
«On va continuer à recruter des policiers municipaux et à mieux les former», a annoncé Nathalie Koenders, ce mercredi 9 juillet, lors d'une cérémonie pour remettre le premier étendard de cette institution. Au passage, la socialiste a taclé les Insoumis sur le sujet de la sécurité.

La maire de Dijon a l'art du suspense. Face aux demandes répétées de certains opposants, Nathalie Koenders (PS) avait laissé entendre qu'une annonce tomberait prochainement à propos des effectifs de la police municipale. Alors qu'un événement était calé de longue date, la première édile a attendu pour confirmer le recrutement du centième agent de la police municipale dijonnaise.
Ce mercredi 9 juillet 2025, dans la cour d'honneur du palais des ducs de Bourgogne était organisée une cérémonie de remise d'étendard de la police municipale qui n'en disposait pas jusqu'à présent. Les agents auront ainsi un signe spécifique en participant au prochain défilé civil et militaire de la fête nationale.
Nathalie Koenders tacle les Insoumis
Parallèlement, Nathalie Koenders a commenté les premières annonces concernant la loi sur les polices municipales qui sera présentée en conseil des ministres à la rentrée – elles vont dans «le bon sens» – et a fustigé la réaction des Insoumis à ce sujet.
L'événement s'est déroulé en présence d'élus et d'autorités civiles et militaires ainsi que d'élus, notamment Océane Godard (PS), députée de la Côte-d'Or, Olivier Caracotch, procureur de la République de Dijon, le colonel Loïc Bonal, chef de corps du 511ème régiment du train, le commissaire divisionnaire Frédéric Vincent-Genod, directeur interdépartemental de la Police nationale de la Côte-d'Or, le directeur de police municipale Samid El Ouahidi, directeur de la tranquillité publique de la Ville de Dijon, et deux membres du conseil municipal d'enfants.
Cent policiers municipaux au 1er septembre
Jour et nuit, des policiers municipaux sont à même d'intervenir dans l'ensemble des quartiers dijonnais. D'abord généraliste, la police municipale a évolué ces dernières années.
Lancé en 2015, un plan a conduit à armer progressivement tous les agents. Une équipe de nuit a été constituée pour «réguler la vie nocturne», en 2021, suivie par un Groupe de soutien et d'intervention (GSI) pour «traiter les situations délicates», en 2023. Une petite brigade cynophile, composée d'une agente et d'un berger malinois, est en cours d'expérimentation auprès de l'équipe de nuit.
Deux nouveaux recrutements, effectifs au 1er septembre prochain, porteront l'effectif global à 100 agents, conformément à l'engagement de «acte II de la tranquillité publique» pris par Nathalie Koenders quand elle était alors première adjointe au maire François Rebsamen (alors PS). Élue maire par le conseil municipal, le 25 novembre dernier, la socialiste a conservé cette délégation.
Pour cela, la municipalité a dû procéder à 45 recrutements pour passer de 70 à 100 policiers municipaux en raison de mutations ou de départs à la retraite.
À noter que les unités des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) et de la «brigade verte» constituent souvent un marche-pied pour intégrer la police municipale dijonnaise après avoir passé le concours.
«On va continuer à recruter des policiers municipaux et à mieux les former», a glissé Nathalie Koenders en laissant entendre qu'une annonce serait faite en ce sens durant la prochaine campagne de l'élection municipale, induisant ainsi un nouveau suspens.
«Autorité et proximité» sont les «piliers» de la police municipale dijonnaise
La cérémonie était organisé pour «reconnaître la spécificité du statut de la police municipale». «Il était important de vous mettre publiquement à l'honneur», a déclaré Nathalie Koenders. «L'étendard que je m'apprête à vous remettre incarne l'identité de notre police municipale, (…) il est le témoin d'un engagement commun au service de l'intérêt général.»
Selon la maire, «autorité et proximité» sont les «piliers» de la police municipale dijonnaise. «La tranquillité publique est, parmi les services publics municipaux, celui qui touche au fondement même du contrat social.»
Pour la socialiste, «se sentir en sécurité en société» est «une condition sine qua none de l'ordre social» qui conditionne «l'exercice serein de tous les autres droits et libertés».
Les agents sont donc «mobilisés en première ligne» et se retrouvent ainsi «en prise directe avec les difficultés des habitantes et des habitants» et «exposés aux incivilités, aux emportements et à la violence».
«À Dijon, il n'y a aucune zone de non-droit», a assuré la maire, «les policiers municipaux vont dans tous les quartiers, parfois en lien avec la police nationale».
La maire de Dijon assume l'équipement en armes à feu et le recours à la vidéoprotection
Nathalie Koenders a défendu le choix d'équiper d'une arme à feu les policiers municipaux – pleinement effectif depuis 2023 – pour répondre au «besoin» exprimé par les agents et pour «adapter avec pragmatisme les conditions d'exercice du métier aux réalités du terrain».
La socialiste a considéré que les récents propos de Mathilde Panot, présidente du groupe des députés de La France insoumise, qui souhaite notamment désarmer les policiers municipaux, relevaient de l'«irresponsabilité», voire du «dogmatisme».
L'oratrice a assumé également le «renforcement» du maillage de caméras de vidéoprotection qui ont «permis d'arrêter des personnes qui ont commis des délits, des crimes, notamment les homicides tragiques qu'on a connus [en 2024]».
Réaction aux premières mesures connues de la loi sur les polices municipales
Celle qui a piloté le groupe de travail transpartisan sur la police municipale au sein de France Urbaine souhaite voir les propositions de l'association d'élus reprises dans l'évolution du cadre législatif actuellement portée par Bruno Retailleau.
Si le ministre de l'Intérieur du gouvernement de François Bayrou a prévu de présenter l'ensemble du projet de loi relatif à l’extension des compétences des polices municipales et des gardes champêtres lors d'un conseil des ministres, à la rentrée, quelques mesures ont été exposées récemment. Selon la maire de Dijon, elles vont dans «le bon sens».
«Toujours plus de complémentarité entre les polices municipale et nationale»
Bien que devenue la troisième force de sécurité intérieure, «la police municipale doit rester un service public de proximité et de dissuasion, présent sur le terrain et qui agit en appui des forces régaliennes», selon nathalie Koenders. «Elle n'a pas vocation à faire du maintien de l'ordre ni à enquêter.»
En revanche, en cas de flagrants délits précisés par la loi, «la possibilité de dresser des amendes forfaitaires délictuelles tomberait sous le sens». Idem pour les contrôles d'identité «très encadrés». «L'objectif est de tendre vers toujours plus de complémentarité entre les polices municipale et nationale.»
En matière de lutte contre les trafic de drogues, «sans empiéter sur les compétences de l’État, la Ville de Dijon est pleinement investie», a avancé la responsable de l'exécutif municipal, «c'est notamment le cas sur le volet prévention» pour lequel les policiers municipaux constituent «les plus précieux maillons».
«Ils agissent en faisant de la dissuasion sur le terrain, en s'occupant aussi des occupations de halls d'immeubles», a-t-elle précisé, considérant que la nouvelle loi devrait permettre d'«intervenir un peu plus».
Le contour du palais des ducs de Bourgogne en étendard
Après avoir remis les parapheurs de promesse d'embauche aux deux derniers policiers municipaux recrutés, qui rejoindront l'effectif en septembre prochain, Nathalie Koenders a transmis le nouvel l'étendard au directeur de la tranquillité publique, qui l'a, lui-même, transféré au porte-drapeau.
L'emblème est constitué, au recto, du contour du palais des ducs de Bourgogne surmonté de «police municipale et «Dijon» ainsi que des mots «autorité» et «proximité» en lettres capitales, accompagnés de la date de création, en 1976. Au verso, figurent les armoiries de la commune.
Après l'hymne nationale, chaque agent a alors reçu un écusson à apposer sur son uniforme. Même le chien de la brigade cynophile s'est vu remettre un écusson pour son harnais.
Une telle cérémonie de «reconnaissance» de l'«institution» qu'est la police municipale pourrait, en fonction de l'exécutif sorti des urnes en 2026, être reconduite dans les années à venir.
Jean-Christophe Tardivon
































