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13/03/2021 19:56

DIJON : «Une première en Bourgogne» pour une résidence Habellis économe en énergie

Le bailleur social Habellis a construit une résidence locative dans le quartier des allées du Parc qui répond aux enjeux environnementaux. Adjointe au maire de Dijon, Nuray Akpinar-Istiquam a visité la résidence Clément Janin le 3 mars dernier.
Acteur majeur du logement social en Bourgogne, Habellis a livré une nouvelle résidence de 14 logements à Dijon, rue Clément Janin, dans le quartier des allées du Parc. Les premiers locataires sont entrés dans les lieux le 23 février dernier.

En 2018, Habellis a démoli l'immeuble de sept logements dont il était propriétaire pour construire cette nouvelle résidence sur un foncier de 732 m² dans le but de travailler à «la reconstruction de la ville sur la ville» et dans un souci «de valorisation de son patrimoine et d'accroissement de son parc».

La résidence Clément Janin a reçu deux prix nationaux pour ses innovations techniques en tant que « Bâtiment à Énergie Positive & Réduction Carbone » (ou «E+ C-») et en tant que bénéficiaire du fonds ALINOV d'Action Logement dont Habellis est une filiale.

Investir dans la performance énergétique


Le 3 mars 2021, Habellis a organisé une visite de la résidence en présence de Nuray Akpinar-Istiquam (PS), adjointe au maire de Dijon déléguée au logement. L'adjointe au maire a été accueillie par Jean-François Buet, président d'Habellis, et Béatrice Gaulard, directrice générale d'Habellis.

«Intervenir en réhabilitation aurait coûté beaucoup d'argent pour un gain en performance très relatif», explique Béatrice Gaulard. D'où le choix de démolir pour construire à neuf. Disposant d'un patrimoine immobilier amortit avec les années, Habellis a pu retenir des innovations techniques et s'orienter vers un niveau de performance énergétique E3C1.

Habituellement, en cas d'achat de terrain, le foncier représente entre 25 et 35% d'une opération immobilière. Le quartier des allées du Parc aurait placé une acquisition dans la partie supérieure de la tranche évoquée.

Habellis en phase avec la RE 2020


Initialement prévue pour s'appliquer au 1er janvier 2020, une norme de construction a succédé à la Réglementation Thermique 2012 : la Réglementation Environnementale 2020. Cette RE 2020 a suscité une bronca des acteurs de l'immobilier et a été décalée une première fois au 31 décembre 2020 avant d'être à présent envisagée pour s'appliquer en 2022.

Pendant ce temps, l’État a proposé aux promoteurs de lancer des expérimentations en phase avec cette RE 2020, la résidence Clément Janin en fait partie. L'impact carbone de l'ensemble du cycle de vie du bâtiment est pris en compte, construction comprise.

Habellis revendique «une première en Bourgogne» en atteignant le niveau de performance énergétique E3C1 pour des logements. Un projet rare en proximité du centre-ville devant la difficulté de trouver du foncier accessible.

Au sol, la chaufferie du bâtiment est basée sur une pompe à chaleur associée à des sondes géothermiques à 200 mètres de profondeur. Sur le toit, des panneaux solaires thermiques et photovoltaïques produisent de l'eau chaude sanitaire complétant la géothermie et de l'électricité, ce qui vient alléger les charges des locataires.

 «Le but est également d’atteindre zéro émission de CO2/an pour les appareils de production de chauffage», explique-t-on chez Habellis. Jean-François Buet souligne que ce système innovant est «exceptionnel pour quatorze logements».

Même si Habellis travaille avec le cabinet dijonnais Elithis, notamment pour la futur tour à énergie positive du quartier de l'Arsenal, pour la résidence Clément Janin, c'est le cabinet suisse Amstein + Walthert qui a été retenu afin d'accompagner la réflexion technique sur les aspects énergétiques.

70% de la population française répondent aux critères du logement social


La résidence est occupée par six famille avec enfants – soit douze enfants – et huit personnes seules dont une personne âgée. Sept ménages viennent de Dijon, cinq d'autres communes de la métropole et cinq du reste du département.

Les loyers étant encadrés, ils sont similaires à ce que l'on retrouve habituellement dans le logement social même si la résidence Clément Janin se situe «proche du plafond» avec environ 5 euros du m². En revanche, Habellis insiste sur l'apport des innovations techniques pour optimiser le niveau des charges et donne rendez-vous dans 18 mois pour présenter un véritable retour d'expérience.

L'adjointe au logement entend lutter contre les «stéréotypes» concernant les locataires de l'habitat social : «beaucoup plus de personnes peuvent prétendre aux logements à loyer modéré que ce que l'on ne croit». 70% de la population française correspond aux critères.

«Sur la métropole, on a 9.500 demandes de logements en attente», abonde Nuray Akpinar-Istiquam, ajoutant que «toutes les personnes qui s'opposent à la construction de logements sont des personnes totalement hors-sol qui ne savent pas la réalité de terrain et qui ne savent pas également les changements que peuvent connaître les familles».

«On va devant une crise du logement»


«Dans dix ans, 45% des locataires seront des personnes seules ou des familles monoparentales», enchérit le président d'Habellis à propose des changements en question. Habellis affiche un taux de vacance inférieur à 1%, ce qui révèle «une vraie demande» selon la directrice.

«On parle de la production de logements en neufs en France qui subit un recul terrible, on va devant une crise du logement. Aujourd'hui, on devrait construire 500.000 logements, on est à 370.000. Le gouvernement actuel devrait écouter un peu plus les professionnels que nous sommes sur les besoins de logements», déclare Jean-François Buet.

Chasser les idées reçues sur le logement social


«On peut faire des produit de qualité qui contribuent à la mixité. Ça permet de se dire que ces grands ensembles qui stigmatisent le logement social sont peut-être derrière nous», explique Béatrice Gaulard.

Pour chasser les idées reçues, Jean-François Buet ne manque pas de signaler un grand immeuble voisin relevant du secteur privé et se révélant peu attrayant pour mieux effectuer la comparaison avec la nouvelle résidence sociale dont chaque appartement dispose d'un espace extérieur privatif et d'un parking.

C'est là une façon de signaler la complexité du secteur du logement. Le président d'Habellis indiquant qu'un bâtiment privé ancien peut devenir «social de fait» avec les années, les locataires ne pouvant envisager de déménager compte tenu de leurs contraintes budgétaires et les propriétaires ayant leurs propres difficultés pour financer des rénovations.

Après la présentation de la résidence, la délégation se rend chez deux locataires différentes afin de découvrir les appartements et recueillir les témoignages après quelques jours d'installation. Témoignages qui se révèlent enthousiastes.

Jean-Christophe Tardivon

Résidence Clément Janin d'Habellis
Opération de 2,5 millions d'euros
Cofinancement : 1,6 millions d'euros de prêt de la Banque des Territoires, 157.500 euros de prêt d'Action Logement, 555.786 euros de fonds propres Habellis, 196.000 euros de subvention de Dijon Métropole et 25.528 euros de subvention de l’État
Architecte Topoïen Studio (Dijon)
Fluides et thermique Amstein + Walthert (Zurich, Suisse)
14 logements sur trois niveaux sans ascenseur
10 Plus et 4 Plai
5 T2, 6 T3 et 3 T4
14 box en sous-sols et une place PMR
Loyers hors charges de 309 euros à 561 euros























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