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25/11/2021 20:09

DIJON : «Nous pensons à vous, jeunes filles afghanes», leur adressent les élus du conseil municipal d’enfants

Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles ce 25 novembre, des écoliers du conseil municipal d’enfants ont lu un message pour le respect des droits de l’enfant en présence notamment de la première adjointe Nathalie Koenders.
Les jeunes du CME de Dijon ont été associés à la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles dès le 10 novembre dernier.

Le même jour que la présentation des actions mises en place par la municipalité de Dijon et ses partenaires, ils avaient participé à un atelier d’échanges pédagogiques animés par le Zonta Club de Dijon, club-service oeuvrant pour l’autonomisation des femmes dans le monde.
Les droits de l’enfant et la lutte contre les violences mentionnées avaient ainsi été travaillés, avec une attention portée particulièrement à la situation des jeunes filles afghanes.


Initialement annoncée dans le cour d’honneur de l’hôtel de ville, c’est finalement passage du logis du Roi ce jeudi 25 novembre 2021 en fin de journée que s’est déroulée cette restitution.

«Découvrir que des enfants n’ont pas les mêmes chances qu’ils ont ici»


Bernard, en CM2 à l’école Clos Chauveau, Angelo, en CM1 à l’école du Nord, Salomé, en CM1 à l’école Joséphine Baker, et Titouan, en CM2 à l’école Saint-Pierre, se sont adressées aux jeunes filles afghanes au nom des 49 élus du CME sur la mandature 2020-2022. Des propos avec en fil rouge la convention des droits de l’enfant établie à Genève en 1924.
«L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur», ont conclu les jeunes, devant d’autres élus dont la première adjointe au maire de Dijon Nathalie Koenders.

Kildine Bataille, adjointe au maire déléguée à l’égalité femmes-hommes et à la violence faites aux femmes, avait souhaité que les échanges pédagogiques au profit des jeunes permettent d'aborder la situation des jeunes filles afghanes en lien avec les droits de l’enfant.
«L'éducation sur ces sujets doit se faire dès le plus jeune âge. Le texte devrait être lu dans toutes les écoles de Dijon et nous pourrions réfléchir à l’envoyer à une association afghane», a annoncé l’élue municipale en saluant le travail réalisé.

La maman de Salomé, Sandrine Mann, a apprécié la restitution de l’atelier auquel a participé sa fille : «Cela permet de leur faire découvrir que des enfants n’ont pas les mêmes chances qu’ils ont ici. C’est important d’être solidaire et d’espérer qu’un jour ces jeunes filles auront la chance de vivre dans une démocratie comme nous la connaissons ici aujourd’hui».

«Une démarche qui s’amplifie à Dijon pour une belle cause»


C’est devant la façade d’un Palais des Ducs partiellement éclairé en orange, couleur officielle de l’ONU Femmes et de cette journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, que l’action s’est prolongée, avant le partage d’un chocolat chaud.

À quelques mètres, la salle d’attente des mariages était ouverte aux visiteurs ayant l’occasion de parcourir une exposition valorisée par le Zonta Club de Dijon.
Étaient exposées sept affiches issues d’un travail réalisé fin 2019 par des élèves du CAP Plomberie du lycée Hippolyte Fontaine et leur enseignante de français Lucie Grelet avec le photographe dijonnais Alexis Doré, dit «Dorex». La légende du tableau de Magritte est détournée pour insister visuellement sur les messages suivants : «Les formes de violence sont multiples, la réalité souvent déformée» et «Ne réduisons pas au silence les femmes victimes de violence, agissons à leurs côtés».

Ces messages pouvaient d’ailleurs être inscrits en toile de fond de cette journée du 25 novembre à Dijon. En présence également de l’adjointe au maire déléguée à la culture Christine Martin, mais aussi Marie Vindy et Anne Joseleau, présidente et directrice de Solidarité Femmes 21, Nathalie Koenders a tenu à insister sur «une démarche qui s’amplifie à Dijon pour une belle cause» (campagne de communication dans les transports Divia, violentomètre sur les sachets de pain dans les boulangeries, entre autres), toutefois en rappelant que «sur l’égalité femmes-hommes, si on n’avance pas, on recule».

Selon Sylvie Urvoy, présidente du Zonta Club de Dijon, la sensibilisation ne date pas d’hier mais doit évidemment se poursuivre, «contre ces violences intolérables et pour une cause qui, nous l’espérons, s’éteindra un jour».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Le texte lu par les élus du Conseil municipal d'enfants :


Bonsoir à toutes et à tous,

nous représentons les enfants élus au Conseil Municipal d’Enfants de la ville de Dijon, au cours de notre mandat, nous oeuvrons pour des projets annoncés dans nos professions de foi.
La lutte contre toutes les formes de violences, plus particulièrement les violences faites aux enfants nous touchent bien évidemment.

Au quotidien, nous avons le droit d’avoir un nom, une nationalité,
nous avons le droit à la nourriture, à la santé, à un logement,
nous avons le droit de nous exprimer,
nous avons le droit à l’éducation,
nous avons le droit de jouer, rêver, rire,
nous avons le droit à la protection contre les violences,
nous avons le droit de vivre avec nos parents et notre famille,
nous avons le droit d’être élevé par nos parents,
nous avons le droit d’être secouru, d’avoir un refuge,
nous avons le droit à une vie privée,
nous avons le droit de protection contre la guerre, l’exploitation et les trafics, nous avons l’universalité des droits.

Au cours d'un atelier de découverte, de réflexion et d’échanges avec Kildine Bataille, élue référente à la commission Solidarité Santé au Conseil Municipal d’Enfants, Sophie et Sylvie de l’association Zonta Club de Dijon et l’équipe du CME, nous avons réfléchi, mis par écrit et partagé nos idées.
C’est ainsi, que nous pensons inévitablement à vous, qui vivez en Afghanistan. Plus exactement, à vous, toutes les jeunes filles Afghanes qui habitez dans ce pays en guerre.

En effet, la Convention Internationale des Droits de l’Enfant adoptée par l’Organisation des Nations Unies, le 20 novembre 1969, a été ratifiée par 196 pays, dont l’Afghanistan le 28 mars 1994.
Cette Convention composée de 54 droits, n’est malheureusement plus respectée en Afghanistan.

Alors, nous pensons à vous toutes qui vivez à 5338 kilomètres, jeunes filles Afghanes.

Nous pensons à vous qui avez le droit de vous exprimer :
*à vous qui devriez pouvoir dire ce que vous voulez, exprimer vos convictions, parce que vous devriez être libres de vivre dans un pays où devrait régner la démocratie et non la dictature ;
*à vous qui devriez avoir le droit de liberté de Presse.

Nous pensons à vous qui avez le droit d’être protégées contre le racisme et les discriminations :
*à vous qui ne devriez pas être exclues, menacées, moquées ;
*à vous qui subissez l’intolérance, l’incompréhension, les conflits, la guerre ;
*à vous qui subissez la discrimination parce que vous êtes nées Filles.

Nous pensons à vous qui avez le droit d’être secourues, d’avoir un refuge :
*à  vous qui avez besoin d’être secourues parce que vous n’avez pas tous les droits dans votre pays ;
*à  vous qui avez besoin d’un refuge parce que votre pays est en guerre, à vous qui demandez à être réfugiées afin de vous nourrir, de communiquer, d’avoir des vêtements propres, l’accès aux soins de santé et d’hygiène, aller à l’école chaque jour.

Nous pensons à vous qui avez le droit à l’éducation :
*à vous qui devriez avoir accès à l’instruction pour découvrir, connaître et oser l’expression, « avoir un avis » ;
*à vous qui avez la volonté de vous cultiver, d’apprendre ;
*à vous qui envisagez d’avoir un travail dans la vie d’adulte, d’avoir accès à l’autonomie financière.

Nous pensons à vous qui avez le droit d’être protégées contre les violences :
*à vous qui subissez des violences physiques : fessée, tapes sur les mains, le corps.
*à vous qui subissez des violences verbales: les mots dits font autant de mal que les coups portés ;
*à vous qui devez dire NON aux enfants, aux adultes, à la famille, aux inconnus, aux professeurs, aux entraîneurs de sports, aux institutrices et instituteurs qui vous portent atteinte, qui vous violentent ;
*à vous qui perdez confiance en vous, qui êtes blessées physiquement et moralement, qui peuvent aller jusqu’à penser à la mort, aux conséquences de ces violences sur vous, jeunes filles Afghanes.

Nous sommes à la fois heureux et tristes de penser ainsi à vous, nous souhaiterions vous rencontrer demain dans notre Ville, dans notre école, au cours de nos activités extra-scolaires. Nous sommes physiquement éloignés, mais soyez certaines que nous pensons à vous dans notre vie quotidienne. nous devrions toutes et tous vivre avec l’universalité des droits de l’enfant !

Nous finirons par ces mots écrits dans le Déclaration de Genève en 1924, où pour la première fois, l’existence de droits spécifiques aux enfants, mais surtout la responsabilité des adultes à leur égard est reconnue. « L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur ».

Nous vous remercions de votre écoute.









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