
Dans un contexte de crises sanitaires animales, le président du Département de la Côte-d'Or a été accueilli par le président de la chambre d'agriculture pour inaugurer, ce jeudi 6 novembre, la 17ème édition de la Ferme Côte-d'Or.

Pas de bovin mais de la bonne humeur, pas de volaille mais des envolées lyriques. Du 6 au 9 novembre, au parc des expositions de Dijon, la Ferme Côte-d'Or présente de nouveaux animaux-stars : les imposants chevaux de trait Auxois, les lapins Fauves de Bourgogne qui rivalisent avec les peluches et les très cosmétiques ânesses aux noms elfiques.
Cette édition est marquée effectivement par les conséquences de deux épidémies de virus touchant les animaux. Trois foyers de dermatose nodulaire contagieuse des bovins (DNC) situés dans le Jura ont provoqué une interdiction des foires et concours dans toute la Bourgogne-Franche-Comté (
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Jacques de Loisy conduit la délégation inaugurale
L'événement animé quotidiennement par 80 personnes se déroule dans le cadre de la Foire internationale et gastronomique de Dijon. 10.000 visiteurs sont attendus dont 1.600 élèves.
La 17ème édition de la Ferme Côte-d'Or est la première de Jacques de Loisy en tant que président de la chambre d'agriculture de la Côte-d'Or, structure organisatrice avec le soutien du Département de la Côte-d'Or.
Ce jeudi 6 novembre 2025, Jacques de Loisy a accueilli Denis Bruel, secrétaire général de la préfecture de la Côte-d'Or, François Sauvadet (UDI), président du conseil départemental de la Côte-d'Or, et Danielle Juban (REN), adjointe au maire de Dijon et présidente de Dijon Bourgogne Events qui exploite le parc des expositions.
La délégation comprenait également Philippe Lemanceau (PS), vice-président de la Métropole de Dijon, ainsi que de nombreux élus départementaux dont François-Xavier Dugourd (LR, NE), premier vice-président.
Des personnalités impliquées dans la campagne pour la prochaine élection municipale dijonnaise ont également participé : Emmanuel Bichot (LR, AD), Laurence Gerbet (NC) et Henri-Bénigne de Vregille (HOR), tous les trois conseillers municipaux d'opposition.
Humour et bière pour lancer l'inauguration
La déambulation débute dans la bonne humeur, François Sauvadet partageant un trait d'humour avec Philippe Lemanceau notamment : «le représentant de la Métropole tente de faire des Prodij». «Le Prodij devrait rejoindre le 100% Côte-d'or», glisse le centriste à propos des marques territoriales respectives de la Métropole de Dijon et du Département de la Côte-d'Or.
Sur le stand du syndicat des Jeunes Agriculteurs au couleurs de la démarche Agriloving, le Vittellien et le Dijonnais trinquent alors à la santé de leurs hôtes avec de la bière locale.
Dégustation de soupe, d'huile et de moutarde s'enchaînent ensuite, respectivement sur les stands dédiés au maraîchage, aux grandes cultures et à la graine de moutarde de Bourgogne, ce dernier étant animé par la confrérie de la Moutarde de Dijon.
Avec la crise de la DNC, les éleveurs ont subi «un gros coup au moral»
Après des échanges nourris autour des stands de l'enseignement agricole, les sourires laissent la place à une séquence plus poignante quand il s'agit de retrouver des éleveurs de bovins. Pour le public, des panneaux expliquent l'absence des animaux et présentent les principales races visibles dans les prairies de la Côte-d'Or.
D'emblée, le représentant de ces éleveurs côte-d'oriens adresse une pensée pour les éleveurs jurassiens puis alerte les membres de la délégation sur «les répercussions économiques» de la crise de la DNC.
«En Côte-d'Or, il n'y a pas de foyer», réagit Jacques de Loisy à l'intention des visiteurs. «En Val de Saône et une partie de la plaine, nous sommes en périmètre de protection. (…) On joue la solidarité.»
«À travers vous, je veux saluer la profession agricole et saluer la responsabilité des éleveurs», déclare Denis Bruel puisque les contrôles menés n'ont pas permis de constater d'infraction à l'interdiction de transport des bovins.
«Les exploitants ont joué le jeu. (…) Si on déplace pas les bêtes, on ne déplace pas la maladie», signe le représentant du préfet en estimant le taux de vaccination dans les zones réglementées à près de 80%.
Le président de la chambre d'agriculture constate néanmoins que les éleveurs ont subi «un gros coup au moral» et espère que les foires et concours pourront reprendre «dans les prochaines semaines», notamment en ce qui concerne les taureaux reproducteurs car «la génétique de reproduction, en secteur charolais ou en secteur laitier, c'est important en Côte-d'Or».
Après avoir témoigné de sa solidarité, François Sauvadet insiste sur le rôle de «la recherche» face «aux défis de sécurité sanitaire».
Pour clore cet échange, les éleveurs font part de leur souhait d'organiser «un grand concours» au début du printemps 2027 de façon à valoriser les différentes races bovines.
Intermarché va commercialiser le fromage côte-d'or
La délégation inaugurale retrouve ensuite une actualité positive puisque, sur le stands des produits laitiers, l'éleveuse Nathalie Mairet et l'entrepreneur Philippe Delin annoncent que le fromage côte-d'or sera prochainement commercialisé dans l'ensemble des magasins Intermarché de l'Hexagone.
«Quand on travaille tous ensemble et qu'il y a une vraie volonté politique, on arrive à faire de grande chose», déclare Nathalie Mairet à l'adresse de l'exécutif national.
En réaction, François Sauvadet salue «une grande dame de l'agriculture» : «elle a conforté une filière lait qui était menacée». «Pour des raisons économiques, les grands opérateurs, comme Lactalis, ne vont plus rechercher le lait dans les exploitations qui sont très éloignées les unes des autres.»
«Si on veut sauver nos éleveurs, mangeons français !»
Après une étape auprès des cheveux de trait Auxois, le délégation découvre le stand de l'élevage de lapin où est présent Aimé Raulain, régulièrement primé au Concours général du Salon de l'agriculture.
Un autre passionné alerte les officiels sur le «patrimoine» constitué par l'élevage en général : «c'est l'identité de nos assiettes en France, (…) les éleveurs travaillent du matin au soir pour façonner un paysage qui est superbe. La France est un pays qui est apprécié pour sa beauté. Qui fait la beauté de ces paysages ? Ce sont nos agriculteurs. Si on veut sauver nos éleveurs, mangeons français !»
«Mangez Côte-d'Or !» rebondit François Sauvadet, «vous participerez à la souveraineté alimentaire». «Manger local, c'est bon pour la planète, c'est bon pour la santé, c'est bon pour notre économie.»
François Sauvadet appelle la filière viande et les consommateurs «à la responsabilité»
«Pour la première fois, nous n'avons pas toute la diversité de nos productions agricoles de ce département», déplore François Sauvadet lors des discours officiels, au bout de plus d'une heure trente de déambulation.
Le président du Département renouvelle alors son «soutient» aux éleveurs notamment : «l'enjeu est d'éviter la propagation et, très vite, de vacciner». «Je salue le travail de la chambre d'agriculture en lien avec les autorités préfectorales, le rôle des groupements de défense sanitaire et l'implication du Département de la Côte-d'Or aux côtés du monde de l'élevage. (…) L'abattage d'un troupeau sur place, c'est quelque chose de très dur, d'abord économiquement, et surtout moralement. Ce sont des générations d'éleveur qui ont travaillé à l'élaboration d'un troupeau.»
«J'appelle chacun à la responsabilité», développe l'orateur, «j'appelle aussi les consommateurs à la responsabilité parce qu'il faut qu'ils continuent de consommer de la viande, cela n'a pas d'impact sur la viande elle-même. J'appelle aussi la filière viande a beaucoup d'esprit de responsabilité pour que les mises sur le marché de produits qui relèvent de l'abattage ne soit pas le prétexte à jouer sur les prix. Je pense que nos éleveurs le méritent.»
«C'est dans les difficultés qu'il faut témoigner de notre solidarité»
«[La Ferme Côte-d'Or] est un rendez-vous incontournable entre les producteur qui sont à la source de notre alimentation et cette Foire internationale et gastronomique de Dijon, qui est une formidable vitrine de notre département», analyse François Sauvadet. «J'ai tenu à maintenir ce rendez-vous dans ce contexte particulier, en lien avec la chambre d'agriculture parce que c'est dans les difficultés qu'il faut témoigner de notre solidarité au monde agricole et au monde rural. C'est aussi l'occasion de discuter du métier.»
«On sera à vos côtés», martèle le centriste qui annonce que, comme les années précédentes, une subvention d'équilibre de deux millions d'euros pour le laboratoire départemental sera soumise prochainement au vote des élus départementaux. La réévaluation du coût de la vaccination sera plafonnée au niveau de l'inflation.
De plus, lors de la prochaine session plénière, sera examiné un accord-cadre assorti de 15,5 millions d'euros pour la période 2026-2030 (
lire le communiqué).
«Il y a de l'avenir» dans l'élevage
«On a un enjeu considérable, c'est de redonner confiance à nos agriculteurs», continue François Sauvadet alors de nombreux exploitants agricoles vont prendre leur retraite dans les prochaines années.
«Il y a question centrale pour l'avenir de la Côte-d'Or, pour l'avenir de nos paysages, pour l'avenir de la souveraineté alimentaire. Dans ce secteur de l'agriculture, il y a des métiers, il y a une passion, il y a de l'avenir», poursuit-il dans une envolée lyrique.
«À la source de l'alimentation, à la source de la réputation qu'a la France – et la Côte-d'Or –, il y a des producteurs», souligne celui qui est également président de l'Assemblée des Départements de France. «[En Côte-d'Or], nous avons une chance considérable : avoir tous les types de productions. Certaines sont fragiles parce que la filière économique est fragile. Notre devoir, c'est de les préserver parce que je suis sûr que ce sera une chance pour la France de demain, la Côte-d'Or de demain.»
Sur ce thème, le président du Département relaie les craintes des agriculteurs concernant les traités de libre-échange établis par l'Union européenne. Le centriste souhaite éviter d'«importer avec d'autres normes d'ailleurs». «L'accord avec le Mercosur représenterait une fragilité pour notre économie et nous n'avons pas besoin de fragilité.»
«Il faut donner un signe d'espoir aux jeunes»
«Tout le monde traverse la situation sanitaire avec force, conviction et beaucoup de courage», lance à son tour Jacques de Loisy qui se félicite qu'un «large panel» de productions côte-d'oriennes soit présenté aux visiteurs de la Foire malgré les restrictions actuelles.
«Le département de la Côte-d'Or est intégralement un vrai département agricole, au sens large», développe le président de la chambre d'agriculture, «il faut donner un signe d'espoir aux jeunes et non pas un signe de sinistrose».
Il est demandé aux services de l’État d'avoir «une application intelligente» des réglementations
Pour sa part, Denis Bruel indique le préfet a demandé aux services déconcentrés de l’État d'avoir «une application intelligente et la plus pragmatique possible» des lois et réglementations, «une application qui soit au service du développement des territoires». «Au quotidien, les services de l’État sont là pour accompagner le monde de l'agriculture.»
«Quand tout est compliqué, on est encore plus à votre disposition», conclut le sous-préfet devant les membres de la délégation inaugurale complétée par les agriculteurs qui tiennent un stand durant la Ferme Côte-d'Or.
Jean-Christophe Tardivon



















































































