Recherche
Pour nous joindre
redaction.infosdijon@gmail.com
SMS au 07.86.17.77.12
> Vie locale > Vie locale
18/04/2022 19:28

ÉCONOMIE : François Asselin défend «la culture PME»

Venu s’exprimer devant des adhérents de la CPME Côte-d’Or ce jeudi 14 avril à Dijon, le président national de l'organisation patronale a appelé à «plus d’efficacité dans l’action publique».
Le «patron des patrons de PME» s’est exprimé devant des adhérents de la CPME 21, ce jeudi 14 avril 2022, chez AVS Communication dans la zone Cap Nord à Dijon. François Asselin a pu apprécier «une belle entreprise» de 22 collaborateurs, dirigée par Arthur Deballon, œuvrant dans le domaine de la signalétique et des impressions grand format d’enseignes.

L'explosion des factures énergétiques des entreprises


S’étant déplacé pour faire le point sur le contexte économique actuel et livrer quelques perspectives, le président national de la CPME a d’abord insisté sur les mesures proposées par l’organisation patronale dans cette période d’élection présidentielle et plus particulièrement d’entre-deux-tours.


Cela aussi dans une crise «beaucoup plus sournoise» liée à la guerre en Ukraine. «Tous nos achats sont en train d’exploser et on n’arrive pas à les répercuter sur nos prix de vente», a-t-il fait remarquer.

Ayant rappelé plusieurs propositions faites par la CMPE dans son livre blanc, notamment pour pouvoir étaler le prêt garanti par l’État au-delà de la durée établie sans mise en défaut de l’entreprise, François Asselin a alors lancé : «On se retrouve avec des factures énergétiques multipliées par quatre. Il faut trouver une solution pour que nos entreprises puissent continuer à exister. J’ai proposé une avance remboursable et si, au moment du bilan de l’entreprise, celle-ci bascule dans le rouge à cause de la facture énergétique, l’avance devient une subvention. On ne s’en sortira que par la croissance, mais l’action gouvernementale et la confiance seront déterminantes».

Plaidoyer pour «la culture PME»


Plus largement lors de son intervention, François Asselin a plaidé pour «la culture PME», pour que celle-ci soit mieux comprise et respectée en France.

«Au niveau des prélèvements fiscaux sur les entreprises, nous avons la première place avec le Danemark. Pour être dans la moyenne européenne, il y a un effort de 35 milliards d’euros à faire», a-t-il noté, en demandant au passage la révision de la courbe sur l’allègement des charges salariales.

La CPME n’appelle pas ses adhérents à voter pour tel ou tel candidat et François Asselin l’a bien rappelé. Cela ne l’a pas empêché d’exprimer son désaccord sur les dividendes salariés, sans mentionner qu'il s'agit d'une proposition portée par Emmanuel Macron.

Concernant le compte épargne-temps, le président de la CPME n’est pas forcément hostile, «mais à condition que tout soit reporté en fin de carrière».

«On ne sait plus ce qu’est l’entreprise patrimoniale en France, avec le chef d’entreprise qui met ses tripes sur la table», a déploré François Asselin, en ajoutant que l’organisation patronale qu’il représente doit rester «en dialogue avec l’ensemble de l’échiquier politique». Sauf qu'en face, «il faut qu’on nous parle».

«Nous sommes en droit d’exiger de l’efficacité dans l’action publique»


Pour François Asselin, l’enjeu est «de réformer le pays et de faire en sorte que l’on devienne souverain économiquement», sans se couper de nos amis européens. Une réforme en profondeur à commencer par celle de l’action publique selon lui.

Le président de la CPME a ainsi appuyé : «Nous sommes en droit d’exiger de l’efficacité dans l’action publique. Le secteur publique a un poids disproportionné par rapport à ceux qui créent de la richesse. Et puis, toute la vie publique se judiciarise, on n’arrive pas à en sortir. Quand vous vous mettez à votre compte et que vous avez des salariés, vous avez potentiellement 60 incriminations pénales sur votre dos».

La complexification ainsi que la surtransposition des normes ont aussi été pointées du doigt. «Il faudrait demander à avoir un Monsieur Raccourci dans les services de l’État car on ne sait plus qui appeler dans certains dossiers», a lancé François Asselin. Le poids des hommes et femmes politiques par rapport à l’administration centrale a même été mis en doute.

La proposition d’un test-PME, pour bien mesurer si les normes sont applicables avant leur entrée en vigueur, est au rang des mesures sur lesquelles François Asselin a insisté, en prévenant que «si on fait avancer les vertueux à coups de trique, on va perdre tout le monde». Pourtant selon lui, «la victoire économique de la France ne peut passer que par les TPE et PME».

Dans un entretien qu’il nous a accordé, le président national de la CPME a sur un autre volet souligné le besoin de travailler sur la formation et l’orientation.

«Ce sera un combat pour ne pas repartir dans une course à l’impôt»


Geoffroy Secula, président de la CPME Côte-d’Or, a quant à lui rappelé le rôle d’accompagnement de l’organisation patronale auprès des entreprises et patrons du territoire, en mettant au crédit de la CPME «la victoire sur la réforme des indépendants», en particulier sur le rattachement des dettes personnelles à l’activité de l’entreprise.

Pour le président de la CPME 21, la mobilisation pour les PME doit se poursuivre au quotidien. En espérant «que les aides ne se transforment pas en hausse d’impôts et charges supplémentaires pour nos entreprises. On sait que ce sera un combat pour ne pas repartir dans une course à l’impôt dans nos entreprises, ou avec des charges assimilées».

Alix Berthier
Photos : Alix Berthier

«Notre rôle est d’éclairer ceux qui demain veulent diriger le pays», lance François Asselin













Infos-dijon.com - Mentions légales