
Adhérente du Parti socialiste, la maire de Dijon sortante arrive en tête, ce dimanche 22 mars, avec plus de 12.000 voix d'avance sur son principal opposant.

Actualisé avec les réactions de François Rebsamen, Nathalie Koenders et Michel Neugnot. Tous insistent sur la «clarté» à avoir en vue des prochaines échéances électorales.
Pas de suspense au soir du second tour, ce dimanche 22 mars 2026, la tendance issue des premiers dépouillements s'est révélée juste : Nathalie Koenders (PS) a emporté l'élection avec près de 60% des voix. La maire de Dijon sortante conduisait une liste associant le Parti socialiste, un pôle centriste, un pôle écologiste et un pôle radical.
Dans le détail, la participation ressort à 50,53 %. Nathalie Koenders (Dijon écologique, sociale, attractive) est élue avec 58,41 % des suffrages exprimés (25.456 voix), Emmanuel Bichot (LR, AD) conduisant la liste Agir pour Dijon, récolte 30,67 % (13.368 voix) et Thierry Coudert (UDR) conduisant la liste Le Rassemblement dijonnais 10,92 % (4.761 voix).
Dans la soirée, entourée de plusieurs dizaines de personnes, dont ses colistiers, Nathalie Koenders a célébré sa victoire au cellier de Clairvaux.
François Rebsamen salue «la victoire d'une grande dame»
Interrogé par les journalistes, François Rebsamen (FP) a d'emblée ciblé Emmanuel Bichot, qualifié de «fou furieux» qui «fait beaucoup de mal à la droite, beaucoup de mal à tout le monde». «Il n'arrête pas de parler de menace islamiste qu'il a dans sa tête !»
«Je suis très heureux de voir que c'est la victoire de l'intelligence, des proposition, de la continuité, d'une grande dame», a poursuivi le président de la Métropole de Dijon sortant et colistier de Nathalie Koenders pour féliciter celle-ci. «Je lui souhaite une longue carrière politique au service des habitants de celle ville parce qu'elle a sa cœur et qu'elle porte ça très. Je suis très heureux d'avoir permis cette transmission. Après, c'est à elle de faire son chemin et elle le fera avec son équipe dont une bonne partie était déjà avec moi.»
L'élu progressiste s'est déjà dit «prêt à reprendre le combat contre l'extrême-droite et la droite extrême, ce qui a toujours été le combat de [sa] vie».
Pour ces futurs engagements, François Rebsamen a insisté sur le fait de «rassembler ses ses valeurs, sur son programme» comme l'a fait Nathalie Koenders.
Nathalie Koenders engrange plus de voix que François Rebsamen en 2014
«Ce soir nous récoltons le fruit de tous nos efforts», a lancé Nathalie Koenders en prenant place derrière le pupitre en bois, devenu un totem de campagne. «Je suis fière d'être votre maire, ce soir !»
Mise à part une égalité, la liste Dijon écologique, sociale, attractive est arrivée en tête de tous les bureaux de vote de la commune. «C'est un signe de confiance des Dijonnaises et des Dijonnais», en a déduit la candidate en remerciant les électeurs dont le nombre est passé de 18.078 au premier tour à 25.456 au second tour, soit plus que les 24.646 voix récoltés par François Rebsamen en 2014, avec une participation pourtant sensiblement supérieure à l'époque.
«Nous continuerons de construire une ville où chacun compte»
«Je serai la maire de toutes les Dijonnaises et de tous les Dijonnais», a-t-elle poursuivi, l'installation du conseil municipal étant prévue le 28 mars prochain. «Je continuerai d'être une maire attentive à chacun, toujours présente sur le terrain, exigeante quand il s'agit de défendre l'intérêt général. Je resterai fidèle à nos valeurs communes : le respect, la solidarité, le sens du collectif.»
«Nous continuerons de construire une ville où chacun compte, où l'on prend soin des plus fragiles et où l'on avance ensemble», a-t-elle ajouté.
Après avoir salué la mémoire de ses parents et remercié sa famille, l'oratrice a rendu hommage à François Rebsamen pour avoir «transformé» Dijon et lui avoir «passé le flambeau».
«J'ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de notre ville dans la continuité des valeurs qui nous animent et qui font de Dijon une ville humaniste, solidaire, ouverte sur le monde, respectueuse de toutes ses habitantes et de tous ses habitants et de son environnement», a revendiqué Nathalie Koenders, mettant en avant un «rassemblement de la gauche, du centre et de l'écologie».
Nathalie Koenders revendique une «méthode politique»
«À la lumière des résultats au niveau national, on voit que, quand on a de la clarté, quand on a des valeurs et quand on a un cap, c'est la meilleur formule pour gagner», a analysé la socialiste.
«Cette victoire, c'est celle aussi d'une méthode politique qui est fondée sur des valeurs et des principes, basée sur le rassemblement et l'apaisement plutôt que la division et la brutalisation, une méthode faite de proximité et d'écoute plutôt que de sectarisme et de dogme», a développé Nathalie Koenders. «C'est une méthode avec laquelle on s'adresse aussi à l'intelligence des gens plutôt qu d'agiter les peurs et les frustrations, faite d'optimisme et de travail plutôt que de fatalisme et de passivité.»
Interrogée par
Infos Dijon, Nathalie Koenders a indiqué «souhaiter» que les responsables nationaux du Parti socialiste analyse la victoire dijonnaise : «j'avais l'étiquette PS et je crois que [Dijon] est une des villes qui a voté le plus gros score en France».
En Côte-d'Or, «la gauche tient plutôt bien !»
«Des positions ont été conservées», s'est félicité Michel Neugnot (PS), vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté et premier secrétaire de la fédération de la Côte-d'Or du Parti socialiste, interrogé par
Infos Dijon, en soulignant «la victoire à Dijon». «La gauche tient plutôt bien !»
En fonction de quoi, le premier secrétaire appelle à «avoir un débat» pour «peser sur la direction nationale» et «défendre ce qui était notre position au deux précédents congrès». Congrès où les motions successives d'Olivier Faure n'avait pas été majoritaires en Côte-d'Or.
La fédération étant passée, avec les années, de 2.000 à 400 adhérents, les responsables locaux envisagent donc «un travail, à partir de ces élections municipales, pour avoir plus de solidarité sur les territoires entre les sections où le Parti socialiste a le pouvoir et celles où, effectivement, on a des difficultés par un nombre d'adhérents plus faibles». «Les élections présidentielles vont être un élément pour dynamiser tout cela.»
Michel Neugnot prône la «clarté» en vue d'«une candidature plus centrale» à la présidentielle
«Il y a un débat national de l'accord avec [La France insoumise]», a constaté le socialiste, «ces accords techniques, dans la majorité des cas ne fonctionnent pas du tout». «C'est assez difficile, compte-tenu des relations que nous avons avec LFI de pouvoir faire des accords de dernière minute et penser que cela peut fonctionner.»
«À Paris et Marseille, où le choix a été fait de ne pas passer d'accord, la différence s'est faite très facilement parce qu'il faut de la clarté», a-t-il analysé, «on ne peut pas, au gré des circonstances et des résultats d'un premier tour, faire n'importe quoi au deuxième tour».
En vue de l'élection présidentielle, «tout est à faire». «On a un débat à avoir au Parti socialiste car cautionner des accords avec LFI, on voit que ça ne marche pas. Il faut en tirer tous les enseignements pour l'élection présidentielle. On arrivera à gagner, à éviter un affrontement Bardella ou une autre candidate contre LFI et Mélenchon que si on arrive à dégager une candidature plus centrale du Parti socialiste qui rassemble tous les démocrates.»
«Il faut rassembler, on est dans un pays qui a beaucoup de difficultés, financières et autres», a-t-il résumé, «le Parti socialiste a une carte à jouer, pour autant qu'il renonce clairement à un accord avec LFI.»
Les discours se sont conclus par les chants de «Bella ciao» et d'«I will survive» puis la célébration s'est terminée par un verre de l'amitié.
Jean-Christophe Tardivon


















