Une vingtaine de projets ont déjà émergé pour montrer la multiplicité des politiques publiques locales à transformer et l'ampleur de la transformation nécessaire
Communiqué de presse :
La robustesse, pour assurer la stabilité malgré les crises
Organisé par la préfecture de Côte-d’Or, un Village de la résilience s'est tenu à Dijon ce 18 octobre avec pour mot d’ordre : réagir face à une situation d’urgence. Des animations pédagogiques sont présentées pour “
impliquer les citoyens dans la prévention et la préparation aux crises”. Si ce type de réflexes est important à avoir pour la population, Dijon Avenir met en question la définition du mot “résilience” telle qu’utilisée par les autorités. Celle-ci fait reposer sur les individus la responsabilité de la réparation, au lieu de prendre collectivement les problèmes à la racine.
Depuis près de 2 ans, Dijon Avenir mène un travail de diagnostic citoyen des risques qui menacent le territoire, et de leurs impacts pour la population dijonnaise. Résultat, Dijon et ses habitant·e·s sont vulnérables à bien des égards : très faible autonomie alimentaire, éloignement de la ressource en eau, dépendance aux énergies fossiles, faible couverture arborée, passoires énergétiques, etc. Qui plus est, l’analyse des politiques publiques locales actuelles a montré qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux, voire qu’elles amplifient les risques auxquels la population est exposée.
Aux crises déjà en cours (changement climatique catastrophique, effondrement dramatique de la biodiversité, explosion de pollutions multiples et épuisement accéléré des ressources fossiles et minérales) s’ajoutent les crises sociale, économique et démocratique qui peuvent aller jusqu’à menacer nos besoins vitaux et la cohésion sociale.
Théorisée initialement en mécanique des matériaux, la résilience a d’abord été un élément de réponse apporté par l'Etat face à ces crises, mais leur ampleur et surtout les chocs induits par la convergence des crises en cours et à venir sont d’un tel niveau que des scientifiques proposent aujourd’hui de s’orienter vers la robustesse pour assurer la stabilité.
En particulier, les travaux du biologiste Olivier Hamant montrent que nos organisations humaines sont conçues en optimisant les processus pour maximiser efficacité et profits : si des résultats peuvent en découler à court terme, la performance finit par devenir une source de fragilité dans la durée, en épuisant les humains comme les écosystèmes. En s’inspirant de la biologie, la robustesse vise la coopération entre les organismes et organisations, et leur redondance, pour s’adapter aux fluctuations extérieures,
a priori et à un niveau collectif.
Des solutions face aux vulnérabilités de Dijon et de sa population
Alors que ces crises sont majoritairement dues à la fuite en avant du modèle de sur-production et de sur-consommation, Dijon Avenir propose de changer de modèle pour ancrer la vision d’avenir de Dijon dans la sobriété énergétique et matérielle. Sobriété qui, si elle n’est pas anticipée et planifiée collectivement avec une exigence de justice sociale, risque de s’imposer brutalement et de frapper d’abord les plus vulnérables.
Comme l’a encore montré cette semaine une étude du Réseau Action Climat, les habitant·e·s sont de plus en plus inquiet·e·s face à la hausse des évènements climatiques extrêmes et soutiennent l’instauration de mesures écologiques ambitieuses. A condition que les efforts soient équitablement répartis et les transformations accompagnées, elles emportent l’adhésion.
En réponse aux vulnérabilités du territoire que nous avons identifiées précédemment pour notre territoire, le Forum citoyen Dijon Avenir a permis d’élaborer avec de nombreux habitant·e·s et acteurs locaux une Vision d’avenir pour Dijon à l’horizon 2050 - pour répondre à la question “où va-t-on ?” - et de co-construire un projet de transformation profonde du territoire et de nos façons d’y vivre - permettant de tracer le chemin “comment on y va ?”.
Si le projet est encore en cours de co-construction, avec la poursuite de réunions de groupes de travail pour partager, explorer et améliorer les idées émises lors des forums du mois de septembre, une vingtaine de projets ont déjà émergé pour montrer la multiplicité des politiques publiques locales à transformer et l'ampleur de la transformation nécessaire. Dans la justice sociale, il s’agit de planifier collectivement la sobriété énergétique et matérielle, en obtenant l'adhésion de la population par un renforcement de la participation du public, notamment par des conventions citoyennes en début de mandat, permettant de définir les plans des grandes politiques publiques :
- Plan de Transformation de l’Economie Locale, pour définir collectivement nos besoins raisonnés et la manière de les satisfaire au moyen de ressources limitées,
- Plan Local d’Autonomie Alimentaire, pour multiplier par 10 l’autonomie alimentaire du bassin de vie dijonnais,
- Plan Climat Air Énergie territorial avec un vrai volet de sobriété énergétique,
- Plan Local d’Urbanisme entièrement révisé pour protéger toute la pleine terre et les arbres.
Une
carte permet de visualiser quelques projets précis géographiquement situés dans la ville, autour de la reconquête végétale de la ville, d'un déploiement massif du maraîchage urbain et peri-urbain et de l'isolation massive des logements avec des produits locaux biosourcés.