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22/04/2021 20:31

DIJON : Thibault Roy rend les recherches scientifiques accessibles par le dessin

Dessinateur de presse à la base, Thibault Roy, vivant à Dijon depuis une vingtaine d’années, expose des recherches scientifiques en dessins sur les grilles du Jardin Darcy. Portrait.
Thibault Roy, 38 ans, s’est lancé dans une aventure enrichissante. Dessinateur de presse à la base, il est focalisé jusqu’à la fin du printemps 2021 sur la communication et donc la promotion de la biennale «Réseaux ! Partout tu tisses».
Financée par le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, elle est coordonnée par l’université de Bourgogne-Franche-Comté, la mission Culture scientifique de l’université de Bourgogne et le service Sciences, Arts, Culture de l’université de Franche-Comté. Faire découvrir les laboratoires de la région ainsi que les recherches qui y sont menées est l’objectif de l’événement. Des recherches auxquelles est mêlée la création artistique.


Des dessins en rapport avec les sciences, Thibault Roy en a déjà produits pour l’Expérimentarium, en réalisant des portraits de chercheuses et de chercheurs. L’aventure était sympa et un autre challenge s’est présenté à lui : vulgariser les recherches scientifiques, «ce sur quoi les chercheurs consacrent parfois leur vie».

«Les chercheurs me laissent mettre les mains dedans»


Pour ce dessinateur passionné, ayant commencé à apprivoiser cette expression en 4ème, influencé durant sa jeunesse par des classiques tels que Spirou et Fantasio ou Astérix, la tâche était de taille, enthousiasmante tout de même pour celui qui a embarqué aisément dans l’expérience.
Avec des appréhensions d’une part : «Il faut aller à l’essentiel, condenser en quelques dessins le propos. C’est toujours compliqué car il ne faut pas être trop simpliste, surtout quand on joue sur les stéréotypes. En ce moment, je travaille sur des recherches autour de la culture de la pomme de terre. J’ai toujours peur d’oublier quelque chose de fondamental qui ferait partie de la recherche et de devoir tout recommencer». Mais jamais rassasié d’autre part : «Le dessin est tellement fluctuant, il y a un challenge à chaque fois. Il faut arriver à ne pas s’endormir, ne pas tourner en rond. Là pour le coup, chaque recherche est différente. Il faut trouver une chose qui attire l’oeil et qui soit intéressant. Je suis plutôt agréablement surpris que les chercheurs me laissent mettre les mains dedans, faire ce que je veux. Ils ne m’ont jamais censuré. En physique, en archéologie, en géologie, ils ont tant d’idées et tant de choses à dire».

Le résultat peut se voir sur les grilles du Jardin Darcy à Dijon. Thibault Roy en a même fait plus pour ce rendez-vous dans l’espace public donné à tout un chacun. L’exposition «Réseaunautes» est à la base itinérante dans les lycées et les bibliothèques universitaires de la région. De 11 panneaux (+ 1 concernant l’intitulé de la biennale) constituant l’exposition dans sa forme initiale, celle-ci est riche de 18 panneaux à Darcy.

Des textes fournis par des médiateurs scientifiques des universités de Bourgogne et de Franche-Comté, tirés d’entretiens avec les chercheuses et chercheurs, Thibault Roy en a fait des adaptations conjuguant dessins et narrations.

Le dessin, moyen d’expression et de communication


Sur chacun des panneaux exposé, le dessin, les dessins sont au coeur des explications données. Pour l’auteur, cet outil pédagogique est fort, «même pour les plus grands». Il regrette d’ailleurs : «C’est un moyen de communiquer fondamental. J’interviens en tant que dessinateur de presse en milieu scolaire et je trouve que les cours de dessin ne sont pas assez mis en avant dans les écoles. Moi parfois j’apprends à redessiner un personnage avec un simple trait».

À l’âge de 16 ans, Thibault Roy, alors lycéen du côté de Chalon-sur-Saône, avait été quelque peu dépassé par une colère manifestée suite à une de ses caricatures, de Jésus Christ, parue dans la presse. Il s’était alors vraiment rendu compte de la force d’un dessin, parlant à tout le monde. Les traits et les tons de Cabu, Charb ou bien Luz font partie de ses inspirations. Dans le registre scientifique, il retient les dessins de Marion Montaigne.

Pouvant mesurer aussi à quel point il s’agit du premier moyen d’expression en voyant ses trois enfants se laisser aller sur les feuilles blanches, Thibault Roy dit avec un grand sourire : «On dit souvent que les dessinateurs sont des enfants qui continuent de dessiner. En fait, je ne me suis jamais arrêté».

Durant le premier confinement, Thibault Roy a publié sur ses réseaux sociaux le feuilleton d’un couple commentant l’actualité à sa fenêtre, l’encadrement de celle-ci faisant office de cases de bande dessinée.
La BD, il a pour projet d’en publier une, encore «en gestation pour l’instant» : une bande de gamins croit reconnaître le père Noël devenu SDF. Ayant perdu son travail car plus personne ne croit en lui, la bande va tenter de le remettre sur pied en lui confectionnant un nouveau costume. L’histoire, ayant été écrite par un ami à lui pour un court métrage au départ, est pleine d’espoirs.

Philippe le Bon, un smartphone dans les mains


Pour en revenir à l’exposition actuelle sur les grilles du Jardin Darcy, Thibault Roy nous invite à (re)découvrir des théories scientifiques et autres recherches poussées au travers de dessins qui valent pour le coup bien plus que des termes ou formules, peut-être trop complexes pour le grand public ou en tout cas pour le plus grand nombre. Et le dessinateur s’est fait un plaisir à apporter des touches d’humour mais aussi des références que les bédéphiles ne pourront pas louper.
Philippe Le Bon avec un smartphone, rose bonbon, pour vous parler de l’intelligence artificielle au service de l’art, le ton décalé n’est pas mal, non ?

L’exposition, en place jusqu’à la mi-mai, est exhaustive dans les thèmes abordés, des mathématiques aux télécommunications en passant par la robotique, l’alimentation, la biologie. Elle parle des réseaux qui entourent mais aussi de ceux qui ont marqué et fait évoluer notre histoire ainsi que nos interactions.

Comme annoncé, elle s’inscrit dans le cadre de la biennale Arts-Sciences, dont tout un programme est accessible en ligne via le site internet Échosciences Bourgogne-Franche-Comté.
Le mois prochain, si l’évolution de la situation sanitaire le permet, un temps fort est prévu les 29 et 30 mai au parc de l'Arquebuse de Dijon. Des rencontres d'artistes (mini-concerts et danses) et de chercheurs (Expérimentarium et mini-conférences) sont programmées et se feront à 100% en numérique si les rassemblements ne sont pas permis. Le vendredi 28 mai sera une journée consacrée aux scolaires. Des chercheurs se rendront dans des établissements scolaires pour rencontrer des élèves.
Sur son vélo, Aurélie Gonet partira quant à elle pour un «Tour des Savoirs» à travers toute la région, à la rencontre de chercheuses et de chercheurs sur leurs lieux de recherche.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

Les rendez-vous de la biennale «Réseaux ! Partout tu tisses»

à retrouver en cliquant ici







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