
La Ville de Dijon a organisé sa cinquième édition de la Nuit de la solidarité, ce jeudi 22 janvier. Une quarantaine de personnes ont participé dont des habitants volontaires. Nathalie Koenders a clôturé les maraudes.
Dans toute la France, le principe de la Nuit de la solidarité est d’aller en hiver à la rencontre de personnes qui sont en situation de rue pour échanger avec elles, pour leur apporter un peu de chaleur ainsi que pour leur parler des aides et des solutions d’hébergement proposées par les pouvoirs publics.
À Dijon, la cinquième édition de cette initiative était organisée, ce jeudi 22 janvier 2026, par la municipalité et le Centre communal d’action sociale sous la forme de maraudes par des équipes composées de professionnels de la Société dijonnaise d’assistance par le travail (SDAT) et de la Société d'entraide et d'action psychologique (SEDAP), complétées par des bénévoles de la Croix-Rouge française et des habitants volontaires.
«Montrer aux personnes qui sont à la rue qu'elles ne sont pas seules»
Erratum : Après avoir rejoint une équipe, Nathalie Koenders a clôturé les maraudes à la salle d'attente des mariages, au rez-de-chaussée du palais des ducs de Bourgogne.
«Les personnes qui sont à la rue le sont souvent en raison de rupture familiale, de perte d’emploi ou des rupture amoureuse. Derrière, il y a forcément de l’isolement et de la solitude et c’est donc important de leur montrer qu’elles ne sont pas seules», a déclaré la maire de Dijon.
Observer l'action des structures qui aident les sans-abris
Selon les bénévoles de la Croix-Rouge française, l'opération permet aux 24 habitants volontaires qui se sont inscrits après un appel de la Ville de Dijon d'observer comment fonctionne une maraude et de découvrir l'action des différentes structures qui accompagnent les personnes en situation de rue.
Après une réunion de briefing, douze équipes composées chacune de quatre ou cinq personnes – dont un professionnel – sont parties dans différents secteurs de la ville. Munies notamment de thé et de café, ces équipes sont allés à la rencontre des sans-abris. L’idée était de leur apporter un peu de réconfort, leur offrir une boisson chaude, les écouter et leur parler.
Identifier les différentes situations et les besoins
L’objectif était aussi d’effectuer une évaluation du nombre de sans-abris qui se trouvent actuellement à Dijon. 270 SDF avaient été identifiés sur l’ensemble de l’année 2025 dans toute la ville, selon Pierre Riquet, chef de service de l’accueil de jour et du service de maraude de la SDAT.
Les différentes équipes étaient munies d’un questionnaire pour appréhender les besoins des personnes rencontrées dans la rue. Où dormez-vous ? Trouvez-vous facilement des toilettes publiques ? Est-ce que vous vous rendez dans des centres d’hébergement ?
«Ce questionnaire avait pour but d’informer ces personnes, de savoir si elles ont bien connaissance de leurs droits et s’elles ont bien recours à tous leurs droits», a expliqué le professionnel de la SDAT.
Dormir dehors, parfois par -7°C
Le long de la rue de la Liberté, l'équipe suivie par Infos Dijon a rencontré des personnes aux profils très différents : une femme de 27 ans qui a un logement mais qui dont les ressources apparaissent très limitées et qui mendie tous les soirs pour obtenir à manger, un homme de 53 ans à la rue depuis une vingtaine d’années mais aussi un jeune Portugais qui a expliqué sa situation.
«Moi, je suis différent des autres personnes. J’ai besoin de calme et besoin d’être tout seul», a-t-il indiqué, assis contre un mur, une couverture sur ses jambes, afin de justifier pourquoi il ne se rend pas dans des centres d’hébergement pour dormir la nuit.
Mais comment lutter contre le froid, parfois très vif, en plein hiver ? «Je dors souvent dans des garages sur mon matelas. Parfois jusqu’à -7 degrés. Je me fais parfois un petit feu pour me réchauffer et je me mets des couvertures de survie.»
«Je participe par solidarité humaine»
Parmi les habitants volontaires qui étaient engagés dans cette Nuit de la solidarité, Catherine a témoigné de son engagement : «Je participe par solidarité humaine. J’avais déjà demandé à participer à des maraudes mais on me disait qu’il n’y avait pas besoin de moi. Et là, lorsque j’ai reçu l’invitation pour participer à cette nuit de la solidarité, j’ai sauté sur l’occasion !»
Dans un autre groupe, Nadia a confié de manière similaire : «Ça fait des années que je fais attention aux sans-abris et que je leur apporte un peu d’attention».
Et de remarquer : «Avec mon équipe de bénévoles, nous avons vu plus d’hommes que de femmes dans la rue. Les femmes se cachent, elles ont peur des agressions !»
Fabrice Aubry










