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03/11/2021 03:27

DIJON : Pose de la première pierre de la Tour Elithis Arsenal à énergie positive

Une tour d'habitation à énergie positive de seize étages s'élèvera en 2023 au niveau de l'arrêt de tram Jean Jaurès. La pose de la première pierre s'est déroulée le 29 octobre dernier. Le bâtiment fait partie d'un ensemble de cent tours similaires que l'investisseur suédois Catella AB entend déployer partout en Europe en partenariat avec Elithis.
«Combien de nos concitoyens aujourd'hui vivent dans la détresse au regard de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières ?», demande Thierry Bièvre, président d'Elithis, au moment de poser la première pierre d'une tour à énergie positive.

Douze ans ans après une première mondiale à Dijon – la construction d'une tour de bureaux à énergie positive sur un délaissé voisin de l'Auditorium – trois ans après une tour de logements à Strasbourg, Elithis voit débuter l'édification d'une nouvelle tour d'habitation qui, elle aussi, produira plus d'énergie qu'elle n'en consomme, faisant tendre vers zéro la facture énergétique de ses habitants.


Une tour de 16 étages abritant 59 logements


Située avenue Jean-Jaurès au niveau de l'arrêt de tram éponyme, la Tour Elithis Arsenal fera 16 étages et culminera à 57 mètres de haut. Pour autant, du fait de sa localisation, la tour Belvédère qui surplombe la gare restera d'une altitude plus importante.

Devant être livrée au premier trimestre 2023, la Tour Elithis Arsenal est dessinée par le cabinet Arte Charpentier Architectes. La surface totale sera de 5.000 m² dont 1.200 m² de bureaux. Elle accueillera 59 logements avec une possibilité de «réversibilité totale» entre usage d'habitation ou professionnel.

«Son bilan énergétique sera positif dès le début grâce aux énergies renouvelables dont panneaux photovoltaïques et à son design bioclimatique destiné à protéger l’environnement et à préserver les ressources naturelles», explique Elithis.

Au pied de la tour, sur 2.304m², se déploiera un îlot à énergie positive également, réalisé grâce à un partenariat avec Tonus Territoires et Habellis. Appelé «Avenue 6», il comprendra 51 logements sociaux répartis sur trois étages.

«Ne pas prendre de risque serait le plus grand risque à courir»


Ce vendredi 29 octobre 2021, la pose de la première pierre se déroule sur le parvis de la Minoterie, équipement culturel qui sera le voisin direct de la tour Signal dont le terrassement a commencé il y a tout juste quelques jours.

«L'écologie doit-elle se conduire au détriment du plus grande nombre qui n'a souvent comme horizon la fin du mois ? Doit-on toujours attendre le législateur pour définir les chemins empruntés dans notre lutte contre les dérèglements climatiques ? Prenons le risque d'être audacieux. Ne pas prendre de risque serait le plus grand risque à courir», lance Thierry Bièvre au moment des discours officiel.

L'ingénieur cible tout à la fois les tenants de l'écologie politique et le gouvernement qui, en 2021, n'a toujours pas fait aboutir la réglementation technique RE 2020 faute d'accord avec les acteurs de l'immobilier.

Des panneaux photovoltaïques dissimulés en façade


Pour Arte Charpentier Architectes, Antonio Frausto salue un «projet précurseur» et revendique de «construire la ville dans la ville» et «une évolution technique au service de ses habitants».

Des panneaux photovoltaïques en façade seront «dissimulés dans le vocabulaire architectural par des éléments esthétiques» comme l'expliquera Thierry Bièvre : «la peau du bâtiment elle-même est productrice d'énergie».

Le bâtiment sera très largement vitré avec des protections solaires pour «éviter la surchauffe en été» et il sera possible d'ouvrir des fenêtres, «c'est un bâtiment qui s'ouvre sur l'extérieur».

Très effilé, le bâtiment ne devrait pas apporter d'ombre «ostentatoire» au voisinage. Au sommet, Thierry Bièvre ne parle pas de «roof top» mais d'un «cœur social» du bâtiment prenant la forme d'un «diamant» de verre.

«Faire des économies d'énergie doit augmenter le confort»


Le principe est donc de produire plus d'énergie qu'il n'en consomme, ce qui permet de «gommer la facture d'énergie», selon Thierry Bièvre, «c'est intéressant pour le pouvoir d'achat des ménages», qui plus est, «faire des économies d'énergie doit augmenter le confort».

L'électricité sera autoconsommée ou revendue. À Strasbourg, «six ménages sur dix ont une facture énergétique de moins 36 euros en moyenne», c'est à dire une recette de 36 euros. Le fonds à impact restant propriétaire des tours et des logements, tous les appartements seront loués «au prix du marché».

Si les logements sociaux seront labellisés Bepos, Effinergie et NF HQE Habitat pour les logements sociaux, la tour Arsenal ne recevra pas de labellisation Bepos. C'est donc Elithis qui garantira «pendant cinq ans» la dimension d'énergie positive.

L'objectif d'«une construction 100% décarbonée, 100% à énergie positive»


Le risque financier est assumé par Catella Residential Investment Management (CRIM), filiale du groupe Catella AB, basé à Stockholm (Suède), qui a mis en place un fonds à impact doté de 2 milliards d'euros. CRIM et Elithis ont signé en juin dernier un partenariat exclusif portant sur 100 tours à énergie positive à construire partout en Europe. Ainsi, CRIM a acquis la tour Arsenal pour 16 millions d'euros (lire le communiqué).

En prenant la parole, Xavier Jongen, directeur général de CRIM, commence par saluer ses «nouveaux voisins» dont le maire de Dijon. L'investisseur considère qu'«Elithis fait bouger un peu les frontières, on change les règles du jeu», en faisant un parallèle entre les enjeux de l'immobilier et l'industrie automobile qui va arrêter la production de moteurs thermiques.

Xavier Jongen appelle donc de ses vœux «une construction 100% décarbonée, 100% à énergie positive» d'ici 2030. «Combattre le changement climatique, c'est combattre une perte de pouvoir d'achat des ménages parce qu'ils achètent trop cher leur énergie», analyse-t-il.

«On est capable de faire de la grande qualité y compris avec du logement social et très social»


«Habellis est soucieux de participer à une production vertueuse de logements sociaux sur Dijon Métropole», déclare Béatrice Gaulard, directrice générale Habellis (groupe Action Logement).

«Dijon est une ville qui construit dans de bonnes conditions, avec de la qualité», se félicite Christophe Caresche, PDG de Tonus Territoires (filiale d'investissement du groupe Banque des Territoires) .

Tonus Territoires et Habellis ont travaillé de concert à un montage d'ingénierie financière pour «rationaliser la mise de fonds propres» par un démembrement de propriété temporaire de 18 ans entre la nue-propriété (acquise par Tonus Territoires) et l'usufruit (acheté par Habellis sans mobiliser de fonds propres). Habellis mobilise 2,3 millions d'euros dans l'opération.

Le projet Avenue 6 comprend une trentaine de logements HLM financés par le Prêt Locatif à Usage Social (PLUS), quatre logements intermédiaires financés par le Prêt Locatif Social (PLS) et quinze logements financés par le Prêt Locatif Aidé d’Intégration (PLAI) et destinés aux locataires en situation de grande précarité.

Ce qui fait dire à Christophe Caresche : «on est capable de faire de la grande qualité y compris avec du logement social et très social». Le PDG de Tonus Territoires salue «un projet magnifique sur le plan technique avec une qualité architecturale et une qualité en termes d'efficacité énergétique». Par ailleurs, il estime qu'«il va falloir changer les modes de construction dans les dix ans qui viennent, c'est évident».

Jean-Christophe Tardivon

François Rebsamen fête la social-écologie


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Photographies Jean-Christophe Tardivon





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