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07/12/2020 18:12

DIJON : Un rassemblement funèbre pour déplorer «la mort à petit feu» des cafés, hôtels, restaurants et discothèques

La manifestation organisée ce lundi 7 décembre par l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie de Côte-d'Or avait des allures de funérailles. Un SOS a été lancé lors d’un rassemblement savamment préparé pour interpeller le gouvernement sur la fermeture prononcée jusqu’au 20 janvier des bars et restaurants.

L’UMIH Côte-d’Or avait fait les choses bien ce lundi 7 décembre 2020, dans les règles. Pour la forme, les espaces piétons de la place de la Libération autour de l’arbre de Noël géant avaient été au préalable pavés de carrés, indiquant où les participants au rassemblement devaient se placer pour respecter la distanciation physique.

Au point d’accueil devant le Café Gourmand, des masques et des brassards estampillés UMIH Côte-d’Or étaient remis, ainsi que des messages commençant tous par «Je suis…», et «Je suis essentiel» ou «Je suis essentielle» suivant l'activité affichée.

Une certaine ambiance funèbre était souhaitée, y compris dans le déroulement de la manifestation au cours de laquelle chaque nom de bar, café, restaurant, hôtel ou discothèque était suivi du retentissement de la cloche et d’un «Mort en 2020» prononcé à l’unisson.

«Un SOS lancé au gouvernement qui nous laisse mourir à petit feu»

«Ce rassemblement est bien plus qu’une énième manifestation, c’est un cri de détresse, un SOS lancé au gouvernement qui nous laisse mourir à petit feu. Certes des aides ont été mises en place, certes un accompagnement est annoncé, mais tout cela reste insuffisant face aux interdictions injustifiées qui frappent notre secteur. Cafetiers, bars, restaurants, hôtels, nous sommes quelques 220.000 entreprises en France et représentons 1 million de salariés : Nous sommes essentiels», a déclaré d’entrée le président de l’UMIH 21 Patrick Jacquier.

À la fois sur la forme et le fond, l’UMIH Côte-d’Or voulait montrer là encore que les acteurs économiques qu’elle représente respectent les mesures sanitaires. «De très nombreux aménagements et investissements nous ont été demandés, nous avons joué le jeu pour préserver la santé de nos salariés et celles de nos clients mais cela n’a pas été suffisant. On nous parle de réouverture le 20 janvier mais sans aucune garantie : l’horizon reste sombre et l’avenir incertain. On permet la réouverture des commerces et on maintient les restaurations collectives ouvertes. Où est la justice ?», a d’ailleurs rappelé Patrick Jacquier, en faisant remarquer que le secteur des CHRD en Côte-d’Or compte plus de 2.000 établissements et près de 5.600 emplois «directement impactés par la crise», avec une pensée pour les partenaires et les fournisseurs.

Ils étaient plus de 400 à s’être réunis sur la place de la Libération ce lundi après-midi, venant de Dijon mais aussi de Beaune, de Pouilly-en-Auxois, de Montbard ou encore de Châtillon-sur-Seine, «de tout le département pour nous unir et montrer notre désarroi et notre impuissance».

Symboliquement, la litanie des établissements touchés par la crise et menacés dans un contexte économique difficile a été lue par de jeunes apprentis, «les professionnels de demain» que l'UMIH qualifie aussi de «jeunesse sacrifiée».

«Les annonces sont floues et incomplètes»


En clôture de la manifestation, Patrick Jacquier a repris la parole pour interpeler le gouvernement : «Les décrets officiels sont trop longs à être publiés, les annonces sont floues et incomplètes. Impossible pour les professionnels du secteur de pouvoir se projeter dans les semaines et mois à venir : ils annoncent la possibilité de bénéficier de 20% de notre CA mensuel plafonné à 200.000 euros, mais sous quels critères d’obtention ? Le chômage partiel est maintenu jusqu’au 31 décembre 2020, mais qu’adviendra-t’il après ? Sans compter qu’aucune exonération de charges sociales n’est annoncée pour le deuxième confinement. Alors oui, des gestes sont fait notamment encore la semaine dernière sur les congés payés mais cela n’est pas suffisant». Dans les charges, le président de l’UMIH 21 n’a pas manqué de citer les emprunts, les assurances, les loyers…

Le message était évidemment aussi de réaffirmer que les CHRD sont essentiels, de tous les types et de toutes tailles.
Comme derniers mots, Patrick Jacquier a émis un souhait en cette fin d’année malgré la situation dénoncée : «Chers Côte-d’Oriens, aidez-nous à ne pas mourir, consommez local pour les fêtes de fin d’année et pensez à la vente à emporter. Notre survie dépend aussi de vous. Chers amis, en attendant des jours meilleurs, je vous invite à garder confiance, à garder espoir et à vous tenir prêts : nous sommes essentiels».

Une salve d’applaudissements a ponctué le rassemblement. On pouvait noter la présence de : Nadjoua Belhadef, adjointe au maire de Dijon en charge du commerce et de l’artisanat, Sladana Zivkovic, adjointe au maire de Dijon déléguée au tourisme, Jean-Paul  Durand, conseiller municipal délégué à l’animation du coeur de ville, François-Xavier Dugourd, premier vice-président du Conseil départemental de la Côte-d’Or, Didier Martin, député de la Côte-d’Or, Xavier Mirepoix, président de la CCI Côte-d’Or Dijon Métropole, Geoffroy Secula, président de la CPME 21, David Butet, président du Medef 21, Stéphane Derbord, président de l'Amicale des cuisiniers de Côte-d'Or, Denis Favier, président de Shop In Dijon.

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier