'instaurer une «peine d’inéligibilité obligatoire».
C’était il y a tout juste 20 ans. En janvier 2006, Ilan Halimi, âgé de 23 ans, était tombé dans un guet-apens, à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine. Enlevé, il a ensuite été séquestré et torturé pendant plus de trois semaines dans un immeuble d'une cité à Bagneux.
Après d'autres victimes, les ravisseurs d’Ilan Halimi – que l’on appellera plus tard «le gang des barbares» – s’étaient attaqués à lui en raison de préjugés antisémites : leur chef Youssouf Fofana voulait enlever un Juif «parce qu’ils sont bourrés de thunes».
Une rançon avait été demandée à sa famille avant que son corps ne soit finalement retrouvé, le 13 février, près d’une voie de chemin de fer, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l'Essonne. Ce drame avait ému et choqué la France entière, jusqu’au plus haut sommet de l’État.
Le 11 juillet 2009, Youssouf Fofana était condamné à la prison à perpétuité avec 22 ans de sûreté. La plupart de ses complices ont écopé également de lourdes peines de prison.
Une cérémonie dans le parc Mirande
Ce vendredi 13 février 2026, 20 ans après la découverte du meurtre d'Ilan Halimi, de nombreuses cérémonies d’hommage étaient organisées dans plusieurs villes françaises, notamment à Dijon.
La maire Nathalie Koenders avait donné rendez-vous dans le tout nouveau jardin public Mirande, aménagé récemment le long de la rue du même nom, dans le quartier Université. Dans ce nouvel espace vert, la cérémonie a rassemblé environ 80 personnes, dont de nombreux élus locaux, des représentants des cultes notamment des membres de la communauté juive de Bourgogne-Franche-Comté.
«Un arbre, une belle symbolique pour la mémoire»
Pendant son discours, Nathalie Koenders a rendu hommage à Ilan Halimi et à sa famille ainsi qu'à d’autres victimes juives de crimes antisémites ces dernières années : les victimes de Mohammed Merah à Toulouse, en 2012, celles de l’attentat de l’Hyper Cacher, en janvier 2015, Sarah Halimi, en 2017, Mireille Knoll, en 2018, ou encore toutes les victimes de l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël.
Israël Cemachovic, représentant de l’Association culturelle israélite de Dijon, Émilie Sananes, vice-présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France Bourgogne-Franche-Comté, et Françoise Tenenbaum, élue dijonnaise et représentante de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme, ont également pris la parole.
Après ces discours, une plaque en souvenir d’Ilan Halimi a été dévoilée et un arbre a été planté dans le jardin. «Un arbre, c’est une belle symbolique pour la mémoire parce qu’il va s’enraciner ici», a souligné Nathalie Koenders.
«La Marseillaise» en signe d’unité nationale face à l’antisémitisme
L’ensemble des personnes présentes ont ensuite chanté «La Marseillaise» en signe d’unité nationale face à l’antisémitisme. Cette hostilité envers les Français juifs reste présente dans une partie de la société et a pris de l’ampleur depuis les attentats du 7-Octobre.
«Le nombre d’actes a été multiplié par quatre et les deux tiers sont des atteintes aux personnes. Il y a aussi des actes qui se produisent à Dijon, tous ne sont pas comptabilisés», a confié Émilie Sananes.
Emmanuel Macron souhaite une «peine d’inéligibilité obligatoire»
En même temps que la cérémonie dijonnaise, Emmanuel Macron présidait également une commémoration à l’Élysée. Comme signe d’avertissement à l’approche des élections municipales, le chef de l’État a souhaité que le législateur instaure une «peine d’inéligibilité obligatoire» pour élus coupables d’«actes et propos antisémites et racistes».
Interrogée par Infos Dijon, Nathalie Koenders a réagi à cette proposition : «C’est une bonne mesure ! Il faut combattre l’antisémitisme, le raciste et la haine de l’autre de façon dure. Et quand on est un élu de la République, on doit être exemplaire».
Fabrice Aubry










