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22/11/2020 18:21

DIJON : «Rendez-nous la messe !», ont scandé les fidèles catholiques

Une manifestation pour le retour des eucharisties dominicales et la défense de la liberté de culte s’est tenue sur la place de la Libération ce dimanche après-midi. 150 à 200 personnes de confession catholique s’y sont rassemblées.
Préparée et organisée «spontanément cette semaine» selon les intervenants qui allaient se succéder au micro ce dimanche 22 novembre en milieu d’après-midi, cette manifestation était tout de même déclarée à la préfecture, pour une durée d’une heure.

Sur une place de la Libération aujourd’hui garnie d’un arbre de Noël géant, entre 150 et 200 personnes avaient répondu à l’appel pour protester contre l’interdiction des eucharisties dominicales dans les églises et plus largement dénoncer une atteinte à la liberté de culte.

En introduction au rassemblement, Jean-François Jouy a déclaré notamment : «Nous ne sommes pas ici pour contester les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre un virus… Aujourd’hui nous contestons seulement le refus du rassemblement dominical et du droit fondamental qu’il illustre…».

Les fidèles catholiques avaient pris soin dans leur appel à manifester de rappeler par la même occasion les gestes barrières à respecter. Et ils ont reconnu au cours de la manifestation que la revendication leur était permise ici à Dijon contrairement dans d’autres villes où les rassemblements d’il y a une semaine avaient été interdits ou «ont fait l'objet d'intimidations».
«La messe serait-elle l'ennemie de la République ?», a-t-on entendu, avant un rappel de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

«Pour dénoncer l’attaque d’une liberté fondamentale»


Les manifestants de ce dimanche étaient bien là «pour dénoncer l’attaque d’une liberté fondamentale», la liberté de culte.
À la lecture de plusieurs textes tirés d’ouvrages religieux ou bien de médias catholiques, l’attaque évoquée a été fustigée, de même que la foi catholique a été posée tel un sentiment fort, un bien essentiel aux fidèles. «Rendez-nous la messe !», a été scandé à plusieurs reprises. «Rendez-nous la messe, rendez-nous la vie !», tel est le slogan qui a même ponctué l’une des prises de parole.

Quant à l’espoir de voir les messes à nouveau autorisées à partir du 1er décembre, date à laquelle des assouplissements au confinement devraient entrer en vigueur, «on espère, mais le gouvernement n’aurait de toute manière pas dû les interdire» a insisté Jean-François Jouy, au cours de la manifestation s’étant terminée par un chant mais pas de prière, pour respecter les conditions fixées dans le récépissé de la préfecture.

«Nous aurions pu lui rappeler l’article 18 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme signé en 1948 : Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. Si le gouvernement ne revient pas sur sa décision, il est fort à craindre que beaucoup reviendront en masse sur les places publiques pour faire vivre cet article 18 !».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier