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25/07/2020 18:51

DIJON : Raid Aventure contribue au rapprochement entre la police et la population

Durant deux journées citoyennes et sportives des 21 et 22 juillet derniers, la place Galilée du quartier des Grésilles a été transformée en terrain d'aventures. Un événement proposé dans le cadre du plan «Quartier d'été 2020» afin d'animer les quartiers populaires.
Le déploiement des ateliers de Raid Aventure partout en France correspond à une initiative du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR). La mise en place de cette action les 21 et 22 juillet 2020 dans le quartier des Grésilles a associé la police municipale de la Ville de Dijon, les délégués à la cohésion police-population de la direction départementale de la sécurité publique de Côte-d'Or.

L'association Raid Aventure a été fondée il y a 25 ans par Bruno Pomart, ancien policier du Raid, l'unité d'élite de la Police Nationale. Pour l'association, «policiers et jeunes ont une occasion de dialoguer ensemble, de répondre aux interrogations réciproques et ainsi de lever les malentendus».

Aux Grésilles, dans l'enceinte installée par Raid Aventure, les agents de la police nationale et de la police municipale étaient donc présents pour répondre aux questions de tout ordre, pour aborder le sujet de la prévention routière ou encore le secourisme.

Les activités proposées étaient aussi sportives : mur d'escalade, foot, rugby, boxe... D'autres ateliers étaient tout autant physiques : secourisme, gestes techniques des policiers en intervention et même parcours d'obstacles en tenue de maintien de l'ordre.

Devant l'affluence des enfants le 21 juillet, Frédéric Sampson, directeur de cabinet du préfet de la Côte-d'Or, a constaté «un réel intérêt de la part des plus jeunes pour ces sujets de sécurité routière, de gestes qui sauvent, de self-défense».

110 millions d'euros pour le plan «Quartier d'été 2020»


Cette année les ateliers du Raid Aventure prennent place dans le plan «Quartier d'été 2020». Lancé en juin dernier par le gouvernement, ce plan vise «à répondre à la problématique de l'été dans les quartiers après la période de confinement» comme l'a souligné Frédéric Sampson.

Le plan mobilise sept ministères et est doté d'un budget de 110 millions d'euros pour s'adresser en priorité aux 1,3 millions d'enfants et de jeunes des quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville. Il s'articule autour de six axes : accompagner davantage les enfants pour des «vacances apprenantes» (lire notre article sur les colos apprenantes), renforcer la présence des services publics dans les quartiers prioritaires de la ville, soutenir les actions civiques et de tranquillité publique, valoriser la solidarité, donner la priorité à la formation et à l’emploi et développer la culture et encourager le sport.

Localement, six postes d'adultes relais ont été récemment créés pour intervenir dans des quartiers de l'agglomération dijonnaise, des propositions d'emploi dans les centres multimédias vont être prochainement diffusées et des interventions sous la forme de stand-up ou de one man show auront lieu pour aller à la rencontre des jeunes tout en évitant les regroupements.

«L’État est bien présent dans le quartier des Grésilles»


Si la sensibilisation à la citoyenneté et la découverte des métiers de la Police Nationale sont au cœur du projet du Raid Aventure, la tenue d'un tel événement aux Grésilles après les violences urbaines du mois de juin dernier prend encore plus de sens.

«Quels que soient les malentendus qui ont pu exister, les services de l’Etat sont bien présents dans les quartiers» a déclaré Frédéric Sampson, «ils travaillent main dans la main avec la population et cette proximité avec la population est un continuum essentiel pour la tranquillité publique dans les quartiers, la sécurité, c'est l'affaire de tous».

«C'est important de pouvoir faire cette première manifestation dans le quartier des Grésilles après les événements que l'on a connus au mois de juin» a rappelé Frédéric Samspon, afin d'«expliquer et dédramatiser pour créer du lien entre la police et la population».

Tous les échanges ne sont pas aussi visible que les deux journées citoyennes du Raid Aventure comme l'a expliqué le directeur de cabinet du préfet : «on œuvre discrètement, puisqu'on l'a fait sans les médias, pour renouer le lien avec la population des Grésilles. Le préfet s'est rendu le 30 juin à la rencontre d'adultes relais et de responsables de réseaux associatifs. Le 18 juillet, il a assisté à un conseil citoyen des Grésilles avec le directeur départemental de la sécurité publique et le procureur de la République».

«L’État est bien présent dans le quartier des Grésilles» a-t-il insisté. «On tient vraiment, aux côtés de la Ville de Dijon à poursuivre ce travail dans le continuum et la coproduction de sécurité avec la police municipale et avec la population des quartiers. C'est à travers des actions qui permettent de dédramatiser l'action des services de police que l'on peut créer de la confiance et aller de l'avant tous ensemble».

«Il y a une forte demande de présence policière»


Directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Claude Dunand est revenu sur la symbolique de la place Galilée : «on est au cœur du quartier des Grésilles, en plein après-midi, de manière très informelle sur tous les ateliers qui sont proposés avec une relation qui doit être la relation habituelle que l'on a avec les gens». «Il y a une forte demande de présence policière» de la part des habitants des Grésilles a précisé Jean-Claude Dunand.

La moitié des intervenants présents lors de ces deux jours relèvaient de la Ville de Dijon, que ce soient des policiers municipaux ou des éducateurs sportifs. Première adjointe de la Ville de Dijon, Nathalie Koenders a indiqué voir là «une belle opération» (lire notre interview sur la tranquillité publique).

À la rentrée, directeur départemental de la sécurité publique, procureur de la République et adjointe au maire déléguée à la tranquillité publique reprendront les réunions de quartiers présentant les champs d'intervention des forces de sécurité et l'articulation avec la justice.

«La sécurité, c'est l'affaire de tous, mais avant tout celle de l’État et de la Ville, on expliquera les acteurs et en quoi les citoyens peuvent également être acteurs de leur sécurité» a annoncé Nathalie Koenders. Une série de réunions qui passeront par les Grésilles pour répondre aux différentes interrogations des habitants.

Jean-Christophe Tardivon