
«En psychiatrie, on a augmenté les budgets», a indiqué la présidente de l'Assemblée nationale aux militants syndicaux rassemblés devant le centre hospitalier La Chartreuse, ce jeudi 23 octobre. Le secrétaire départemental Frédéric Pissot a défendu l'idée d'un «référendum sur les retraites».

Apprenant la visite de Yaël Braun-Pivet (REN) du établissement public de santé mentale, ce jeudi 23 octobre 2025, à Dijon, une poignée de militants syndicaux de la CGT s'étaient donnés rendez-vous devant les grilles du site de La Chartreuse.
L'objectif était de contester auprès de la présidente de l'Assemblée nationale le projet de loi de finances pour la Sécurité sociale de l'année 2026 tel que présenté en conseil des ministres et d'évoquer les conditions de travail dans le centre hospitalier.
«Aucun effet» de la Grande Cause nationale selon la CGT
«On a des projets innovants mais il faut regarder la globalité de ce qui se passe dans notre établissement», a indiqué Delphine Chrétien, «on est en manque d'infirmières, on est en manque de médecins, on ferme les étés parce qu'on n'a pas assez d'effectifs».
La secrétaire générale du syndicat CGT du centre hospitalier La Chartreuse a déploré ne constater «aucun effet» de la Grande Cause nationale 2025 portant sur la santé mentale.
La CGT conteste la version actuelle du PLFSS 2026
Plus globalement, la CGT conteste les «7,1 milliards [d'euros] d'économies sur la santé» envisagés à ce stade par le gouvernement de Sébastien Lecornu. À l'Assemblée nationale notamment, «le bloc centrale (Macroniste, LR, Modem, etc.) a la volonté de faire passer un budget d'austérité en sacrifiant l'avenir des plus faibles : les malades, les retraités, les demandeurs d'emplois».
Le syndicat révolutionnaire revendique donc «la mise en œuvre d'une réelle justice fiscale notamment par une contribution plus large des profits, des dividendes et autres mesures fiscales très favorables au capital».
La CGT revendique «une quatrième année spécialisée en psychiatrie» pour le personnel infirmier
Avant d'entrer dans le site, Yaël Braun-Pivet s'est arrêté pour échanger quelques minutes avec Delphine Chrétien et Frédéric Pissot, secrétaire départemental de la CGT en Côte-d'Or.
Rapidement, Delphine Chrétien a amené le sujet de la formation des soignants : «les [infirmiers diplômés d’État] n'ont que 80 heures en psychiatrie à l'école». «Ce n'est pas suffisant, la CGT demande au moins une année de formation en plus en apprentissage pour passer une quatrième année spécialisée en psychiatrie. Ça fait dix ans qu'on demande ça, ça n'a pas évolué.»
«À l'heure actuelle, l'administratif nous envahit beaucoup», a poursuivi la représentante syndicale, «on déshumanise la psychiatrie». «Notre travail, c'est la relation d'aide avec le patient. Ça nous enlève notre sens du travail.»
«En psychiatrie, on a augmenté les budgets», précise Yaël Braun-Pivet
«Le PLFSS ne va pas aider», a lancé Frédéric Pissot pour orienter les échanges sur le niveau national, «le PLFSS présenté par [Sébastien] Lecornu n'envisage pas de bonnes choses pour les services publics». «En psychiatrie, on a augmenté les budgets», a précisé Yaël Braun-Pivet.
Dans le cadre de l’Objectif national des dépense d’assurance maladie (ONDAM), voté par le parlement au début 2025, une hausse des tarifs hospitaliers est venue «soutenir le secteur de la santé mentale», comme l'indiquait alors le ministère de la Santé.
La mesure correspond à «400 millions d’euros de plus alloués à la psychiatrie, dont plus de 100 millions ciblés sur des actions à destination des enfants et des jeunes».
Yaël Braun-Pivet plaide pour une journée de référendums par an
Frédéric Pissot a défendu l'idée d'un «référendum sur les retraites». «Je suis la première à plaider, depuis des années, pour qu'on organise des référendums», a rappelé la présidente de l'Assemblée nationale.
«Je rêve qu'on fasse un référendum tous les ans», a-t-elle développé, «, j'avais proposé au président de la République qu'on fasse une Journée de la consultation avec des référendums locaux dans les villes, dans les [agglomérations], dans les Départements, les Régions et nationalement». «Un tous les ans parce que je pense qu'il faut redonner la parole aux citoyens sur des sujets qui les concernent. Il ne m'a pas encore écouté, j'espère qu'un jour, il m'écoutera.»
«Le débat est utile», notamment sur l'évolution du système de retraites
«Sur le système des retraites – et sur plein d'autres sujets –, ce qu'on peut constater, c'est que, quand c'est mal délibéré, en fait, ça ne marche pas», a analysé Yaël Braun-Pivet, «on l'a vu sur les retraites, on l'a vu sur la loi Duplomb ; quand le débat est obéré, que ce soit à l'Assemblée nationale ou dans la société plus largement, on voit qu'on n'arrive pas à avoir l'acceptation». «Le débat est utile.»
Concernant le projet de loi de finances pour 2026, «je vais m'investir pour qu'on aboutisse», a déclaré la présidente de l'Assemblée nationale alors que les militants de la CGT se montraient dubitatifs sur l'issue du texte malgré l'engagement du gouvernement de présenter une «lettre rectificative» pour suspendre la réforme des retraites (
lire le communiqué).
Jean-Christophe Tardivon








