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27/01/2022 20:44

DIJON : Plus d’un millier de personnes ont manifesté «pour pouvoir vivre dignement»

Lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle pour l’augmentation des salaires de ce jeudi 27 janvier, les représentants syndicaux ont appelé à ne pas se tromper de combat tout en poursuivant la lutte sociale, à moins de trois mois de l’élection présidentielle.
Comme bien souvent lors d’appels aux rassemblements dans le cadre d’une journée de grève, la dynamique ne saute pas aux yeux pile à l’heure du rendez-vous. Place de la Libération ce jeudi 27 janvier, il a fallu attendre près d’une heure pour voir le rassemblement prendre de l’ampleur et dépasser le millier de personnes, par un froid glacial. Un millier, dont quatre cents personnes qui s’étaient déjà mobilisées devant le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté pour s'opposer à l’ouverture à la concurrence annoncée du réseau des TER, votée en session plénière.


Porter la parole de ceux «confinés aux bas salaires»


Aux micros, celui de Force Ouvrière puis celui de la CGT, partagé avec la FSU et Solidaires, il a été question avant tout et à plusieurs reprises, dans cette journée de mobilisation pour la hausse plus large du pouvoir d’achat, d’une augmentation des salaires «plus que jamais nécessaire» selon les syndicats.

«C’est le salaire qui doit permettre à toutes et à tous de vivre dignement de son travail», a lancé Franck Laureau, secrétaire général FO de Côte-d’Or, qui s’est exprimé notamment pour l’augmentation du smic mais aussi le dégel et la revalorisation du point d’indice dans la fonction publique.

Du salaire, découle «la demande et la consommation» selon le représentant syndical, qui a inscrit son intervention dans la défense de ceux «confinés au bas salaires».

«La question, c’est de pouvoir vivre dignement de son travail»


Ce 27 janvier, les syndicats ont tenu aussi à rappeler qu’il est important de ne pas se tromper de combat à quelques mois de l’élection présidentielle. «La hausse du pouvoir d’achat, c’est la première préoccupation des Français».

«Ce ne sont pas des préoccupations sur l’immigration. Il n’y a pas d’invasion migratoire, c’est une fable. Ce ne sont pas les questions identitaires, les gens s’en fichent. La question, c’est de pouvoir vivre dignement de son travail», a appuyé Fabian Clément de la FSU 21, dans des propos portant sur la défense du service public, la défense des fonctionnaires sans oublier plus particulièrement les enseignants et les personnels dans l’Éducation nationale, les AESH «qui ont un temps partiel imposé et qui de fait sont payées en-dessous du seuil de pauvreté».

Pour Fabian Clément, la lutte intersyndicale a permis faire avancer les choses, notamment pour ce qui est de la protection sociale complémentaire dans la fonction publique ou bien d’ailleurs la mise en place d’une grille indiciaire pour la rémunération des AESH, «mais le combat continue».

«Ce n’est pas l’argent qui manque…»


«Ce n’est pas l’argent qui manque, c’est sa répartition qu’il faut changer !», a renchéri Frédéric Pissot, secrétaire général de l’Union départementale CGT de Côte-d’Or, en s’indignant sur des négociations annuelles obligatoires toujours compliquées dans les entreprises «alors que les dividendes ne font qu’augmenter».
«En 2021, plus de 300 milliards d’euros ont été captés par les 500 plus grandes fortunes de France. 210 milliards d’euros d’aides ont été versés aux entreprises», a noté le syndicaliste, ayant constaté que «l’hémorragie continue dans les services publics».

«C’est la question du pouvoir vivre qui est en jeu, même du pouvoir survivre. Le taux de paupérisation de la population est passé à 14 %», a-t-il déclaré, avant de s’appuyer sur les revendications nationales de son syndicat pour demander «le smic à 2.000 euros, le travail hebdomadaire à 32 heures», entre autres mesures déjà évoquées le 5 octobre 2021 lors d’une manifestation interprofessionnelle sur le même thème de la hausse du pouvoir d’achat.

En avant rue de la Liberté


«Nous sommes fiers de reprendre la rue de Liberté !», a conclu Frédéric Pissot. C’était pour ses confrères syndicaux et lui la première victoire de cet après-midi de manifestation. «Grâce à l’intersyndicale et notre avocat, nous avons fait céder la préfecture», ont-ils avancé.
Les représentants de Solidaires ont eux appelé à faire en sorte que le candidat à l’élection présidentielle Eric Zemmour ne puisse pas tenir de réunion publique à Dijon ce samedi, en annonçant une action dont des modalités plus précises devraient être communiquées dans la journée de vendredi.

Pour en revenir à la journée de ce jeudi 27 janvier, c’est donc vers 15h30 que le cortège de plus d’un millier de manifestants - 1.000 selon les renseignements territoriaux, 1.200 selon un représentant de la CGT - s’est élancé en direction de la place Darcy puis sur les boulevard de Brosses et de la Trémouille, où un arrêt a à nouveau été effectué devant le siège du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, où Jean-Christophe Gossard, délégué CGT Cheminots à Dijon et sur la région, a pris la parole et fustigé les prises de position de la majorité régionale sur l'ouverture à la concurrence évoquée.

Dans le cortège ayant ensuite défilé autour de la place de la République et dans les rues Jean-Jacques Rousseau, Auguste Comte et Lamonnoye pour retrouver la place de la Libération, les chants et autres airs de musique servaient à se réchauffer tant bien que mal et la météo en a découragé plus d’un au cours du défilé, cela même si nombre de manifestants ont réaffirmé leurs messages, cela dans un contexte dénoncé aussi sous le prisme de la hausse de l’inflation et des produits de première nécessité.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier




















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