
Des militants syndicaux de la FSU notamment ont exprimé, ce jeudi 25 juin, à Dijon, leur opposition au projet de «restauration satellite» du lycée Félix Kir, à Plombières-lès-Dijon. Denis Thuriot a dénoncé «l'absence de transparence» de l'exécutif et François-Xavier Dugourd a anticipé «la mort» du lycée agroalimentaire mais Jérôme Durain et Willy Bourgeois ont réfuté tout «démantèlement des cantines».

La séquence budgétaire de la session du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, ce jeudi 25 juin 2026, à Dijon, a été traversée par le sujet des lycées (
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Les débats ont fait suite à une manifestation qui se déroulait pacifiquement à l'entrée de l'Hôtel de Région. Quelques militants syndicaux de la FSU et de l'UNSA ont distribué des tracts aux élus pour contester un potentiel regroupement de certains agents du lycée agricole Félix Kir, à Plombières-lès-Dijon, au lycée agricole Olivier de Serres, à Quetigny. Les deux lycées sont des composantes de l'établissement Agro campus Dijon.
Une réflexion engagée par le CESER
Entre l'automne 2025 et le printemps 2026, le CESER Bourgogne-franche-Comté s'est saisi du sujet des modèles pour l'avenir des lycées dans la région car «Le modèle actuel des lycées est à repenser face à la baisse du nombre de jeunes, au maillage dense d’établissements souvent de petite taille, aux contraintes budgétaires accrues et aux enjeux forts en matière d’équité territoriale».
Le rapport, validé le 28 avril dernier, formule douze préconisation à l'exécutif régional (
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Concernant les établissements publics, entre enseignements général, technologique, adapté, professionnel et agricole, la Bourgogne-Franche-Comté compte 128 lycées. Parmi eux, on recense 114 unités de restauration, mises en œuvre par des agents territoriaux, employés de la Région.
Des militants syndicaux du lycée Félix Kir interpellent les élus régionaux
Conduits par Fabian Clément, cosecrétaire départemental de la FSU Côte-d'Or, et Marie-Agnès Liégeon, cosecrétaire régionale SNETAP-FSU Bourgogne-Franche-Comté, les militants syndicaux ont particulièrement échangé avec Myriam Chiappa-Kiger (PS), vice-présidente chargée des ressources humaines et du dialogue social, et Willy Bourgeois (PS), vice-président chargé des lycées.
«On est un lycée agroalimentaire»
Durant les discussions à l'entrée du bâtiment, les agents du lycée Félix Kir ont mis en cause l'exécutif régional à la suite de réunions organisées dans l'établissement scolaire pour présenter le projet à la suite desquelles ils considéraient que le projet était «acté», ce qu'a réfuté notamment Myriam Chiappa-Kiger.
«La communauté éducative craint pour le bien-vivre dans l'établissement», a toutefois alerté Marie-Agnès Liégeon qui «refuse une restauration satellite». Pour l'intersyndicale menée par la FSU, le projet apparaît «en totale contradiction avec l'identité, les missions et la dynamique même du lycée».
«On est un lycée agroalimentaire», a souligné une enseignante du lycée Félix Kir, «quand on a une cuisine, c'est un support pédagogique». «On a des résultats au bac qui sont au-dessus de la moyenne» même si «les jeunes sont issus de milieux un peu défavorisés». Pour eux, «le repas du midi [au lycée] est souvent le seul repas équilibré [de la journée]». «En lycée agricole, on travaille énormément sur des projets», insiste l'enseignante qui s'inquiète si «le chef n'a plus la possibilité de suivre les projets qui sont les leurs».
«On a des unités de restauration collective qui nécessitent des investissements»
Myriam Chiappa-Kiger a tenu à rassurer les manifestants : «on ne supprime pas de poste» en prenant l'exemple de la restructuration du restaurant scolaire pour les lycées Janot et Curie, à Sens.
Willy Bourgeois a mis en avant «l'intérêt de maintenir les lycées» dans les territoires ruraux ainsi que les enjeux de modernisation de certaines cuisines de lycées de la région.
«On a des unités de restauration collective qui nécessitent des investissements, l'idée est de centraliser ces investissements sur des unités de restaurations qui permettent d'avoir une taille critique», a expliqué le vice-président, «il nous faut du matériel plus performant, moins lourd». «Aujourd'hui, on a un tiers de lycée qui ne sont pas dotés d'une fabrication de repas (…) et qui sont déjà en liaison chaude».
Pour illustrer «l'effet d'échelle pour concentrer les moyens humains», l'élu jurassien a volontiers pris l'exemple de la cuisine centrale de la Ville de Lons-le-Saunier à même de produire 10.000 repas par jour et d'alimenter l'hôpital de Saint-Claude, à une heure de route, avec «du local et du bio».
Un exemple qui a servi également à réfuter la rumeur d'un service de cantine des lycées qui pourrait être confiée à une multinationale de la restauration hors foyer : «ce n'est pas du tout ce que l'on vous propose».
«On fait de la formation dans la France entière pour montrer que la centralisation dans la restauration collective permet de produire mieux et plus de monde», a insisté le vice-président. «Les agents de la Région sont des cuisiniers d'excellence et nos agents savent faire du transport sur quelques kilomètres.»
Denis Thuriot dénonce «l'absence de transparence» de l'exécutif
Plusieurs opposants du Groupe de la droite et du centre ainsi que du groupe des élus progressistes, dont leurs présidents respectifs, Jean-Marie Sermier (LR) et Denis Thuriot (REN) se sont montrés attentifs à la problématique des manifestants.
Ce dernier a même fait des enjeux des lycées le point principal de son intervention en tout début de session (
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François-Xavier Dugourd anticipe «la mort» du lycée Félix Kir
Lors des débats en séance, François-Xavier Dugourd (LR), au nom du Groupe de la droite et du centre, a fait du lycée Félix Kir un exemple de «l'incohérence et de l'improvisation» qu'il prête à la politique d'entretien des lycées régionaux.
«Ce projet a été fait sans aucune information ni délibération de notre assemblée, sans groupe de travail, sans concertation avec les personnels concernés», a fustigé l'opposant qui s'inquiète des «conséquences sur l'emploi, les conditions de travail et peut-être même la qualité de la restauration».
L'élu côte-d'orien s'est donc interrogé sur le coût de l'opération : «il va falloir augmenter la capacité de production du site de Quetigny, adapter le site de Plombières pour assurer une remise en température de la nourriture et [transporter] entre les deux sites».
«Le plus grave, c'est que la décision est incohérente avec la mission de ce lycée qui est un lycée à vocation agroalimentaire ; cette cuisine, c'est plus qu'un lieu de restauration, c'est un élément pédagogique de ce projet», a développé François-Xavier Dugourd qui anticipe «la fermeture de l'établissement». «C'est la mort de l'établissement, que vous condamnez à travers cette décision».
Vers «la mutualisation de petites unités de restauration collective de moins de 60.000 repas par an»
L'évolution des cantines scolaires, au regard du déclin démographique nécessite «de l'anticipation», a répondu Willy Bourgeois, qui a assuré œuvrer pour «maintenir un maillage territorial fort» en réfléchissant à «la mutualisation de petites unités de restauration collective de moins de 60.000 repas [par an]». Chaque année, les cantines des lycées publics produisent 10 millions de repas.
Les principaux éléments pris en compte sont le vieillissement des agents et le renouvellement des matériels des cuisines. «Au lieu d'avoir nos 114 unités de restauration, concentrons peut-être davantage nos moyens pour mutualiser, pour concentrer nos agents au sein d'une même unité de restauration collective, investissons davantage pour renforcer nos cuisines», a développé Willy Bourgeois, «c'est parce que nous permettrons ce service-là que nous maintiendrons l'objectif premier de nos politiques lycées».
Pas de «démantèlement des cantines» selon l'exécutif
En appui de son vice-président, Jérôme Durain (PS) s'est inscrit en faux contre «le démantèlement des cantines» assurant que «ce n'est pas du tout l'esprit».
Le président de la Région Bourgogne-Franche-Comté a préféré mettre en avant le fait de «continuer à faire du service public de bonne qualité, protéger les agents, leur donne des conditions de travail optimale, investir où c'est nécessaire, s'adapter à la baisse des effectifs».
Plombières-Quetigny figurent parmi «les plus petites unités de production de repas»
Interrogé par
Infos Dijon à l'issue des débats, Willy Bourgeois a apporté un éclairage supplémentaire.
«On a identifié une série de petites unités de restauration collective», a indiqué le vice-président chargé des lycées. «J'ai demandé aux services de la Région d'imaginer des mutualisations de restauration et Plombières-Quetigny en fait partie puisque ce sont des établissements parmi les plus petites unités de production de repas. On aurait la possibilité de concentrer les moyens d'investissement pour améliorer les cuisines et les moyens humains – cela ne veut pas dire suppression de postes – sur un seul et même site d'unité de restauration.»
«Cela ne veut pas dire déplacement des lycéens d'un site à un autre pour se nourrir», a pris soin de souligner le socialiste, «c'est de la livraison de repas en liaison chaude – et non liaison froide – pour maintenir une qualité de repas». «Ça se fait déjà dans une trentaine de sites.»
«Ce qui prévaut à cette logique-là, c'est de maintenir les équilibres budgétaires sur les différents sites», a rappelé le vice-président au regard des investissements de modernisation.
Pour autant, le projet concernant le lycée Félix Kir ne serait pas encore «acté» : «ce sera acté quand ce sera voté ; là, il n'y a rien de voté». «Il y a plusieurs sites qui sont en travaux d'analyse de ce qui est possible ou pas possible de faire. Il y a déjà eu une réflexion par le passé de mutualiser ces deux unités de restauration (…), les services se sont concentrés, dans un premier temps, sur ces deux sites-là.»
En cas de mutualisation effective, un dialogue social serait mené en Comité social territorial. «On aura forcément besoin d'agents de la Région sur chaque site, tout simplement pour la distribution des repas.»
Une réflexion pour une mutualisation entre collectivités
«Au regard des petites dimensions sur ces établissements, cela ne me semble pas incohérent que la mutualisation se fasse», a poursuivi Willy Bourgeois, «la logique qui doit prévaloir, c'est maintenir les emplois, les concentrer, faciliter le travail des agents et prévoir de la liaison chaude».
Au-delà, le vice-président se fait l'écho de Jérôme Durain pour mener «un débat» sur la mutualisation avec d'autres collectivités mettant en œuvre des services de restauration collective notamment dans des écoles ou des collèges.
L'UNSA et FO ont manifesté également le vendredi
À noter que la manifestation s'est déroulée en deux temps avec, ce vendredi 27 juin 2026, un autre rassemblement sur le même thème de quelques militants syndicaux conduits par Stéphane Matthey, secrétaire général de l'union régionale interprofessionnelle UNSA Bourgogne-Franche-Comté, et Frédéric Vuillaume, secrétaire du syndicat FO Conseil régional Franche-Comté-Bourgogne.
Pour ce dernier, «fermer la restauration aujourd'hui, c'est tuer le lycée demain» car «quand c'est la restauration d'un lycée qui ferme, c'est le lycée qui est en danger».
Au-delà du cas du lycée Félix Kir – pour lequel une manifestation est prévue, le 8 juillet, à Quetigny –, le rassemblement contestait les projets de mutualisation envisagés au lycée Albert Schweitzer, à Champs-sur-Yonne, au lycée Jacques Prévet, à Dole, ou encore à l'EREA de Crotenay.
Jean-Christophe Tardivon


























