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27/09/2021 18:22

DON DE SANG : François Toujas appelle à «participer à une chaîne de solidarité»

Ayant fait le déplacement jeudi 23 septembre pour le lancement de l’opération Tout Dijon Donne, François Toujas, président national de l’Établissement Français du Sang, a répondu à nos questions sur les besoins en sang. Il revient aussi sur l’importance du don, perturbé dans cette crise sanitaire.
«Je suis inquiet, le niveau des stocks est très faible», constate aujourd’hui le président national de l’Établissement Français du Sang.

Si la crise sanitaire «a réinterrogé nos organisations et même la médecine», il est impératif selon lui de poursuivre la mission de service public «qui reste de pouvoir donner aux patients les produits sanguins dont ils ont besoin».

François Toujas insiste : «Le don de sang, c’est une manière très intelligente de vivre ensemble. Il est essentiel de remettre cette préoccupation au coeur de celles de notre vie citoyenne». Entretien.

Le don de sang «doit s’inscrire dans la vie citoyenne»



Comment qualifiez-vous la situation aujourd’hui vis-à-vis des besoins en poches de sang ?

«La situation au niveau national est inquiétante puisque, malgré un appel aux dons régulier, nous n’arrivons pas à remonter les stocks. Nous sommes dans une zone que je qualifierais de dangereuse et il faut que nous puissions compter sur la mobilisation de chacune et de chacun.

Ça se traduit en chiffres : on est aujourd’hui à un stock de moins de 80.000 poches de sang, toutes catégories confondues, alors que nous serions plus sereins à 90.000 poches et confortables à 100.000 poches.»

Malgré l’importance que représente le don de sang, pourquoi selon vous est-il nécessaire chaque année de redoubler de sensibilisation ?

«Rappeler en permanence les enjeux du don de sang, rappeler en permanence qu’un million de patients bénéficient du don de sang chaque année, rappeler que nous avons besoin tous les jours de 10.000 poches de sang pour les besoins des malades, c’est nécessaire et indispensable pour que la mobilisation soit au rendez-vous.

Pourquoi cette mobilisation doit-elle être permanente ? Parce que les produits sanguins ont une durée de vie limitée : 5 jours pour les plaquettes, 42 jours pour les globules rouges. C’est en permanence que nous devons rappeler cela.

Ce geste doit s’inscrire dans la vie citoyenne, dans le collectif, dans la vie de la cité. Le don de sang, c’est participer à une chaîne de solidarité».

Justement, quel regard portez-vous sur l'opération Tout Dijon Donne ?

«Je suis déjà très heureux d’être venu à Dijon, dans une ville solidaire où les gens donnent, où l’indice de générosité est supérieur à la moyenne nationale.
Voir ici des gens venant de milieux divers, c’est aussi se dire que le don de sang est un trait d’union, une sorte de culture de la solidarité, une culture du soin que l’on partage ensemble. Ça fait chaud au coeur.»

Les effets de la crise sanitaire


On suppose que la crise sanitaire n’a pas été sans impact sur la dynamique du don de sang…

«La situation épidémique a été évidemment très difficile pour nous, notamment par le fait que les collectes à l’université ou bien en entreprise n’étaient plus possible. L’appel aux dons vis-à-vis des jeunes est devenu préoccupant.

Maintenant que la situation sanitaire s’améliore, on voit que la reprogrammation des interventions chirurgicales provoque une augmentation des besoins en produits sanguins.

Cet effet-ciseaux nécessite de renouveler l’appel à la mobilisation. Tout Dijon Donne, c’est participer à cette mobilisation et c’est magnifique.»

Que permet de faire la collecte d’une seule poche de sang ?

«Avec un don, on peut sauver trois vies. Pourquoi ? Car avec un don de sang total, on arrive à extraire des concentrés de globules rouges, des plaquettes et du plasma. Pour quelles situations ? Pour des situations hémorragiques, notamment des jeunes femmes enceintes qui peuvent connaître des complications durant l’accouchement, pour des situations concernant des greffes, mais aussi dans des prises en charge de malades atteints de cancers.»

Sur la question du don de sang, peut-on rappeler la mission de l’Établissement Français du Sang ?

«L’EFS est un service public chargé de collecter, préparer, qualifier et distribuer les produits sanguins sur l’ensemble du territoire français.»

Le maillage territorial de l’EFS est-il encore perfectible ?

«L’EFS représente bien un service public de territoire, la collecte de sang s’opère dans les territoires, dans les communes, et s’appuie sur des associations, sur des bénévoles. Nous sommes partout dans les territoires et c’est important.»

«Les jeunes sont les donneurs fidèles de demain»


Existe-t-il un champ de potentiels donneurs sur lequel l’EFS n’est pas encore présent ?

«La mobilisation est permanente et tous les donneurs comptent, ainsi que tous les groupes sanguins comptent.

Cela dit, je pense que nous devons faire un effort particulier sur les jeunes, qui sont l’avenir du don de sang, les donneurs fidèles de demain. Aujourd’hui, 30 % des donneurs ont moins de 30 ans.

Ça passe par la mise en place de nouveaux rendez-vous, par les réseaux sociaux, par une communication plus adaptée aux jeunes.»

Pour terminer, peut-on rappeler les conditions de base pour pouvoir donner son sang ?

«Être en bonne santé. Avoir entre 18 et 70 ans. Peser plus de 50 kilos. Venez donner !»

Propos recueillis
par Alix Berthier

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