
L'adhérente du Parti socialiste a été élue par le conseil municipal, ce samedi 28 mars, par 46 voix sur 59. 21 adjoints ont été désignés. La maire de Dijon renouvelée a 100 jours pour mettre en place une mutuelle sociale et «désimperméabiliser davantage».

La maire de Dijon sortante, candidate à sa réélection, s'est vue confirmée par le suffrage universel dans une élection qu'elle a remportée haut la main, le 22 mars dernier.
Ce samedi 28 mars 2026, s'est déroulée l'installation du conseil municipal de la nouvelle mandature qui pourrait durer jusqu'en 2033, après la présidentielle de 2032. La session a été présidée par la doyenne d'âge Françoise Tenenbaum (FP).
Adhérente du Parti socialiste, Nathalie Koenders a été réélue maire. Les assesseurs ont décompté 46 voix pour celle qui a conduit la liste Dijon écologique, sociale, attractive ainsi que 9 voix pour Emmanuel Bichot (LR,AD), 3 voix pour Thierry Coudert (UDR) et un bulletin blanc.
Une majorité, deux oppositions
Nathalie Koenders conduit désormais une coalition intégrant 20 élus pour le PS, 8 pour le Modem, 6 pour le pôle écologiste dont fait partie Génération écologie, 2 pour la Fédération progressiste, 2 pour Place publique et 2 pour le pôle radical. Sept élus représentent la «société civile».
Deux groupes d'opposition porteront la contradiction. Le groupe Agir pour Dijon - Droite, centre et indépendants – en cours de constitution – est présidé par Emmanuel Bichot et comprend neuf membres venant des Républicains, du Nouveau Centre, de l'UDI, d'Horizons, de Nouvelle Énergie – le parti fondé par David Lisnard (LR, NE) – ainsi que du microparti local Agir pour Dijon.
Le groupe Le Rassemblement dijonnais est présidé par Thierry Coudert avec deux autres membres : Mélanie Fortier (Rassemblement national), également conseillère régionale de Bourgogne-Franche-Comté, et Antoine Camus (Identité-Libertés).
Actualisé le 28 mars 2026 :En présence de 170 personnes dans le public
Plutôt que la prestigieuse salle des États, qui aurait permis de faire rentrer l'ensemble du public, l'équipe municipale a préféré maintenir la session dans la salle de Flore. Entre cette salle et le salon Porte aux Lions qui permettait de suivre la retransmission, quelques 170 personnes étaient présentes dans le public. Cela sans compter les internautes qui suivi la rediffusion en ligne.
Dans le public, se trouvaient notamment Pierre Pribetich (PS), député de la Côte-d'Or, Isabelle Pasteur (PS), maire de Quetigny, ou encore Michel Neugnot (PS), vice-président de la Région Bourgogne-Franche-Comté et premier secrétaire de la fédération de la Côte-d'Or du Parti socialiste.
Dans la salle, les élus sortis des urnes étaient classés par ordre de groupe puis par ordre décroissant d'âge. Ainsi, François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, se trouvait à une extrémité et Mélanie Fortier à l'autre.
Benjamin de l'assemblée, Clément Craveur (PS) a été désigné secrétaire de séance. Mélanie Balson (PS) et Axel Sibert (LR) ont été les assesseurs du scrutin.
Françoise Tenenbaum insiste sur «les valeurs humanistes» à défendre
Après l'appel, Françoise Tenenbaum a adressé quelques mots personnels, rappelant que «l'âge est dans la tête» car «le défi de la longévité est là, soutenu par l'envie d'être utile et d'améliorer encore la vie de chacun dans notre belle cité».
Élue en 2001, la présidente de séance a dressé un rapide bilan des exécutifs qui se sont succédé depuis cette date en insistant sur la réalisation de logements et des deux lignes de tramway.
«La mandature verra Dijon continuer à encore encore plus sociale, plus écologique, plus attractive», a-t-elle déclaré, ajoutant que «c'est avec joie que nous participerons à des projets nouveaux, synonymes de progrès pour tous, tout en transmettant aux nouvelles générations», avant de conclure par une référence au philosophe Emmanuel Levinas pour mieux insister sur «les valeurs humanistes» à défendre.
Trois candidatures et un bulletin blanc
Au nom du groupe Agir pour Dijon et d'«une part importante des concitoyens», Laurence Gerbet (NC) a présenté la candidature d'Emmanuel Bichot.
«Nous serons une opposition exigeante, vigilante mais toujours constructive quand l'intérêt de Dijon sera en jeu», a déclaré ce dernier en insistant sur «les enjeux de sécurité, de bonne gestion de l'argent public, de respect des Dijonnais et d'équilibre dans le développement de notre ville».
Au nom du Rassemblement dijonnais, Antoine Camus a proposé la candidature de Thierry Coudert qui a volontiers concédé qu'il s'agissait d'une «candidature de témoignage» afin de porter «une opposition de droite, nationale et locale, (…) républicaine (…) et déterminée».
Au nom de la majorité et du «choix démocratique» des Dijonnais, Antoine Hoareau (PS) a proposé la candidature de Nathalie Koenders qui n'a pas pris la parole préalablement.
Les deux opposants ayant fait le plein des voix de leur groupe respectif, le seul bulletin blanc décompté à l'issue du scrutin provient donc de la majorité même de Nathalie Koenders. On peut supposer un geste de mauvaise humeur au regard de la composition du tableau des adjoints. Le 25 novembre 2024, deux élus fait défection au moment de voter pour la socialiste (
lire notre article).
Françoise Tenenbaum ayant proclamé Nathalie Koenders maire de Dijon, celle-ci a pu immédiatement s'installer dans ses fonctions renouvelées sous les applaudissements républicains des élus et du public.
Nathalie Koenders relève l'«inquiétant niveau d'abstention»
D'emblée, la maire de Dijon a remercié les électeurs pour leur «confiance» : «cette confiance est un moteur, je l'accueille avec un sens aigu des responsabilités et une nécessaire humilité».
Constatant une participation d'environ 50 % à cette élection municipale, la socialiste a considéré que l'«inquiétant niveau d'abstention» constituait «un signal d'alerte» assortie d'une «urgence» à «restaurer le lien démocratique entre les citoyens et leurs représentants». «Pour y répondre, je souhaite placer le mandat qui s'ouvre sous le signe de l'engagement et de la citoyenneté.»
«Je continuerai à mettre mon énergie et ma détermination au service de toutes les Dijonnaises et de tous les Dijonnais, sans exception, ceux qui ont voté pour moi, ceux qui ont voté pour une autre liste et ceux qui ne se sont pas rendus aux urnes», a déclarée la première édile.
Rappelant sa «méthode» basée sur «le rassemblement et l'apaisement», Nathalie Koenders a rendu hommage à son prédécesseur François Rebsamen ainsi qu'à l'ancien Premier ministre Lionel Jospin, récemment décédé, dont l'action est vue comme «symbole d'une France qui progresse, qui protège et qui s'adapte aux évolutions de son temps».
La responsable de l'exécutif dijonnais a ensuite fait applaudir les 3.000 agents de la Ville et de la Métropole de Dijon qui mettent en œuvre les services publics.
Priorité à la transition écologique, au logement et à la cohésion sociale
«La transition écologique» constitue le premier «défi» évoqué par Nathalie Koenders qui considère que «l'écologie est populaire, concrète, placée au service de la santé, du pouvoir d'achat et de la qualité [de vie] de chacune et de chacun».
Autre priorité : le logement alors que le secteur de l'immobilier neuf est en crise. «Nous continuerons de construire des logements (…) mais sans consommer de grands espaces de pleine terre et en prenant en compte le besoin de poursuivre le développement de la nature en ville», a-t-elle revendiqué à ce sujet.
La «lutte contre toutes les formes d'inégalités» – dont la «lutte contre toutes les discriminations» –, la «coopération» avec les acteurs de la sécurité – avec un «travail sur la prévention» –, la «cohésion sociale», l'«accès à la culture et aux pratiques sportive», la «défense de la science et de l'esprit critique» font partie des sujets d'importance évoqués par la maire de Dijon renouvelé.
«Dijon est et doit rester une ville profondément européenne, consciente des [interdépendances] qui la lient à son environnement», a conclu l'oratrice très applaudie. «Une ville attentive à l'état du monde, une ville concernée par les bouleversements qui mettent à l'épreuve l'humanité.»
Une vingtaine d'adjoints
Les élus de la majorité ont approuvé la création de 21 postes d'adjoint dont 5 adjoints de quartier (retrouver la liste ci-dessous). Des conseillers délégués seront désignés prochainement pour épauler les membres de l'exécutif.
Dans le détail, Antoine Hoareau (PS), directeur de campagne et référent de Bernard Cazeneuve (La Convention) en Côte-d'Or reste premier adjoint. Font leur entrée dans le tableau Karine Huon-Savina (GE), 4ème adjointe, Stéphane Chevalier (sans étiquette), 7ème, Mélanie Balson (PS), 12ème, Céline Maglica (PS), 18ème, Billy Chrétien (Dijon écologie), 19ème, et Jordane Gallois (PP), 21ème.
Prennent du galon en remontant dans le tableau, Nuray Akpinar-Istiquam (PS), 6ème, Jean-Philippe Morel (PR), 13ème, Stéphanie Vacherot (PS), 14ème, et Massar N'Diaye (PS), 15ème.
Franck Ayache se remémore «l'expérience douloureuse des emprunts structurés dits toxiques»
Au moment de voter les délégations d’attribution du conseil municipal au maire, Franck Ayache (UDI) a pris la parole, au nom du groupe Agir pour Dijon, pour, en s'appuyant sur «l'expérience douloureuse des emprunts structurés dits toxiques» afin d'alerter sur la durée des emprunts que la maire de Dijon serait amenée à souscrire à l'avenir.
Une remarque qui a entraîné la réprobation des élus de la majorité, en particulier de François Rebsamen, qui ont toutefois adoptés ces délégations.
«J'ai la légitimité du suffrage universel», souligne Nathalie Koenders
À l'issue de cette session, Nathalie Koenders a assuré être déjà «au travail». «Aujourd'hui, j'ai la légitimité du suffrage universel», a souligné la maire renouvelée.
«Au moment de la campagne, j'ai eu beaucoup de retours positifs de jeunes, collégiens et lycéens», a-t-elle témoigné, «encore hier, je suis planté des arbres dans une école et visiter des collèges : plein de jeunes filles sont venues». «Si, en restant modeste, mon expérience peut peut-être un modèle pour qu'elles se disent ''pourquoi pas accéder à des responsabilités quelles qu'elles soient'', ''pourquoi pas m'engager politiquement'', ce sera super !»
100 jours pour mettre en place la mutuelle sociale et «désimperméabiliser davantage»
Si les «états de grâce» consécutifs aux élections tendent à se réduire, en lien avec la défiance exprimée par une partie de la population envers les élus, Nathalie Koenders dispose d'une centaine de jours pour lancer des chantiers cruciaux voire difficiles.
Interrogée à sujet par
Infos Dijon, la maire renouvelée a mis en avant les réponses aux enjeux de pouvoir d'achat des Dijonnais afin de préparer «au plus vite» la mutuelle sociale municipale puis, à la rentrée scolaire de septembre 2026, la distribution d'un kit de fournitures scolaires. Cette dernière mesure a été contestée par des enseignants durant la campagne (
lire notre article).
Durant l'été, sera engagée «la végétalisation de la ville» avec «la mise en place d'arbres en pots» notamment rue de la Liberté et place de la Sainte-Chapelle. Une étude sera menée pour «désimperméabiliser davantage».
«Sur ce mandat, il va y avoir le tramway», a rappelé celle qui devrait se voir également renouvelée dans sa vice-présidence à la Métropole de Dijon. Les travaux à l'échelle de la commune auront donc à anticiper le chantier de cette infrastructure : «il y a peut-être des petites améliorations que l'on peut faire rapidement à Dijon».
Jean-Christophe Tardivon
Liste des adjoints à la maire de Dijon
(communiqué)
1. Antoine Hoareau, délégué à l’urbanisme, à la transition écologique, aux affaires foncières et à l’administration générale
2. Christine Martin, déléguée à la culture, au rayonnement culturel et à la valorisation du patrimoine historique
3. François Deseille, délégué aux finances, au budget et à la Cité internationale de la gastronomie et du vin (CIGV)
4. Karine Savina-Huon, déléguée à l’adaptation de la ville au changement climatique, à la végétalisation et à la biodiversité
5. Hamid El Hassouni, délégué à la jeunesse, à la vie associative, à l’éducation populaire et au quartier des Grésilles
6. Nuray Akpinar-Istiquam, déléguée au logement, à la politique de la ville et au quartier Université
7. Stéphane Chevalier, délégué à la sécurité, à la prévention, à la protection des populations et à la police sanitaire
8. Claire Tomaselli, déléguée aux sports
9. Christophe Avena, délégué au numérique, à l’innovation, à la relation aux usagers et au quartier Bourroches - Port du Canal - Montagne Sainte-Anne
10. Dominique Martin-Gendre, déléguée au commerce, à l’artisanat et aux travaux sur l’espace public
11. Franck Lehenoff, délégué à l’éducation, à l’enfance, aux droits de l’enfant et aux familles
12. Mélanie Balson, déléguée à la participation citoyenne et à l’accueil des nouveaux habitants
13. Jean-Philippe Morel, délégué au devoir de mémoire, au lien armée-nation, aux anciens combattants et à l’engagement citoyen
14. Stéphanie Vacherot, déléguée aux handicaps, à l’inclusion, à l’accessibilité et à l’accueil des publics
15. Massar N’Diaye, délégué à la solidarité, à l’insertion et au quartier Fontaine d’Ouche
16. Nadjoua Belhadef, déléguée au parc des expositions et à la foire gastronomique
17. Marien Lovichi, délégué aux parcs et jardins
18. Céline Maglica, déléguée au lien intergénérationnel, à la politique de l’âge et aux seniors
19. Billy Chrétien, délégué à la lutte contre les discriminations, à l’égalité femmes-hommes, à la laïcité et à la fraternité
20. Delphine Blaya, déléguée à la protection animale et au quartier Toison d’Or
21. Jordane Gallois, délégué aux ressources humaines et au dialogue social


























































