
En raison de plaintes de riverains, certains établissements devront avancer leur fermeture de minuit à 22 heures. «Les services juridiques ont travaillé sur cet arrêté pour être sûrs qu'il soit solide», a déclaré la maire de Dijon, ce mardi 11 novembre.
Service supplémentaire de la société de consommation, les épiceries de nuit peuvent être une véritable plaie pour les riverains. À Dijon, elles sont habituellement autorisées d'ouverture de 6 heures à minuit mais des nuisances sonores ont pu être constatées jusque bien plus tard dans la nuit.
Devant l'accumulation de plaintes, la maire de Dijon Nathalie Koenders (PS) a pris opportunément un arrêté, le 5 novembre dernier, pour restreindre l'ouverture de certains établissements de 6 heures à 22 heures, à compter du 12 novembre 2025 jusqu'au 29 mars 2026 (voir ci-dessous).
Interrogée par
Infos Dijon, ce mardi 11 novembre 2025, la socialiste a indiqué se calquer sur l'heure d'hiver. Période qui prend fin juste après le second tour des municipales de mars 2026.
De nombreuses protestations de riverains
«On a eu beaucoup de courriers de riverains sur certains quartiers, concernant certaines épiceries de nuit», explique Nathalie Koenders, «on nous relatait des regroupements, des non-respects des horaires fermetures». «Ça a été constaté aussi par des policiers municipaux.»
«À l'instar d'autres villes comme Clermont-Ferrand [NDLR : 20 heures dans certains quartiers], Marseille ou Limoges, j'ai décidé de prendre un arrêté pour l'hiver – puisqu'on est effectivement en heure d'hiver – pour fermer certaines épiceries à 22 heures», ajoute la maire de Dijon.
Des constats policiers pour anticiper d'éventuelles contestations devant le tribunal administratif
La temporalité interroge puisque les nuisances sont plus fréquentes durant la saison estivale. «Cet été, on n'avait pas encore les constatations policières pour s'appuyer sur ces constats pour faire un arrêté», justifie la première édile.
«Ce sont des arrêtés qui peuvent être cassés au tribunal administratif donc c'est important de ne pas s'appuyer seulement sur des courriers de riverains mais de pouvoir le constater via nos caméras de vidéoprotection, des constats de la police municipale», précise-t-elle. «Ça met du temps.»
La coïncidence avec la fin de la période électorale surprend également. «Lorsqu'on prend un arrêté, on ne peut pas le faire sur une année, sur toute la ville», complète Nathalie Koenders, «on est obligé de le faire sur un temps et des zones bien précis». «Les services juridiques ont travaillé sur cet arrêté pour être sûrs qu'il soit solide.»
«La police municipale est mobilisée sur la question des nuisances sonores»
Stéphane Chevalier (sans étiquette) confirme la réception d'«un ensemble d'appels, de courriers et de mails». «Pour ceux qui sont riverains d'une épicerie de nuit, (…) il y a des nuisances sonores.»
«Il y a d'autres types de nuisances sonores qui peuvent être liées à l'ivresse sur la voie publique», ajoute le conseiller municipal délégué à la tranquillité publique qui précise qu'un arrêté préfectoral et un arrêté municipal réglementent la vente de boissons alcoolisées, notamment interdite entre 21 heures et 8 heures. «La police municipale est mobilisée sur la question des nuisances sonores, c'est une police du quotidien. On est là pour répondre aux attentes des habitants.»
Des caméras de vidéoprotection ont des épiceries de nuit dans leur périmètre
L'ouverture de certains établissements a pu être suivie d'installation de caméra de vidéoprotection comme ce fut le cas place Granville. Des riverains ont même rapporté que cette installation avait fait l'objet d'une «célébration» par des consommateurs noctambules.
Pourtant, Stéphane Chevalier réfute tout lien : «c'est pour l'ensemble du quartier de la Toison d'or». «Les deux caméras installées sur la place Granville sont utiles également par rapport aux passages piétions, à côté de l'école du château de Pouilly ; on a de grandes artères – l'avenue Albert-Camus, l'avenue Franklin-Roosevelt – où il y a une circulation qui peut parfois être un peu dense.»
Une quinzaine d'établissements concernés
«Réduire les horaires de fermeture des épiceries, ça rentre dans le cadre des compétences de Madame la maire», relève Stéphane Chevalier, «c'est une mesure de bon sens au vu des remontées que l'on peut avoir avec les Dijonnaises et les Dijonnais».
Pratiquement, l'élu de centre-droit signale que l'arrêté municipal concerne une quinzaine d'établissement situés «dans le centre-ville élargi» et «dans les quartiers où on a des plaintes d'habitants : la place André-Gervais à la Fontaine d'Ouche, la place Granville à la Toison d'or, ou encore la rue d'Auxonne».
L'arrêté précise notamment que «pendant leurs horaires d'ouvertures, les exploitants de ces établissements devront prendre toutes les mesures utiles afin que l'exploitation de leur commerce ne soit pas de nature à troubler la tranquillité publique».
Jean-Christophe Tardivon


