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13/12/2025 03:59

DIJON : Thierry Coudert est prêt à en découdre avec le «système Rebsamen»

«La qualité de la vie s'est dégradée au fil du temps», a considéré celui qui mène la liste du Rassemblement dijonnais, ce vendredi 12 décembre, en meeting. Avant même de présenter ses propositions sur la sécurité et l'urbanisme, Thierry Coudert n'a pas manqué de s'en prendre également aux Républicains.
Pas de flonflons, pas de musique dansante pour l'arrivée du candidat, même pas de Marseillaise à la fin. Dans la forme, le premier meeting de Thierry Coudert (UDR) avait tout d'un rodage, ce vendredi 12 décembre 2025, dans un restaurant dijonnais.

Sur le fond, le candidat à l'élection municipale a coché toutes les cases d'un meeting de campagne : tacler l'équipe sortante, railler les concurrents et aborder les thèmes de prédilection présumés de l'assistance, composée d'une centaine de personnes.

Autour de la tête de liste du Rassemblement dijonnais, figuraient René Lioret (RN), député de la Côte-d'Or, conseiller régional d'opposition et délégué départemental du Rassemblement national, Mélanie Fortier (RN), conseillère régionale d'opposition et numéro deux de la liste, Antoine Camus (ex-REC, IDL), conseiller municipal de Saint-Apollinaire, délégué régional d'Identité-Libertés et directeur de campagne, Marie-Claude Mille (UDR) et Claude Broquier (UDR) délégués de quartier de la liste.

René Lioret met en avant une «liste d'union»


La réunion publique est ouverte par René Lioret qui fait le constat que «[le Rassemblement national] a énormément progressé» parmi les électeurs côte-d'oriens depuis les municipales de 2020.

Le délégué départemental se félicite d'avoir monté «la liste d'union du Rassemblement national avec [l'Union des droites pour la République], qui va bien au-delà, avec des colistiers qui viennent du parti de Marion Maréchal – l'IDL – et des anciens LR qui ont décidé de nous rejoindre». «Les LR constituent, depuis un an et demi, la béquille d'Emmanuel Macron. (…) 18 voix LR ont permis de passer le budget de la Sécurité sociale.»

«Thierry Coudert est un homme qui a eu des responsabilités»


René Lioret rappelle alors que Thierry Coudert a obtenu 46,85% des suffrages au second tour de l'élection législative de la troisième circonscription, incluant une partie de Dijon, en 2024, dans un contexte de «front républicain» [NDLR : l'élection a été remportée par Pierre Pribetich (PS)].

«Thierry Coudert est un homme qui a eu des responsabilités, il a été préfet dans l'Eure, dans la Seine-et-Marne, l'un des plus grands départements de France, il a été directeur de cabinet de Brice Hortefeux, un homme de droite», vante l'orateur sans mentionner le passage du concerné par le Parti socialiste dans sa jeunesse ou encore par le Parti radical. «Il est parfaitement adapté à une ville qui est la 17ème ville de France [NDLR : en nombre d'habitants] et qui mérite un homme ayant ses capacités.»

Sécurité et urbanisme, «la qualité de la vie s'est dégradée au fil du temps»


Comme un passage de relais, le partisan de Marine Le Pen remet alors le micro au partisan d'Éric Ciotti qui a choisi d'élégantes rayures pour cette première. D'emblée, celui qui, depuis le 18 mai dernier, fait campagne avec pour thèmes principaux la sécurité et l'urbanisme (lire notre article), évoque un fait divers survenu, la veille, dans le quartier des Grésilles : un trentenaire a été blessé à la tête par des tirs.

«On se rend compte qu'aujourd'hui, la délinquance, sur Dijon, est partout présente, dans tous les quartiers. Il y a un vrai phénomène sur lequel la mairie n'a pas pris toute sa part de responsabilité et, aujourd'hui, est très petit-bras pour faire face à ce phénomène», développe Thierry Coudert.

«La vie à Dijon a été bouleversée, au cours des 25 dernières années, par une politique systématique d'acquisition foncière, (…) on construisait à la va-vite et on faisait venir des populations, qu'elles soient d'ailleurs françaises ou étrangères. Tout ça a été construit sans logique de développement économique, sans logique de politique de déplacements. On a mité la ville de Dijon en détruisant une partie de son identité et, surtout, l'identité d'un certains nombre de quartiers. (…) La mairie actuelle ne se soucie absolument pas d'autre chose que de bétonner, laissant d'ailleurs tout principe écologique, de végétalisation, de réapparition de l'eau», analyse-t-il concernant son second thème. «Vous savez, depuis plus longtemps que moi, combien la qualité de la vie dans cette ville s'est dégradée au fil du temps.»

Un «socle électoral» de 20%


«On arrive au bout de 25 ans de ce que j'appelle le système Rebsamen. (…) Face à système essoufflé, nous prenons notre souffle. (…) S'il doit y avoir une alternance de droite à Dijon, elle ne peut se faire que par nous», avance Thierry Coudert.

«Aux législatives, LR a tout fait pour faire passer les candidat de gauche pour éviter d'avoir, sans doute, une concurrence», déplore-t-il.

«On a un socle électoral», revendique-t-il, en référence aux 24,5% réalisés par la liste conduite par Jordan Bardella (RN) aux européennes de 2024. «Même si on s'affaissait un petit peu – le vent national et régional est plutôt porteur – on est quand même autour d'un socle de 20%. LR, à travers Monsieur Bellamy et les trois candidats sur les circonscriptions de Dijon ont fait entre 7 et 8%.»

Du côté des Républicains, «on n'y comprend rien»


L'orateur reconnaît avoir eu «des discussions» avec Emmanuel Bichot : «on a proposé de mener une liste commune (…) mais à l'époque, il voulait faire une liste déliée de toute appartenance à des partis».

Ces échanges n'ayant donc pas abouti, le candidat raille à la fois les atermoiements des candidats putatifs à l'investiture des Républicains et les colistiers d'Emmanuel Bichot ainsi que ses soutiens. «On n'y comprend rien», résume-t-il, provoquant quelques sourires parmi l'assistance.

«On a cette capacité à s'adresser à tous les électeurs de droite, (…) il faut voter pour nous dès le premier tour, c'est ce premier tour qui assurera la victoire», harangue l'orateur qui vise «l'alternance».

Thierry Coudert veut «donner le baiser» qui va «réveiller la belle endormie»


«On est face à une ville d'une certaine importance, (…) capitale régionale, (…) capitale européenne en d'autres temps», poursuit Thierry Coudert. «Aujourd'hui, hélas, Dijon est, de plus en plus, une ville de province, (…) il n'y a pas de grands événements, pas de grande politique. Tout ça s'est un peu endormi. (…) Le slogan de François Rebsamen, la première fois, c'était ''il faut réveiller la belle endormie'', elle a rouvert un œil effectivement. (…) On a l'impression que la belle endormie est repartie au pays des songes. Je voudrais, collectivement, être le prince charmant qui vienne lui donner le baiser qui va la réveiller et lui permettre à nouveau de rayonner.»

Doublement des policiers municipaux et des caméras de vidéoprotection


Ayant capté pour de bon l'attention de l'assistance par cette touche d'excentricité, l'orateur reprend un ton plus préfectoral pour en venir aux propositions de campagne, axées sur ses deux thèmes de prédilection.

En matière de sécurité, Thierry Coudert envisage de «mobiliser» la police municipale et la vidéosurveillance en doublant les effectifs – pour intervenir toute la nuit – et le nombre de caméras, considérant que cent policiers municipaux est «très faible» pour une ville comme Dijon.

«La police municipale ne doit pas substituer à la police nationale», argumente-t-il, «parce qu'elle est présente, elle remplit des taches que la police nationale n'a pas à remplir».

Alors que la police métropolitaine des transports, un temps évoquée, est toujours dans les cartons de l'exécutif national, le candidat souhaite «créer une unité spéciale de police intercommunale qui soit en permanence sur le tracé du tram».

Parallèlement, il veut «mouiller les bailleurs sociaux dans la politique de prévention de la délinquance» en fléchant les financements issus de «l'exonération de foncier bâti».

Les propositions dans le champ du logement


«Dijon est une ville qui est connue pour avoir beaucoup bétonné», enchaîne Thierry Coudert qui entend «suspendre tous les projets immobiliers dont la construction n'a pas démarré et «engager une révision du PLUi-HD». «Tout a été mis dans une logique de construction à tout va, une logique d'accueillir tout le monde.»

La révision du plan de sauvegarde et de protection et du patrimoine figure également au programme de façon à «mettre des inscriptions supplémentaires» sur le plan architectural.

«Dijon est une capitale étudiante, il faut qu'elle le reste», déclare celui qui propose d'«orienter» la construction de HLM pour les étudiants.

Toujours en matière de logement, Thierry Coudert compte «accroître la rénovation» : «il faut subventionner des travaux très ciblés pour remettre des appartements aux normes».

Sur le peuplement, le partisan d'Éric Ciotti veut «donner une priorité pour loger les gens qui ont un travail sur Dijon»  dans les commissions d'attribution de logements sociaux.

De prochaines «concertations» pour finaliser le programme 


Dans les autres champs de compétences de la Ville et de la Métropole, Thierry Coudert annonce des «concertations» en janvier concernant le tram – «le troisième tronçon, on n'en voit pas trop la logique ; (…) je souhaite privilégier la dimension domicile-travail» –, la Cité de la gastronomie – «un sujet tellement complexe ; je suis en train de voir qu'est-ce qu'on peut faire pour sauver ou qu'est-ce qu'on peut faire d'autre» –, la politique culturelle, l'attractivité touristique et le développement économique – «il y a un problème de desserte en TGV» – de façon à éviter les mesures déraisonnables et à «bâtir un programme avec les habitants de la ville sans tabou». 

Des réunions par quartier seront programmées à partir de janvier. «On essaiera de faire une campagne digne et propre, un campagne qui permette le soir du premier tour d'espérer l'emporter au second», conclut-il sous les applaudissements alors que sa binôme Mélanie Fortier n'aura pas pris la parole.

Trois questions sur la formation, l'emploi et les congrès


Étonnamment, au moment des questions du public, peu de mains se lèvent et aucune pour aborder les sujets de la sécurité ou de l'urbanisme.

Une première intervention d'une «nouvelle adhérente» porte sur les structures d'enseignement supérieur et de formation dijonnaises dont certaines sont «fortement politisées», ce qui serait «sources de violences».

D'emblée, l'ancien préfet incite à faire des «signalements» en cas de violences. Même si «ce n'est pas le rôle d'un maire ou d'un président de Métropole», Thierry Coudert évoque plus globalement un «supplément d'âme» à apporter en matière d'enseignement supérieur et de formation.

«On voit de plus en plus d'entreprises disparaître, (…) je n'ai pas l'impression que Dijon ait envie de redévelopper une industrie», alerte un cadre supérieur.

Le candidat répond en évoquant «le système à bout de souffle [qui] ne se réinvente plus». «Il y a un déficit de dialogue avec le monde économique. (…) Le rôle d'un président de Métropole est d'aller se battre dans les ministères, auprès de la SNCF, auprès d'Air France, etc.»

Alors qu'une Dijonnaise incite à «redynamiser les congrès et expositions», Thierry Coudert considère qu'«il y a une capacité hôtelière totalement au niveau mais un peu sous-exploitée car le passé glorieux a fléchi». «Dijon est une ville mondialement connue, on doit pouvoir être plus sexy qu'aujourd'hui.»

Thierry Coudert commente l'investiture d'Emmanuel Bichot par Les Républicains


Tandis que la réunion publique se prolonge par un temps de convivialité, Thierry Coudert, rattrapé par l'actualité autour de l'investiture d'Emmanuel Bichot (LR, AD) par Les Républicains, est interrogé par les journalistes.

«C'est pathétique», réagit-il au regard de la situation à la suite du soutien affiché de Reconquête (lire le communiqué) et des réprobations d'opposants politiques dont celle de François Sauvadet (UDI) (lire le communiqué). «Il y a une semaine, j'avais trois listes LR face à moi. (…) Maintenant, il y a une liste LR qui se veut rassembleuse de toutes les petites boutiques et le président Sauvadet qui dit ''ça ne me va pas''. Leurs histoires sont tellement compliquées que c'est triste.»

«Je suis tête de liste UDR d'une liste Rassemblement national qui a le soutien des partisans de Marion Maréchal», insiste le partisan d'Éric Ciotti, «je considère que c'est autour de ma liste que doit se faire le rassemblement». «Les petites querelles de boutiques au sein d'abord de LR puis, maintenant, entre LR et UDI, et de temps en temps Renaissance, c'est trop fatiguant. Notre objectif, ce n'est pas de nous diviser les uns les autres, c'est d'essayer qu'il y ait un mouvement qui renverse le système Rebsamen.»

Toutefois, «la main est tendue en permanence» à Emmanuel Bichot pour peu qu'il arrête «un certain nombre d'attaques personnelles».

Le représentant de l'UDR en Côte-d'Or assure qu'«une quinzaine» de militants des Républicains l'ont récemment rejoint car «depuis deux mois, ils ne comprennent plus rien aux guerres Wauquiez-Retailleau et encore moins aux histoires Dugourd-Bichot». 

Sur le plan personnel, Thierry Coudert se présente comme «le seul candidat de droite qui est un Dijonnais à temps plein» : «j'habite dans le centre historique de Dijon, (…) je n'ai plus d'activité professionnelle, (…) je suis à 100% candidat». «Je prends l'engagement que je serai 100% maire et 100% président de la Métropole, c'est à dire que je ne prendrai pas de responsabilités, ni dans le public, ni dans le privé, si je suis élu (…) et évidemment, je vivrai à Dijon.»

Jean-Christophe Tardivon




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