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19/10/2020 12:08

ÉDUCATION : «Les AESH travaillent gratuitement une heure chaque semaine»

Les syndicats enseignants contestent le mode de calcul de la rémunération des accompagnants d'élèves en situation de handicap au sein de l'Académie de Dijon. Une soixantaine de personnes se sont rassemblées ce samedi 17 octobre à Dijon pour revendiquer «l'égalité de traitement sur tout le territoire national».

Avec la rentrée scolaire de l'année 2020-2021, le dossier du temps de travail des assistants d'élèves en situation de handicap est remis sur la table par les syndicats enseignants. En Côte-d'Or, la FNEC-FP-FO, la FSU, la CGT Éduc'action, Sud éducation et la CFDT ont adressé une lettre ouverte une lettre ouverte au ministère de l'Éducation nationale et appelaient à un rassemblement à Dijon ce samedi 17 octobre 2020.

Une soixantaine de personnes se sont retrouvées place de la Libération pour soutenir les AESH et les revendications portées par les syndicats enseignants. Au préalable, chacun a réagi à la suite de l'assassinat de Samuel Paty, enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, survenu le 16 octobre 2020 (lire notre article sur l'hommage républicain du 18 octobre).

«L'égalité de traitement sur tout le territoire national»

Le sujet de la rémunération des AESH est très technique. Les syndicats n'ont pas la même lecture de la circulaire ministérielle «Cadre de gestion des personnels exerçant des missions d'accompagnement d'élèves en situation de handicap» du 5 juin 2019. En fonction de l'employeur, les services départementaux de l’Éducation nationale ou le lycée mutualisateur, les personnels n'ont pas le même service à effectuer.

Les syndicats accusent le rectorat de l'Académie de Dijon de s'abstenir de rémunérer une heure de travail par semaine aux AESH qui sont à temps partiel, entre 22 heures et 24 heures par semaine au sein des établissements scolaires pour une rémunération d'environ 600 euros

Les organisations syndicales dénoncent aussi les «réponses obscures sur le plan du droit et une fin de non-recevoir» de la part du rectorat face aux pétitions, audiences et recours gracieux. Elles ne demandent rien moins que «l'égalité de traitement sur tout le territoire national».

Au-delà, les représentants des personnels en appellent au ministre pour créer «un statut de fonctionnaire d’État pour les accompagnants d'élèves en situation de handicap» afin de garantir les mêmes droits pour toutes les situations.

«Le dialogue social est au point mort»


Durant les prises de parole, Françoise Lyon, cosecrétaire Snuipp FSU 21, a rappelé que «ces personnels sont devenus indispensables au bon fonctionnement de nos écoles, de nos établissements puisque la loi de 2005 a institué le droit pour les familles de scolariser leurs enfants porteurs de handicap dans leur établissement de secteur» tout en déplorant que «depuis le début, l’Éducation nationale a bricolé pour adapter les moyens mais qui ne sont jamais à la hauteur des besoins». «Nous avons un employeur, l’Éducation nationale, qui est pourvoyeur de précarité» a déclaré Françoise Lyon.

Responsable des AESH pour FNEC-FP-FO 21, Gilles Herbin a refait le détail des calculs pour démontrer qu'un AESH de l'Académie de Dijon était rémunéré 5% de moins que son homologue de l'Académie de Nantes.

Pour le SGEN-CFDT 21, Christelle Jouffroy a dénoncé le «temps partiel imposé» et le fait que les AESH «travaillent gratuitement une heure chaque semaine». «Depuis un an, le rectorat refuse d'appliquer la circulaire ministériel et applique sa propre circulaire» a déclaré Christelle Jouffroy, ajoutant que «le dialogue social est au point mort».

«C'est la honte à Dijon» a-t-on entendu en retour dans les rangs des participants. Des recours ont été déposés devant le tribunal administratif de Dijon, les résultats devraient être connus au printemps 2021.

Jean-Christophe Tardivon