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15/05/2024 21:11

DIJON : Une centaine de personnes commémorent la Nakba des exilés palestiniens

Des militants propalestiniens ont fait le lien entre l'exil subi dans les années 1940 et la situation actuelle dans la bande de Gaza. «Le conflit israélo-palestinien n'est pas une guerre, c'est un massacre», a dénoncé le secrétaire général de l'UNEF Bourgogne, ce mercredi 15 mai, à Dijon.
Plusieurs organisations anticapitalistes avaient appelé, ce mercredi 15 mai 2024, à midi, à un rassemblement sur le campus dijonnais de l'université de Bourgogne pour commémorer la Nakba – «catastrophe» en arabe – dans un contexte de guerre entre Israël et le Hamas.

Une centaine de personnes se sont effectivement regroupées pour entretenir la mémoire de l'exil forcé de 750.000 Arabes palestiniens qui s'est déroulé de 1947 à 1949, au moment où une partie de la Palestine sous mandat britannique est devenue l’État d'Israël. les manifestants ont aussi demandé un cessez-le-feu inconditionnel dans la bande de Gaza.


La date choisie correspond à l'anniversaire de l'entrée en guerre de pays arabes, le 15 mai 1948, au lendemain de la déclaration d'indépendance de l’État d'Israël.

Solidaires Étudiants demande «le boycott universitaire d'Israël»


Premier à s'exprimer, au nom de la Coordination universitaire contre la colonisation en Palestine (CUCCP), un membre du bureau dijonnais du syndicat Solidaires Étudiants rappelle le motif du rassemblement et revendiquant la fin de «la complicité universitaire avec le génocide», la fin de «la criminalisation de la solidarité avec le peuple palestinien» et  «le boycott universitaire d'Israël».

Le conseil d'administration de l'université de Bourgogne ayant voté une motion appelant notamment à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, le militant demande au président Vincent Thomas de porter ce message auprès de ses homologues d'autres universités.

«Un génocide, ça ne se regarde pas, un génocide, ça s'arrête, honte aux complices», scande-t-il finalement.

Selon Tsedek, «il n'y aura pas de paix réelle et durable sans la désionisation de l’État d'Israël»


Au nom du collectif juif décolonial Tsedek - «justice» en hébreu – et de l'Union juive française pour la paix – une association antisioniste –, une intervenant anonyme indique apporter son «soutien» aux étudiants et enseignants palestiniens ainsi qu'aux étudiants mobilisés pour la cause palestinienne.

«Le mouvement pour la Palestine se fait avec les étudiants étudiantes juives et non contre elles eux», déclare-t-elle, «nous refusons que l'histoire douloureuse de l'antisémitisme soit utilisée pour jouer avec la peur des nôtres et légitimer la répression de celles eux qui défendent les droits des palestiniens et palestiniennes».

«Il n'y aura pas de sécurité pour qui que ce soit, de paix réelle et durable sans l'abandon d'une souveraineté juive entre la mer et le Jourdain, sans la réparation des torts commis à à l'encontre du peuple palestinien, sans la réalisation du droit fondamental au retour des réfugiés, sans la désionisation de l’État d'Israël», estime-t-elle. «Le sionisme a conduit à la fascisation de la politique israélienne et à la destruction du peuple palestinien.»

«La Nakba a toujours des conséquences à l'égard du peuple palestinien», estiment les Jeunes Insoumis


Au nom des Jeunes Insoumis de Dijon, Émilien Rameaux indique «80.000 étudiantes et étudiants palestiniens et palestiniennes se retrouvent dorénavant sans université après le bombardement de Gaza».

«Aujourd'hui, la Nakba a toujours des conséquences à l'égard du peuple palestinien car leurs descendants, c'est à dire les 5,9 millions de réfugiés, se voit encore refuser leur droit au retour par Israël», fustige-t-il.

«Depuis le 7 octobre, ce sont 2 millions de Gazaouis qui ont été déplacés et chassés de leur domicile, c'est le plus grand nombre de déplacements forcé de Palestiniens depuis 1948», pointe-il avant de relever «la reconnaissance d'un risque de génocide par la Cour internationale de justice dès janvier 2024».

Reprenant les données de sources proches du Hamas, Émilien Rameaux déclare que «plus de 35.000 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne, ce chiffre compte notamment le meurtre de plus de 4.300 étudiants et étudiantes, 231 enseignants et 94 professeurs d'université».

«Face aux crimes de guerre perpétrés par le gouvernement d'extrême-droite Netanyahou et par son armée, le gouvernement français agit honteusement», proteste-t-il en demandant «un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel» ainsi que la reconnaissance de l’État palestinien.

Le 16 février, Emmanuel Macron a signalé que cette reconnaissance à laquelle se refuse jusqu'à présent la France n'était pas «un tabou». «Nous le devons aux Palestiniens, dont les aspirations ont été trop longtemps piétinées. Nous le devons aux Israéliens qui ont vécu le plus grand massacre antisémite de notre siècle. Nous le devons à une région qui aspire à échapper aux promoteurs de chaos et aux semeurs de revanche», a-t-il déclaré en recevant le roi de Jordanie à l’Élysée.

«Le conflit israélo-palestinien n'est pas une guerre, c'est un massacre», dénonce l'UNEF Bourgogne


Secrétaire général de l'UNEF Bourgogne, Joseph Beritzki fustige «la répression policière des évacuations musclées» survenues dans des établissements d'enseignement supérieur bloqués par des étudiants. «Nous n'avons pas peur et nous ne nous tairons pas !»

«Le conflit israélo-palestinien n'est pas une guerre, c'est un massacre», dénonce-t-il. «Rappelons que le peuple palestinien a le droit fondamental à l'auto-détermination qu'il revendique déjà depuis plus de 75 ans. Qu'il a un drapeau, une culture ; il y a de la musique, de la littérature et de la poésie palestiniennes.»

«On parle de toute cette violence comme si c'était un enjeu de société», déplore Joseph Beritzki


Hors micro, interrogé par Infos Dijon, Joseph Beritzki prolonge ce propos humaniste alors que plusieurs étudiants – une dizaine de Népalais notamment – ont été tués par les terroristes du Hamas, le 7 octobre dernier, dont, en particulier, Omri Ram, étudiant en échange international à Sciences Po Paris en 2022.

«On veut rappeler, face à un discours qui essaie de criminaliser, de parler d'antisémitisme, d'apologie du terrorisme, que ce n'est pas forcément le cas. C'est l'occasion pour les étudiantes et les étudiants mobilisés ici d'exiger le respect du droit international, le respect de la dignité humaine de ces personnes qui nous ressemblent somme toute. Bien évidemment, on pense aussi à d'autres génocides, au Congo par exemple, à toutes les guerres qui ont lieu à l'heure actuelle, qui sont innommables, mais chaque bataille se fera à son rythme. (…) Pour les étudiants, comme pour n'importe qui, un meurtre, c'est quelque chose qui est condamnable, peu importe l'échelle, peu importe l'appartenance de la victime ou de l'agresseur, il y a quelque chose de profondément grave à porter atteinte à la dignité humaine de quelqu'un. On peut parler aussi d'animalisation, de réification. On parle de la population palestinienne, des attaques du Hamas, de toute cette violence comme si c'était un enjeu de société alors qu'en réalité, ce sont des personnes humaines, des mères, des pères, des frères, des sœurs... Je pense que c'est important de garder cela à l'esprit», développe le syndicaliste de l'UNEF Bourgogne.

Le collectif Éducation avec Gaza appelle à «libérer la Palestine»


Au nom du collectif Éducation avec Gaza qui regroupe des enseignants, des étudiants et des parents d'élèves, une intervenante anonyme dénonce la situation à Rafah : «l'opération israélienne contre cette ville en Palestine est une attaque parfaitement illégale et ignominieuse, ville ou 1,2 million de personnes ont trouvé refuge».

Elle estime que «6.960 élèves et étudiants» ont été tués et «11.440» blessés. S'ajoutent «393 personnels de l'éducation tués et 2.050 blessés ainsi que par plus de 400 écoles et universités bombardées ou vandalisées».

Dans la foulée, l'intervenante prend la défense des Insoumises Mathilde Panot et Rima Hassan, convoquées par la police à la suite de signalements de l'Organisation juive européenne (OJE) soupçonnant de leur part une «apologie du terrorisme».

En conclusion, elle insiste sur «la sacralité de toutes les vies humaines» et appelle à «libérer la Palestine». Un mot d'ordre très applaudi et repris en chœur par les participants dont l'Insoumise Dominique Guidoni-Stoltz.

Une marche entre Dijon et Beaune le 23 juin


Après l'intervention du professeur de sciences politiques Raphaël Porteilla (lire notre article), le collectif antisioniste Pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens signale le rendez-vous hebdomadaire se déroulant place Darcy, le samedi, à 15 heures, et annonce une marche, le 23 juin prochain, entre Beaune et Dijon, dont la distance est équivalente à celle entre «Gaza et Rafah».

Par ailleurs, la cinquième édition du Festival du cinéma palestinien se déroulera du 24 mai au 15 juin prochains à Chenôve, Dijon et Quetigny.

Tandis que les participants scandent «Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c'est l'humanité qu'on assassine», le rassemblement statique se termine dans le calme à cette heure où l'esplanade Érasme est peu fréquentée, la plupart des étudiants ayant déjà terminé les examens universitaires.

Jean-Christophe Tardivon

«La Nakba est un processus continu», analyse le politologue Raphaël Porteilla




























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