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23/01/2021 12:48

ENTREPRISE : Laurent Pietraszewski défend une médecine du travail «sur le terrain, aux côtés des employeurs et des salariés pour les accompagner et prévenir»

«On passe d'une médecine de l'aptitude à une médecine de la prévention» a déclaré le secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail pour résumer le contenu d'une réforme du système de santé au travail. Ce vendredi 22 janvier, Laurent Pietraszewski a rencontré les équipes de l'AIST 21 à Dijon.

Les partenaires sociaux ont signé le 8 janvier dernier un accord national interprofessionnel (ANI) destiné à réformer le système de santé au travail. Le texte fait l'objet de trois axes principaux : la prévention des risques professionnels dans les entreprises, la lutte contre la désinsertion professionnelle (une notion qui n'existe pas dans le code du Travail) et la promotion de la qualité de vie au travail.

Pour mieux faire connaître ce nouvel accord, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État auprès de la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, chargé des Retraites et de la Santé au travail, est venu à Dijon, ce vendredi 22 janvier 2021, rencontrer les équipes de l'Association Interprofessionnelle de Santé au Travail de la Côte d'Or.

Le secrétaire d’État a été accueilli par la présidence de l'association, Sandrine Vannet. Parmi la délégation étaient notamment présents le préfet de la Côte-d'Or Fabien Sudry, les députés LREM de la Côte-d'Or Fadila Khattabi, Didier Martin et Didier Paris ainsi que la vice-présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté Océane Charret-Godard (PS), la vice-présidente du conseil départemental de la Côte-d'Or Emmanuelle Coin (LR) et la vice-présidente de Dijon Métropole François Tenenbaum (PS).

Transversalité et pluridisciplinarité au sein de l'AIST 21

Avec 138 professionnels répartis sur une trentaine de centres médicaux, l'AIST 21 a une mission de médecine du travail auprès de 11.500 entreprises ayant des employés en Côte-d'Or, représentant 127.200 salariés. 83% de ces entreprises ont moins de dix salariés. L'AIST 21 mobilise notamment 44 médecins du travail et 21 infirmiers Santé Travail. Il s'agit de l’un des services de santé au travail les plus importants de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Les professionnels de l'AIST 21 ont commencé par présenter les actions pour s'adapter au contexte de l'épidémie de Covid-19. Concernant les innovations, la démonstration de l'utilité d'un dispositif de réalité virtuelle pour aborder la problématique de l'ergonomie des postes de travail ou des locaux a marqué les esprits. Les méthodes de travail de l'AIST 21 faisant la part belle à la transversalité et à la pluridisciplinarité ont suscité l'intérêt du secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail.

«La santé au travail, ce ne peut pas être qu'une médecine de l'aptitude»


À l'issue de ces échanges, Laurent Pietraszewski est revenu sur ce qui a fondé le nouvel ANI : «Les partenaires sociaux ont souhaité construire cela dans le temps. Il y avait une volonté, notamment des députés majoritaires, d'être acteurs de cette évolution de la santé au travail. Les partenaires sociaux ont bien vu l'intérêt commun qu'il y a à faire évoluer les choses. (…) C'est toujours une victoire pour le paritarisme dans notre pays quand on a un accord. Le rôle là des députés, cela va être de transposer cette accord dans la loi».

Le secrétaire d’État souligne le rôle à venir de la Côte-d'Orienne Fadila Khattabi, présidente de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Les députés de la majorité ont déposé une proposition de loi à l'Assemblée nationale qui sera examinée dans les mois qui viennent pour une entrée en vigueur souhaitée en mars 2022.

«Il faut que l'on rentre dans une logique de prévention»


«Il y a une nécessité à faire évoluer les choses» ajoute Laurent Pietraszewski ; «la santé au travail, ce ne peut pas être qu'une médecine de l'aptitude» faisant référence aux actions de prévention et d'accompagnement mises en exergue par les professionnels de l'AIST 21.

Le représentant du gouvernement se montre enthousiaste au regard de la présentation effectuée : «ils sont acteurs sur la prévention : être en amont. Ils ont aussi un travail sur la désinsertion professionnelle : une fois que les gens ont quitté l'entreprise parce qu'ils n'ont plus la capacité d'exercer le travail, on réfléchit comment on leur propose quelque chose. C'est mieux de réfléchir avant pour éviter qu'ils quittent l'entreprise et, donc, de leur proposer un autre job ou de les aider à se former».

«C'est ça qu'on attend d'une médecine du travail : qu'elle soit sur le terrain, aux côtés des employeurs et des salariés pour les accompagner et prévenir. On est dans une logique, un peu historique dans notre pays de réparation. (…) Il faut que l'on rentre dans une logique de prévention : on identifie les risques, on les réduit, on les supprime et on suit les choses de manière à ce que le salarié soit le moins exposé possible. (…) On passe d'une médecine de l'aptitude à une médecine de la prévention» synthétise Laurent Pietraszewski.

«Les salariés expérimentés ne peuvent pas être une variable d'ajustement»


En fin de matinée, une table-ronde à la préfecture à Dijon a permis d'aborder les bonnes pratiques des services de l’État ainsi que des entreprises sur le travail des seniors. Laurent Pietraszewski souligne que «les salariés expérimentés ne peuvent pas être une variable d'ajustement pour les évolutions des productions ou du tissu économique. (…) Ils disposent de connaissances, ils disposent de compétences et ce sont de vraies ressources. Quand on a des ajustements et que l'on propose des plans de départs volontaires qui sont ciblés sur des salariés âgés, on voit bien que l'on perd des compétences dans les entreprises».

Certaines entreprises parviennent néanmoins à faire évoluer leur organisation tout en maintenant les salariés expérimentés en place et des associations ou groupements accompagnent les salariés âgés pour retourner vers l'emploi.

Le sénateur de la Côte-d'Or François Patriat (LREM) a rejoint la délégation pour cette séquence alors que, autour de la table, les représentants de la DIRECCTE Bourgogne-Franche-Comté, de Pôle Emploi Côte-d'Or, de la SDAT, des Restos du Coeur, de l'UIMM Côte-d'Or, d'APRR et de Enedis ont pu apporter leur témoignages sur le travail des seniors.

Jean-Christophe Tardivon