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10/06/2020 06:07

DIJON : Plus d’un millier de personnes rassemblées «contre le racisme et les violences policières»

La manifestation de ce mardi 9 juin 2020 à Dijon s’est déroulée en deux temps peut-on dire, le temps du rassemblement et des messages forts contre le racisme sur la place de la Libération, puis un temps davantage tourné contre les forces de l’ordre.
Depuis le lancement de l’appel au rassemblement en fin de semaine dernière, la Ligue de l’enseignement, la Cimade, l’UJFP et la Confédération syndicale des familles s’étaient jointes aux signataires.
Ce mardi donc en fin de journée, le nombre de personnes rassemblées sur la place de Libération dépassait le millier - 600 selon la Police -.

Les slogans de dénonciation du racisme et des violences policières étaient mêlés, avec forcément des rappels à l’acte donnant lieu notamment à ce rassemblement : la mort de George Floyd sous la pression du genou d’un policier américain. «Justice pour Adama (Traoré) !» était aussi scandé.
Dans les symboles fort de la manifestation à Dijon, on pouvait d’ailleurs retenir que chaque manifestant a posé un genou à terre… Avant cela, plusieurs prises de paroles ont vu organisateurs et acteurs disons plus anonymes de ce rassemblement rappeler que le racisme est encore à combattre aujourd’hui. Un racisme dont les racines se trouvent dans l’histoire coloniale de la France selon le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples.

«Le vrai sujet, c’est le racisme systémique qui n’est pas traité dans notre pays»


Si plusieurs intervenants ont pris soin de préciser que l’esprit «anti-flic» ne devait pas être la norme de cette manifestation au risque d’occulter un problème plus global et persistant dans la société, la question des violences policières ou simplement des contrôles de Police est revenue à plusieurs reprises.
Alors que la Ligue des Droits de l’Homme a regretté une certaine impunité des forces de l’ordre dans leurs agissements et autres manières de procéder vis-à-vis des migrants et demandeurs d’asile, SOS Racisme a demandé à ce que le récépissé soit mis en place afin d’éviter une certaine récurrence des contrôles sur les mêmes personnes…

«SOS Racisme a adressé au premier ministre le 3 mai un texte d’interpellation sur les violences policières et le racisme subi par des populations d’origine immigrée. Cette pétition a été signée par plus de 8.000 personnes. SOS Racisme saisit cette occasion pour rendre hommage aux forces de l’ordre qui exercent un maintien de l’ordre respectueux des droits et de la dignité des citoyens. Le défenseur des droits dans un rapport a pointé des techniques d’interpellation dangereuses et l’absence de réponse sur 36 dossiers qui ont fait l’objet de demandes de poursuite disciplinaire. Cela pose le débat sur la logique du maintien de l’ordre, l’obligation de réponse judiciaire et la recomposition de l’autorité compétente en matière d’inspection. Nous ne pouvons plus vivre dans le déni aujourd’hui car des faits relevant de racisme sont révélés chaque jour y compris sur les
réseaux sociaux. Le vrai sujet, c’est le racisme systémique qui n’est pas traité dans notre pays», a résumé notamment Dieynaba Baldé, présidente de SOS Racisme en Côte-d’Or.

Dans le rassemblement, on notait la présence de bon nombre de lycéens et d’organisations étudiantes dont la Fédération étudiante de Bourgogne inter-associative, mais aussi d’élus et de représentants de partis ou d’organisations politiques, de la France Insoumise au Parti Socialiste en passant par le Parti communiste et les Gilets jaunes.

Provocations et tensions face aux forces de l’ordre


Après une heure de rassemblement sur la place de la Libération, une partie des manifestants s’est lancée en direction de la place Darcy pour poursuivre ensuite en direction de la place Suquet, là où se trouve on le sait le commissariat de Police…
«Tout le monde déteste la Police», pouvait-on lire en gros sur une banderole portée en tête de cortège… Le ton était donné et des provocations ont eu lieu à une centaine de mètres de la place Suquet face aux forces de l’ordre.

La préfecture quant à elle parle de jets de projectiles envers celles-ci de la part de manifestants, «une minorités d’activistes déterminés à forcer le barrage de Police». Des manifestants qui de leur côté ont plutôt affirmé avoir dû subir des tirs de gaz lacrymogènes alors qu’ils tentaient en début de soirée d’aller prolonger le rassemblement devant la préfecture.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

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