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13/02/2026 13:56

DIJON : Rémi Goguel propose de «planter des arbres» place de la Libération

Avec sa colistière Mathilde Mouchet, le candidat qui mène la liste Dijon avenir a organisé une action, ce samedi 7 février, pour sensibiliser les passants aux propositions visant à «remettre du vert partout». «La promesse cachée de Madame Koenders, c'est 25 hectares de bétonnisation dans les 20 ans qui viennent», ont-ils dénoncé.
Un happening pour présenter le programme. Avec Rémi Goguel (sans étiquette) en tête de liste, la liste Dijon avenir entre dans le concret de la campagne pour l'élection municipale. Il forme un binôme avec Mathilde Mouchet (sans étiquette) qui, numéro deux, aspire à devenir présidente de la Métropole de Dijon (lire le communiqué).

Ce samedi 7 février 2026, une vingtaine de personnes se sont rassemblées place de la Libération pour exposer à qui voulait bien l'entendre les propositions de la liste Dijon avenir concernant l'environnement, regroupées dans ce que les colistiers appellent un «Plan de reconquête végétale de la ville». Toutefois, dans ce format, rares étaient les passants à s'arrêter effectivement pour écouter les messages diffusés.

Une liste issue des Jardins de l'Engrenage


Issue de la contestation au projet immobilier Garden State, situé le long de l'avenue de Langres, dont la bannière était «les Jardins de l'Engrenage», l'orientation idéologique de Dijon avenir oscille entre anticapitalisme, gauche radicale et écologie politique. 

De facto, il n'y a guère de repères pour évaluer cette liste au regard des forces en présence. En 2021, Éloi Delaporte (divers gauche) et Catherine Gourdon (divers gauche) s'étaient engagés aux élections départementales sur le canton Dijon 2, couvrant l'avenue de Langres, pour porter la voix des Jardin de l'Engrenage. Au premier tour, le binôme avait récolté 14,62% face à Nathalie Konders (PS) et Billy Chrétien (alors EELV), ceux-ci l'emportant au second tour.

À l'élection municipale de 2020, Bruno Louis, dissident d'Europe Écologie Les Verts, avait conduit une liste au programme plus radical que celui de son parti d'origine et avait reçu 3,76% des suffrages au premier tour, dans un contexte de faible participation.

Âgé de 55 ans, Rémi Goguel est consultant en mobilité active. Âgée de 38 ans, Mathilde Mouchet est ingénieure en environnement.

«Désimperméabiliser» et «végétaliser» la place de la Libération


«On va végétaliser cette place complètement minérale», déclare Rémi Goguel, interrogé par Infos Dijon à l'issue du happening, «il faut que cette place, comme beaucoup d'autres endroits, soit désimperméabilisée, c'est à dire qu'on retire cette surface totalement imperméable sur laquelle l'eau ruisselle pour que l'eau puisse pénétrer le sol».

«Le plan de reconquête végétale de la ville va nous permettre d'améliorer très rapidement la vie des Dijonnais (…) et, en quelques années, de remettre du vert partout. Là où Madame Koenders [NDLR : maire de Dijon sortante et candidate à sa réélection (lire notre article)] nous fait des petites taches vertes dans un tableau gris, nous veut un grand tableau vert», explique le candidat.

«Notre vision est celle qui permet d'assurer le meilleur avenir pour nos enfants, de les protéger des vagues de chaleur, des malheurs du capitalisme effréné qui en train de détruire nos vies, nos emplois et notre bonheur», martèle le militant, «au fond, le projet de Dijon avenir va, dans tous les domaines, expliquer ça aux habitants.»

La végétalisation, «l'ADN de Dijon avenir»


«La végétalisation est un tout petit sujet d'un programme beaucoup plus global», souligne donc Rémi Goguel, «on démarre par ça parce que c'est l'ADN de Dijon avenir».

«On vient des luttes locales pour le maintien et la défense du cadre de vie, à l'Engrenage, où on s'est battu pour que la mairie ne détruise pas un hectare de plein terre en ville. Ce qu'elle a fait, après nous avoir chassés comme des malpropres de cet endroit qu'on essayait de défendre. Puis, on a été au Suzon. On a, avec tant d'énergie pendant deux ans et demi, défendu les Berges du Suzon, gagné les Berges du Suzon. Grâce à nous – une partie des gens qui sont dans l'équipe Dijon avenir aujourd'hui, mais beaucoup d'autres gens –, on a permis que les Berges du Suzon ne soient pas détruites. Madame Koenders a eu quand même l'impudence de venir expliquer que c'était grâce à elle que les Berges du Suzon étaient sauvées. Non, quand vous renoncez à faire appel, c'est celui qui a gagné en première instance à qui il faut accorder le point. On a effectivement sauvé trois hectares de pleine terre en ville. C'est le plus grand espace existant», développe-t-il.

«Que chaque habitant soit à moins de 300 mètres d'un espace arboré»


Les militants insistent notamment sur le principe du «3-30-300». «C'est à dire que chaque habitant, par sa fenêtre, voit trois arbres, qu'il ait une couverture de canopée dans le quartier de 30% – cela revient à mettre des arbres dans tous les quartiers – et, surtout, qu'il soit à moins de 300 mètres d'un espace arboré», explique Mathilde Mouchet. 

«Aujourd'hui, trois quarts des Dijonnais disposent d'un espace de fraîcheur à un quart d'heure de chez eux», précise Rémi Goguel. «Il faut rapprocher la nature du domicile de chacun. On va créer dix nouveaux parcs, de vrais parcs, et une centaine de petits endroits de quelques centaines de mètres carrés qu'on va notamment aller chercher dans le tissu pavillonnaire, sur tous ces terrains qui ne sont pas encore construits. Plutôt que de les laisser aux promoteurs, la Ville les préemptera, les rachètera pour créer des îlots de fraîcheur.»

«Planter des arbres» place de la Libération et «installer des ombrières» rue de la Liberté


«Nous pensons qu'une municipalité doit agir en garantissant les besoins vitaux des habitants, entre autres d'être rafraîchis», assène Mathilde Mouchet, «ça passe par ce plan de reconquête végétale aussi en centre-ville de Dijon».

Brandissant une carte présentée comme étant un plan technique des réseaux d'eau et d'assainissement du centre-ville Mathilde Mouchet se focalise sur la place de la Libération : «effectivement, il y a le réseau qui passe rue de la Liberté et tout autour, notamment pour alimenter les différents cafés et restaurants, mais il y a beaucoup d'espace pour pouvoir planter des arbres».

«Bien d'autres villes, plus au sud de la France, ont déjà mis en place des mesures au niveau des services techniques. Donc, la question de ne pas planter d'arbres à cause de leurs racines qui viendraient poser des problèmes pour des réseaux, c'est faux ! En fait, les services techniques ont mis en place des recherches depuis ces dernières années parce qu'il faut planter des arbres», développe la colistière.

«C'est une question d'habitabilité de la ville. (…) Madame Koenders prévoit de mettre des bacs à fleurs rue de la Liberté, ce n'est pas du tout à la hauteur des enjeux», s'insurge la militante. «Sachant que les arbres, ça prend du temps pour pousser, on a aussi d'autres techniques complémentaires pour pouvoir, le temps de la pousse des arbres, installer des ombrières rue de la Liberté.»

«Au-delà de cette place très emblématique, il s'agit de proposer du rafraîchissement à de nombreux endroits par des fontaines à eau et aussi des fontaines à boire parce qu'on a aussi besoin de s'hydrater», ajoute-t-elle.

«Produire des logements» en réhabilitant les logements vacants


«La bande est des Lentillères sera préservée», ajoute Rémi Goguel, «vous avez là 4.000 m² de petits jardins que Madame Koenders veut détruire et bétonner».

«On peut citer l'ex-EHPAD des Marguerites», poursuit le candidat, «la mairie veut abattre une vingtaine de grands arbres pour construire un immeuble». «À Dijon avenir, on a un plan logement pour tous donc on ne conteste pas du tout la nécessité de construire des logements. Plutôt que de les construire, on va les produire par réhabilitation des très grandes quantités de logements vacants qui existent sur la ville. (…) Avec Dijon avenir, on n'abat plus d'arbre en ville.»

Vers «une nouvelle économie locale»


«En réalité, c'est toute l'économie qu'il faut changer», estime Mathilde Mouchet, «tout ce programme que nous proposons, c'est aussi et surtout un plan logement digne pour tous et une nouvelle économie locale, une économie de sobriété, relocalisée, circulaire, régénérative et surtout intensive en emplois locaux non délocalisables». 

«Étant donné qu'on va avoir une rénovation massive des logements, ça veut dire fabrication d'isolants biosourcés sur place, donc on va cultiver le chanvre dans les champs autour, donc ça veut dire des paysans beaucoup plus nombreux, payés dignement, et une petite industrie transformation et des artisans nombreux pour la mise en œuvre», envisage la colistière.

La «promesse cachée» de Nathalie Koenders d'urbaniser 25 hectares de pleine terre


«Le projet de Madame Koenders, elle le cache», enchaîne Rémi Goguel, «et, pourtant, il est écrit à travers le Schéma de cohérence territoriale, le SCOT [associant la Métropole de Dijon, la communauté de communes de la Plaine dijonnaise ainsi que la communauté de communes Norge et Tille et présidé par François Rebsamen (FP)], qui est en cours de révision depuis 2023 mais qui arrive au bout de la révision qu'elle a validé». «Il valide 25 hectares de destruction supplémentaire de plein terre en ville dans les 20 ans qui viennent, juste à Dijon – 190 hectares sur la métropole. (…) Pour réviser le PLUi-HD, le maire devra prendre en compte les orientations du SCOT.» 

«La promesse cachée de Madame Koenders, c'est 25 hectares de bétonnisation dans les 20 ans qui viennent. C'est insupportable. On ne veut pas de ça et on pense que les Dijonnais n'en veulent pas non plus. (…) Si on arrive aux responsabilités, il faudra qu'on refasse le SCOT», ajoute-t-il. «La révision du SCOT, à Dijon, c'est 17.000 habitants en plus, 23.500, logements neufs en plus. Ces chiffres sont cachés. Ils sont dans le document d'orientation et d'objectif du SCOT qui n'est pas public.»

«On a besoin de conserver la pleine terre pour planter des arbres»


«Cette destruction de la pleine terre à Dijon est grave parce qu'on a besoin de conserver la pleine terre pour planter des arbres», explique Mathilde Mouchet. «C'est grave aussi pour les questions d'autonomie alimentaire. Aujourd'hui, notre territoire est dépendant à plus de 90 % de la nourriture qui est importée de loin, voire de très loin.»

«On se projette à 20 ans, à 25 ans, on sait qu'il faut que les territoires assurent l'alimentation pour leurs habitants», souligne la colistière, «c'est le premier besoin, c'est un besoin vital et, aujourd'hui, finalement les politiques publiques vont à l'encontre de ce premier besoin». «[Dans ces 25 hectares], on va faire des potagers collectifs agroforestiers parce qu'il est indispensable aussi que les habitants puissent, d'une manière ou d'une autre, produire un petit peu de leur nourriture.» 

«L'horizon 2050 est l'horizon de toutes les projections sur notre cadre de vie futur», ajoute Rémi Goguel, «pour raconter Dijon à 50°C, il faut parler de Dijon en 2050 et faire un récit très positif à cet horizon-là».

«La liste est complète»


L'assemblée générale de Dijon avenir compte «25 à 30 personnes». Rémi Goguel assure pourtant que «la liste est complète depuis quelques jours» alors qu'il faut atteindre 59 noms, plus quelques suppléants potentiels. «Les gens de la liste ont vocation à rejoindre l'assemblée générale», glisse le candidat.

Les colistiers peuvent être encartés à titre personnel mais leur appartenance partisane éventuelle ne devrait pas être exploitée durant la campagne. Malgré leur proximité idéologique en particulier avec La France insoumise, Rémi Goguel et Mathilde Mouchet assurent qu'«il n'est pas nécessaire d'être encarté dans une organisation politique pour pouvoir faire de la politique». «Des citoyens peuvent présenter une projet crédible et prétendre à siéger au conseil municipal même dans la majorité.»

Cette dimension citoyenne fut un des principaux points d'achoppement des discussions tant avec les militants de La France insoumise, qui soutiennent la liste Dijon populaire (lire notre article), qu'avec ceux des Écologistes, qui soutiennent la liste Dijon change d'ère (lire notre article).

«On avait envie de partir avec eux», expliquent les colistiers de Dijon avenir, «on pensait que c'était une option possible pour créer une dynamique de possible victoire dès le premier tour». 

Néanmoins, les militants de la liste citoyenne se sont heurtés à la logique partisane qui amenaient ces deux formations politiques à revendiquer non seulement la tête de liste mais aussi les principales places éligibles. 

Faire campagne d'«une manière différente»


L'équipe entend faire campagne d'«une manière différente» en mettant l'accent sur le porte-à-porte et les interventions dans l'espace publique. «Beaucoup de monde est passé cet après-midi», considère Mathilde Mouchet au regard de la circulation des piétons au bas du palais des ducs de Bourgogne.

La prochaine action de campagne de Dijon avenir est prévue, le 18 février, sous la forme d'un vélo-tour dans Dijon pour présenter «la nouvelle économie». Un meeting de fin de campagne est programmé, le 3 mars, salle Camille Claudel.

Objectif : faire «le rassemblement à gauche de Madame Koenders au second tour»


«Le plus important est d'aller à la rencontre des gens plutôt que de faire des réunions publiques», conclut Rémi Goguel, «les réunions publiques, souvent, ça réunit les soutiens ; c'est du temps perdu parce que, déjà, ils vont voter pour vous».

«700 personnes pour Nathalie Koenders, c'est ridicule ; Jérémie Brigand à Châtillon-sur-Seine a réuni 700 personnes», raille-t-il, «c'est beaucoup plus que tous les autres parce qu'il n'y a pas une culture politique forte ici». «Ces démonstrations de force ne nous intéresse pas. On veut convaincre les gens de voter pour nous et de nous donner la chance de gagner en faisant le rassemblement à gauche de Madame Koenders au second tour.»

Jean-Christophe Tardivon




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