
Trois chambres régionales d'agriculture se sont associées au réseau Ecophyto Dephy pour organiser, ce jeudi 29 janvier, à Dijon, un colloque présentant des expériences concrètes sur la réduction des produits phytosanitaires de synthèse en viticulture.

La réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires de synthèse correspond à une attente sociétale et environnementale impliquant les agriculteurs et, tout particulièrement les viticulteurs qui figurent parmi les utilisateurs proportionnellement les plus conséquents.
Dans un objectif de «mettre en lumière des solutions déjà opérationnelles, issues du terrain, et nourrir le débat sur la transition agroécologique des vignobles», les chambres régionales d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes, de Bourgogne-Franche-Comté, de Grand Est et le réseau Ecophyto Dephy ont organisé, ce jeudi 29 janvier 2026, à la Maison des entreprises de Dijon, le colloque «Viticulture en action : Défis, réussites et innovations».
Vignerons et futurs vignerons de plusieurs régions réunis à Dijon
Le colloque a été ouvert par Christophe Blanc, directeur adjoint de la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Bourgogne-Franche-Comté (DRAAF), qui a exprimé son soutien aux initiatives exposées.
Devant lui, figuraient 140 personnes dont des viticulteurs venus de Bourgogne, du Jura, du Beaujolais ou encore de l’Alsace. L’assemblée était aussi composée de conseillers, d’ingénieurs agronomes, de représentants d’entreprises du secteur viticole ou d’Agronov, association qui regroupe des startups du secteur agricole.
À noter aussi la présence de plusieurs étudiants venant de différents lycées agricoles comme le lycée d’Avize, en Champagne, ou le lycée Bel-Air, dans le Beaujolais.
Comment réduire les pesticides sans affecter le goût du vin ?
Le réseau «Ecophyto Dephy» a ensuite été présenté au public. «Il s’agit d’une structure qui vise à rassembler des agriculteurs engagés qui travaillent à l’évolution de leurs pratiques et la réduction des produits phytosanitaires, mais tout en maintenant les performances des exploitations avec des pratiques viables», selon les explications de Jordan le Bars, chef de projet chez Dephy.
Une table ronde était ensuite proposée avec un chercheur, un ingénieur, un professeur de l’institut Agro de Montpellier, un agriculteur bio et deux représentantes de la Confédérations des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) et du Comité Bourgogne (ex-BIVB), pour porter respectivement la voix des viticulteurs et de l'ensemble de la filière.
Cet échange avait pour thème : «variété résistante : quelle place dans les stratégies de demain ?» ou comment peut-on exploiter des cépages plus résistants aux maladies, comme par exemple le mildiou.
Selon Charlotte Huber, directrice technique à la CAVB : «[les vignerons bourguignons] regardent cela avec intérêt parce que limiter l’utilisation des produits phytosanitaires peut vraiment avoir un avantage. En revanche, ils ont des interrogations sur l’impact organoleptique que cela peut avoir. À noter qu’aujourd’hui, dans les cahiers des charges des appellations de Bourgogne, il n’y a toujours pas de variétés résistantes. On verra demain comment cela va évoluer».
Lors de cette journée, d’autres solutions ont été exposées comme la mise en place de couverts végétaux pour limiter l’usage d’herbicides tout en préservant les sols, ou l’intégration de produits alternatifs de biocontrôle pour compléter la stratégie de protection.
Fabrice Aubry




