
À l'initiative de la maire de Dijon, ce lundi 23 juin, les élus municipaux ont voté, à la quasi unanimité, une nouvelle politique publique. Néanmoins, les opposantes Laurence Gerbet et Céline Renaud ont respectivement critiqué un «document très vague» et «un coup de comm'».

Le tout premier rapport du conseil municipal de ce lundi 23 juin 2025 a concerné une nouvelle politique publique, en direction des familles monoparentales.
Le soir même de son élection en tant que maire de Dijon, le 25 novembre dernier, Nathalie Koenders (PS) avait listé ses priorités. «Je suis très attachée à la condition des femmes et notamment le soutien aux familles monoparentales qui sont souvent des femmes isolées», avait-elle alors déclaré (
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Hommage à Michel Thiry
Avant le début de la séance, les élus respectent une minute de silence en hommage à Michel Thiry, ancien adjoint aux affaires sociales de Robert Poujade de 1977 à 2001, décédé le 18 juin dernier à l'âge de 93 ans, en présence de membres de sa famille.
Nathalie Koenders salue la mémoire d'«un homme profondément engagé au service de toutes et tous» qui, portant «un idéal humaniste», dédia «sa vie aux autres, en particulier aux plus vulnérables». Michel Thiry s'est engagé notamment au sein de l'UNICEF, de la Prévention routière et de la FEDOSAD. Il était chevalier de l'ordre national du Mérite et de la Légion d'honneur.
«Nous voulons soutenir tous les parents solos», lance Nathalie Koenders
La maire de Dijon présente elle-même le premier rapport portant sur la mise en place d'une politique publique en faveur des familles monoparentales. Le sujet lui tenant à cœur, des assises avaient été organisées, le 22 mai dernier (
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À Dijon, une famille sur trois est conduite par un parent solo, une femme dans 80% des cas.
«Nous voulons soutenir tous les parents solos», lance Nathalie Koenders, «à l'échelle de nos villes, nous pouvons changer les mentalités et améliorer les vies de ces parents solos». «Le plan d'action s'adresse à toutes les Dijonnaises et Dijonnais, parents solos, quels que soient leurs revenus ou leur catégorie sociale.»
L'exécutif s'appuie sur un «diagnostic» effectué par les services ainsi qu'un «recueil de paroles», constitué de 450 réponses, réalisé dans le cadre des dites assises.
Le dispositif se décline en quatre axes : améliorer l'accès aux services publics, faciliter l'accès au logement, renforcer les réponses en matière de mode d'accueil des enfants, développer l'accès au sport, à la culture et aux loisirs et soutenir la fonction parentale, accompagner les familles monoparentales (
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Concernant la politique familiale nationale, la socialiste se dit favorable à des «aides ciblées» plutôt qu'à une extension des allocations familiales au premier enfant et salue les évolutions du complément mode de garde aux familles monoparentales, voyant la une «véritable avancée» (
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Axel Sibert suggère l'ouverture d'«une crèche municipale à horaires atypiques»
Opposant non-inscrit, Axel Sibert (LR) considère que «[le] plan va dans le bon sens» mais demande plus d'accompagnement pour «l'autonomie financière» ainsi que pour «l'insertion professionnelle et le maintien dans l'emploi» en faisant référence à un dispositif de la Ville de Nice présenté comme «un pacte emploi mono-parental» en partenariat avec les organisations d'employeurs pour proposer des formations courtes et des VAE.
L'opposant suggère également l'ouverture d'«une crèche municipale à horaires atypiques». «Nous étudierons vos propositions», réagira Nathalie Koenders.
Laurence Gerbet critique un «document très vague»
Au nom du groupe d'opposition Agir pour Dijon, Laurence Gerbet (NC) critique un «document très vague» et regrette la distinction faite avec les familles à parents multiples. En somme, l'opposante demande «une politique globale et volontariste pour l'ensemble des familles dijonnaises, pas une segmentation de la population».
«Vous ne l'avez pas fait en 25 ans, nous en faisons une priorité pour le prochain mandat», tacle l'opposante qui annonce l'abstention de son groupe.
«Dans beaucoup de Villes, ça a été transpartisan, (…) l'objectif n'est pas d'opposer les familles les unes aux autres», réagit Nathalie Koenders.
Laurent Bourguignat appelle à ne pas avoir «une approche strictement sociale»
Au nom du groupe d'opposition Dijon autrement, Laurent Bourguignat (LR, NE) appelle à ne pas avoir «une approche strictement sociale». L'opposant se fait le porte-parole des papas solos à «la charge mentale différente de celle des mamans solos.
L'élu gaulliste rappelle la prépondérance de l'échelon nationale et exprime son soutien à l'ouverture des allocations familiales dès le premier enfant ainsi qu'au retour à l'universalité de ces aides.
Céline Renaud pointe «un coup de comm'»
Les groupes ne disposent généralement que d'une intervention par rapport. «Exceptionnellement», la maire de Dijon donne en plus la parole à Céline Renaud (LR, NE), elle s'en mordra rapidement les doigts.
«La gauche n'a jamais encouragé la politique familiale mais sait faire du misérabilisme et axer la politique vers une idéologie collectiviste qu'elle oppose à l'accompagnement individuel», cingle Céline Renaud, «la dégradation du rôle du père, relayé par les activistes féministes, nuit aux familles». «Je crains que ce ne soit qu'un coup de comm' !»
À partir du diagnostic, l'opposante bat en brèche un «cliché» et note que «les quartiers prioritaires de la ville ne sont pas les quartiers où l'on trouve le plus de familles monoparentales» alors que l'élément d'analyse revient régulièrement en cas de violences urbaines.
Par ailleurs, Céline Renaud alerte sur le coût du logement et du stationnement, la desserte des transports en commun et l'accès à la cantine.
En conclusion, l'opposante revendique «du sur-mesure pour des situations personnelles délicates».
«Pas de relais, pas de répit, pas d'échappatoire», signale Caroline Jacquemard
Pour le groupe Écologistes et citoyens, Olivier Muller (LE) note «une avancée sociale majeure» et souhaite «des réponses concrètes à la hauteur des besoins».
«Pas de relais, pas de répit, pas d'échappatoire.» Au nom du groupe Horizons et indépendant, Caroline Jacquemard (sans étiquette) dresse un sombre tableau des familles monoparentales mais se félicite du fait que «la Ville entend les besoins des Dijonnais».
Pour le groupe des élus démocrates, écologistes, centristes et citoyens, Nora El Mesdadi (divers gauche) salue «un plan cohérent, ambitieux et profondément ancré dans les besoins du terrain».
Au nom du groupe l’Écologie pour vous, Ludmila Monteiro (GE) souligne que «le bien-être et l'épanouissement des enfants est également au cœur de ce plan en repensant l'accueil en crèche, l'accueil aux activités périscolaires, aux loisirs, aux sports et à la culture».
«C'est un outil de reconnaissance», assure Kildine Bataille
Pour le principal groupe de la majorité, Kildine Bataille (REN) assure que «ce n'est pas un outil de stigmatisation, c'est un outil de reconnaissance». L'adjointe chargée notamment de l'égalité femmes-hommes réagit ainsi aux propos des «réactionnaires dans cette salle».
Finalement, le plan d'action en faveur des familles monoparentales est voté à la quasi unanimité, seuls Emmanuel Bichot (LR, AD), Laurence Gerbet et Bruno David (LR) s'abstiennent.
Jean-Christophe Tardivon
















