
Ce vendredi 6 février, à Dijon, le ministre de l’Éducation nationale s'est rendu au collège Jean-François Champollion et au lycée Gustave Eiffel pour constater l'accompagnement des élèves après l'incendie criminel survenu en décembre dernier. Édouard Geffray a souligné «un exemple remarquable d'une réaction unitaire».

«J'avais dit que je reviendrai, donc je suis revenu.» Ce vendredi 6 février 2026, à Dijon, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a tenu son engagement, formulé le 15 décembre dernier, peu de temps après l'incendie perpétré par des incendiaires au sein du collège Jean-François Champollion dans le quartier des Grésilles. Si quatre adolescents ont reconnu les faits, deux individus sont toujours recherchés (
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Depuis le 5 janvier dernier, les collégiens de 6ème, 5ème et 4ème ont repris les cours dans leur établissement. Le bâtiment incendié étant en travaux, le chantier a été sécurisé pour éviter tout accès depuis la cour. Les collégiens de 3ème sont désormais scolarisés au lycée Gustave Eiffel, voisin de quelques centaines de mètres.
Échanges avec la communauté éducative
Accompagné du sous-préfet Denis Bruel, le ministre de l’Éducation nationale a été accueilli par Catherine Hervieu (LE), députée de la Côte-d'Or, François Patriat (REN), sénateur de la Côte-d'Or, Stéphanie Modde (LE), vice-présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Catherine Louis (LCOP) et Christine Blanc (LCOP), vice-présidentes du conseil départemental de la Côte-d'Or, Franck Lehenoff (PS) et Nuray Akpinar-Istiquam (PS), adjoints au maire de Dijon, et Mathilde Gollety, rectrice de l'académie de Dijon.
En plusieurs séquences, au collège Jean-François Champollion et au lycée Gustave Eiffel, le ministre de l’Éducation nationale a échangé avec des représentants de la communauté éducative et a rencontré des élèves (
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«Un exemple remarquable d'une réaction unitaire»
«Au mois de décembre, je m'étais déplacé avec Laurent Nuñez [NDLR : ministre de l'Intérieur], j'avais rencontré les équipes et j'avais dit que je reviendrai», a rappelé Édouard Geffray à l'issue de ses échanges, «donc je suis revenu tout simplement pour d'abord rencontrer les équipes, partager avec elles leur situation, voir les élèves, et suivre la situation et son évolution».
«L'incendie criminel dont a été victime Champollion, il est révélateur de certaines fractures et difficultés qu'on a notamment sur fond de narcotrafic», a développé le ministre. «Pour moi, c'est aussi un exemple remarquable d'une réaction unitaire de l’État, des collectivités locales, des personnels, de tout le monde. On avait dit que l'établissement serait rouvert le 5 janvier ; grâce au conseil départemental, il a été rouvert le 5 janvier. Les élèves de 3ème sont scolarisées ici, au lycée Gustave Eiffel, grâce au conseil régional. L'équipe éducative a été absolument remarquable dans sa réaction. Les élèves ont donc pu reprendre.»
«Le bâtiment : les stigmates ont été effacés à l'extérieur pour pas que [les élèves] vivent le traumatisme de voir tous les jours leur collège dégradé», a-t-il poursuivi, «il y a une complexité humaine puisque, pendant quelques mois, les professeurs sont obligés de faire l'aller-retour entre Gustave Eiffel et Champollion.»
«L'éducation et la pédagogie ont repris leurs droits»
«Non seulement, l'âme Champollion n'est pas morte, (…) mais les liens se sont resserrés autour du collège, les parents ont manifesté énormément de soutien à la communauté éducative», a relevé Édouard Geffray, «donc nous continuons le combat pour faire en sorte que ce collège et son environnement soient stabilisés. Les forces de sécurité municipale et nationale – parce que la Ville [de Dijon] est aussi mobilisée – sont présentes tous les jours aux abords de l'établissement.»
«Je suis heureux de dire que l'éducation et la pédagogie ont repris leurs droits», s'est félicité le ministre. «On est là pour faire vivre un projet pédagogique. Ce matin, je suis venu avec le Centre national du livre et une autrice jeunesse – en l'occurrence spécialiste de théâtre – qui va porter un projet avec des classes de 5ème et des professeurs de lettres du collège.»
«La résilience, ce n'est pas seulement la résilience du bâtiment, c'est aussi une résilience humaine, une résilience intellectuelle, morale, civique qui s'incarne par des projets comme ceux-là», a-t-il insisté.
«On ne va pas dans un établissement scolaire avec un couteau»
Plus largement, dans un contexte de plusieurs faits divers dramatiques survenus en milieu scolaire ayant marqué l'actualité, Édouard Geffray a constaté «une recrudescence de la grande violence, des violences paroxystiques».
Le ministre de l’Éducation nationale a donc appelé la population à «un sursaut collectif» : «on met des forces de police – avec Laurent Nuñez, on va encore augmenter les contrôles sur les couteaux – mais, à la fin, il faut que, dans chaque famille, dans chaque groupe d'amis, il faut que ce week-end – quand les uns et les autres vont se réunir en famille ou quand ils vont voir leurs enfants –, lundi matin – quand ils feront les cartables pour ceux qui ne sont pas en vacances, etc. –, il y ait des discussions avec les enfants et que les parents disent aux enfants que la violence n'est pas possible, que non, ce n'est pas un jeu de se balader via couteau dans la poche – même si on n'a pas de mauvaises intentions –, parce qu'une fois qu'on l'a dans la poche, on ne sait pas quel usage on va en avoir, que non, on ne va pas dans un établissement scolaire avec un couteau, qu'on ne s'en prend pas à un adulte – ni d'ailleurs à un camarade –, on ne s'en prend pas aux autres physiquement et que le tabou – pour moi absolu qui fait qu'on attente jamais à la vie de qui que ce soit, il doit être restauré».
Jean-Christophe Tardivon




























































