
En clôture de la 27ème édition des Assises européennes de la transition énergétique, ce jeudi 25 juin, à Dijon, le sociologue Jean Viard a plaidé pour une adaptation des mobilités et de la production d'énergie à l’échelle de chaque territoire : «À Marseille, le débat sur la climatisation est débile et à Lille, il est intelligent».

«Le changement climatique nous impose de transformer notre modèle de développement», lançait François Rebsamen (FP), président de la Métropole de Dijon, le 23 juin dernier, en ouverture de la 27ème édition des Assises européennes de la transition énergétique (
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En clôture de cette édition, ce jeudi 25 juin 2026, devant environ 200 personnes, le très médiatique Jean Viard – sociologue qui a soutenu Emmanuel Macron dès 2017 avant de prendre ses distances – a apporté de l'eau au moulin de François Rebsamen.
Un rendez-vous pour envisager le futur de la production d'énergie
Les Assises de la transition énergétique ont lieu tous les ans dans différentes villes. Le rendez-vous rassemble des élus, des chercheurs, des experts et des responsables associatifs pour partager des retours d’expérience et envisager le futur de la production d'énergie, au regard du changement climatique.
Après trois jours d’échanges, de débats et de visites d'équipements au moment d'une canicule historique, François Rebsamen a pris la parole pour mettre en avant les initiatives de la Métropole : « On est parmi les Métropoles en pointe sur la production d’énergie renouvelable avec notre réseau de chaleur ou avec le parking du Zénith qui est couvert d’ombrières photovoltaïques».
François Rebsamen «choqué» par l’absence de ministre
Le président de la Métropole de Dijon en a profité pour exprimer son mécontentement vis à vis du gouvernement, grand absent de ces Assises tandis que l'ADEME représentait l’État en tant qu'agence de la transition écologique.
Selon nos informations, le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui était sollicité, aurait renvoyé la balle à Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, qui aurait argué d'une contrainte d'agenda pour esquiver le rendez-vous en terres dijonnaises.
«Comment un gouvernement qui nous parle d’électrification du pays peut ne pas avoir de représentant qui vienne nous dire un mot», a protesté François Rebsamen. «C’est vraiment quelque chose qui me choque ! J’avais écrit à Sébastien Lecornu qui avait envisagé d’envoyer un ministre, mais finalement personne n’est venu.»
«Lors de ces trois jours, il y avait des représentants venus de la Finlande, de Saragosse, de Bruxelles ou encore de Vinnytsia, en Ukraine, mais aucun membre du gouvernement français», a-t-il insisté. «C’est quand même incompréhensible, on dirait que ça ne les intéresse pas !»
Jean Viard : «Il faut proposer des solutions selon les modes de vie»
Après ce «cri du cœur», François Rebsamen s’est réjoui de la présence du sociologue Jean Viard qui a dynamisé la toute dernière séquence des Assises par son discours.
L’auteur de «L’Individu écologique» (publié aux Éditions de l'Aube, en 2024) a élargi la réflexion à l’évolution de la société – dont le modèle familial – ou encore à l’émergence de l’intelligence artificielle.
Sur le thème des transitions de l'énergie et des mobilités, Jean Viard a plaidé pour une adaptation à l’échelle de chaque territoire : «Le vélo est l’outil pour les habitants d’une métropole, c’est un outil fantastique mais ce n’est pas adapté pour le périurbain. Or, deux tiers des Français vivent en zone périurbaine. Il faut proposer des solutions selon les modes de vie».
«Avec l’IA, on est dans une période de rupture»
«La société a profondément changé avec la fin du patriarcat», a poursuivi le sociologue». «Aujourd’hui dans une vie, les hommes et les femmes connaissent davantage de conjoints et 63% des enfants naissent hors mariage».
«Je comprends que l’[intelligence artificielle] puisse inquiéter, comme le réchauffement climatique», a ajouté l'orateur. «On est en ce moment dans une période de rupture, l’IA débute et on apprend à s’en servir. C’est sûr que ça va supprimer des millions d’emplois, mais qui sont souvent des emplois rébarbatifs comme dans la comptabilité.»
«La question, c’est de savoir comment on va créer des emplois sur d’autres postes», a-t-il considéré, «et est-ce que tous les emplois perdus seront compensés par la suite ?» Je ne le sais pas, je vous le dirai dans 100 ans».
Bien au-delà de la transition énergétique, Jean Viard a donc élargi sa réflexion sur de nombreuses autres thématiques sociétales lors de la clôture de ces Assises. «Jean, c’est quelqu’un qui ouvre les esprits par tout ce qu’il dit», avait annoncé François Rebsamen.
«À Marseille, le débat sur la climatisation est débile et à Lille, il est intelligent»
Interrogé par
Infos Dijon, Jean Viard est revenu sur la notion d'habitabilité : «On a la même problématique partout, c’est-à-dire comment diminuer la production de CO2 pour nos petits-enfants tout en essayant de vivre agréablement dans la société qui se réchauffe».
«Regardez le débat sur la climatisation. À Marseille, ce débat est débile et à Lille, il est intelligent», a-t-il relevé. «Est-ce qu’il faut avoir les mêmes règles partout ? Moi, j’ai une maison en Bretagne, elle n’est pas climatisée. Et ce serait absurde qu’elle le soit !»
Fabrice Aubry
