
La société d'économie mixte Odivea et la Métropole de Dijon mobilisent près de 500.000 euros pour installer une nouvelle canalisation et refaire la chaussée. Ce mercredi 5 août, Nathalie Koenders et Antoine Hoareau ont effectué une visite de chantier qui se déroule avec un «phasage complexe».

Atteindre 90% de rendement des canalisations d'approvisionnement en eau potable, tel est l'objectif commun à la Métropole de Dijon et à Odivea. Dans le cadre de cet engagement, la collectivité et la société d'économie mixte réalisent régulièrement des travaux de remplacement de conduites.
Le chantier de la rue de la Préfecture se remarque particulièrement puisqu'il se situe devant un lieu de pouvoir et que la voie est empruntée pour accéder au marché des Halles ou à la Banque de France notamment.
La canalisation datant de 1902 a été considérée comme fuyarde et devant être remplacée. À cet effet, Odivea – qui dispose justement d'une agence dans cette même rue – mobilise 250.000 euros et compte sur un cofinancement de l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse. De son côté, la Métropole de Dijon engage 240.000 euros pour refaire la rue après les creusements. Les travaux devraient être terminés pour la rentrée scolaire.
«À Dijon, à fin 2025, le réseau est à 85% de rendement»
Ce mercredi 5 août 2026, Nathalie Koenders (PS), maire de Dijon et première vice-présidente de la Métropole de Dijon, et Antoine Hoareau (PS), premier adjoint au maire de Dijon et président d'Odivea, ont effectué une visite de chantier.
«Tous les ans Odivea investit plusieurs millions d'euros dans le renouvellement des canalisations du réseau d'eau», a indiqué Antoine Hoareau, «ça fait partie du contrat que la Métropole passe avec Odivea». Odivea est la société d'économie mixte à opération unique (SEMOP)
constituée, en 2021, par la Métropole de Dijon (49% du capital) et le
géant français de gestion de l'eau Suez (51%).
«Il y avait des fuites importantes sur cette canalisation. (…) La canalisation principale est changée ainsi que tous les branchements qui permettent aux gens d'être raccordés», a complété le président d'Odivea, «ça participe de la lutte contre les fuites». «Chaque goutte d'eau économisée à travers les fuites est une goutte d'eau que l'on n'aura pas besoin d'aller chercher dans le milieu naturel.»
«À Dijon, à fin 2025, le réseau est à 85% de rendement, ce qui est très bien», s'est félicité Antoine Hoareau, la moyenne nationale étant de 80%, avec de grande disparité suivant les communes. «Notre objectif, c'est 90% de rendement».
Un appel à la «sobriété» pour utiliser l'eau
Depuis le 3 août dernier, 11 des 14 bassins hydrographiques de la Côte-d'Or sont placés en crise, dont ceux entourant la métropole dijonnaise (
lire le communiqué).
«C'est aussi le moment de passer des messages de prévention auprès de la population pour dire attention à vos usages de l'eau au quotidien, il faut qu'on soit dans la sobriété», a alerté Antoine Hoareau, «on est tout début août et on est dans une situation que, habituellement, on connaît plutôt mi-septembre». «Nos ressources sont très tendues.»
Cet appel a été entendu en premier par les entreprises qui réalisent le chantier. «D'habitude, quand on rince les conduites d'eau avant de les mettre hors service, on avait l'habitude de faire couler l'eau un petit moment», a expliqué Étienne Luc, directeur d'activité de SOGEA environnement Bourgogne-Franche-Comté et de BER 21. «Spécifiquement, pendant cette période, on a essayé d'être plus sobre encore en mettant des compteurs sur l'eau prélevée pour avoir juste la bonne quantité pour faire des analyses pour des mises en service.»
«À Dijon, on utilise beaucoup d'eau verte», a glissé Nathalie Koenders au sujet de la sobriété, «c'est à dire de l'eau non potable, notamment pour arroser les bacs rue de la Liberté, laver les rues et arroser la plateforme du tram».
Un enjeu de coordination entre les entreprises
Par ailleurs, en termes de déroulé du chantier, «le phasage est complexe». Car, si la période estivale est retenue pour les travaux publics afin de limiter les conséquences sur la fréquentation, il s'agit toutefois de préserver l'accès aux commerces qui restent ouverts.
Techniquement, l'ancienne conduite est laissée en place – ponctuellement des éléments sont retirés – et une nouvelle tranchée est creusée pour déposer la canalisation neuve avant de refaire la route.
«La coordination avec l'entreprise qui fait les voiries se passe très bien pour l'instant», s'est félicité Étienne Luc. Le suivi et la réalisation des travaux mobilisent 3 personnels d'Odivea, 12 de BER 21 et 15 de NGE Routes.
Les vagues de chaleur ont conduit les entreprises à adapter les conditions de travail des employés. «On fait des journées plus courtes», a signalé Étienne Luc. Filiale de Vinci construction, SOGEA environnement est une entreprise de travaux public spécialisée dans les métiers de l'eau, de l'assainissement et du chauffage urbain emploie 120 personnels en Bourgogne-Franche-Comté.
Vers un «meilleur partage de l’espace
public entre les différents modes de déplacement»
La couche de roulement de l'entrée de la rue de la Préfecture a déjà été refaite, permettant un accès à la rue du Nord. Les autres parties suivront au gré de l'avancée des travaux.
Selon la Métropole de Dijon, la signalisation horizontale sera revue de
façon à permettre un «meilleur partage de l’espace
public entre les différents modes de déplacement». En revanche, les trottoirs ne seront pas refaits, exceptées des reprises de bitume là où il y aura eu des interventions.
Vers une potentielle végétalisation de la placette de la rue de la Préfecture
«Maintenant, quand il y a des travaux, la Ville et la Métropole en profitent pour améliorer l'espace public», signale Nathalie Koenders ; ainsi, il s'agit de «l'embellir, le végétaliser et de désimperméabiliser». «Là, ce sera dans une deuxième phase puisque c'étaient des travaux déjà prévus avec que je sois réélue maire.»
À l'image des travaux de requalification de la place du 30-Octobre, des endroits où «planter des arbres où ils peuvent se développer» seront recherchés pour envisager l'implantation de trois à six arbres en pleine terre – une «poche de végétalisation» –, dès l'automne prochain, potentiellement au niveau de la placette située à l'intersection avec la Petite Rue du Suzon.
De façon coordonnée, des emplacements de parking pourraient être supprimés lors d'une prochaine requalification de la dite placette, en 2027.
Jean-Christophe Tardivon

































