Recherche
> Vie locale > Vie locale
02/09/2020 21:53

JUSTICE : «Notre société a besoin d'apaisement» déclare Éric Dupond-Moretti

En déplacement à Dijon ce mercredi 2 septembre, le ministre de la Justice a rencontré les greffiers-stagiaires à l’École Nationale des Greffes, des habitants et des commerçants dans le quartier des Grésilles puis des maires victimes d'agression lors d'une table-ronde à la préfecture de la Côte-d'Or.
Le ministre de la Justice a commencé par surprendre ses hôtes en arrivant avec quelques minutes d'avance, peu avant 14 heures ce mercredi 2 septembre 2020. Éric Dupond-Moretti a été accueilli notamment par le directeur de l'ENG Gérard Sentis, par la députée de la Côte-d'Or Fadila Khattabi (LREM) et par le procureur de la République de Dijon Éric Mathais. Sont arrivés dans la foulée la première adjointe au maire de Dijon Nathalie Koenders (PS) et le député de la Côte-d'Or Rémi Delatte (LR).

Le Garde des Sceaux a rapidement rejoint l'amphithéâtre de l'École Nationale des Greffes où l'attendaient plus de 220 greffiers stagiaires et enseignants. «Sans greffiers, il n'est pas possible de rendre la justice» leur a-t-il d'emblée lancé, ajoutant «la justice a donc besoin de vous. Vous êtes souvent dans les premiers au contact du justiciable (...) pour lui apporter la meilleure réponse aux questions souvent nombreuses sur le fonctionnement de l'institution judiciaire».

Dans un proche avenir, le métier de greffier va évoluer : «nous vivons actuellement la naissance d'une véritable équipe juridictionnelle, le magistrat étant assisté par différents acteurs qui, loin de s'opposer, se complètent». Le ministre de la Justice espère que cette réforme rendra le métier «plus attractif» rappelant que plus de 1.000 greffiers ont été recrutés en 2019. L'objectif du ministère de la Justice est d'atteindre un taux de vacance structurelle chez les greffiers «le plus faible possible» en 2022. Le taux en vacances des postes s'élève à 10% selon l'UNSA Services judiciaires.

Rencontre avec des habitants du quartier des Grésilles


La visite n'était pas à l'agenda du déplacement ministérielle mais elle avait été bien préparée : Éric Dupond-Moretti s'est rendu en milieu dans le quartier de Grésilles à Dijon pour plusieurs temps d'échanges. Avec le maire de Dijon François Rebsamen (PS) et le préfet de la Côte-d'Or Fabien Sudry tout d'abord ainsi qu'avec des représentants d'associations du quartier.

Entre ces deux réunions, le ministre de la Justice a été à la rencontre de trois commerçants de la place Galilée : un opticien, une épicière et le gérant d'un bureau de tabac. À chaque fois, le Garde des Sceaux a tenu à battre en brèche des préjugés sur l'action de la justice : «le taux de réponse pénale, c'est de 90%, le taux de mise à exécution des peines prononcées, c'est 92%».

Le ministre de la Justice a par ailleurs regretté «la surenchère permanente» : «je trouve que ça fait un mal de chien à notre société. Notre société, elle a besoin d'abord qu'on lui dise la vérité, qu'on lui donne les vrais chiffres, et elle a besoin d'apaisement». Éric Dupond-Moretti a tenu à faire savoir que la délinquance des mineurs «n'a pas augmenté dans notre pays depuis dix ans».

Par ailleurs, le préfet de la Côte-d'Or Fabien Sudry est revenu sur les trois jours de violences urbaines qui ont marqué le quartier des Grésilles en juin dernier. Le préfet a rappelé aux commerçants que les suites judiciaires avaient été «importantes» : 50 interpellations et 9 incarcérations. «Les policiers et les gendarmes, sous l'autorité des magistrats, ont fait un travail considérable pour identifier les auteurs de ces méfaits» a insisté Fabien Sudry.

Les insultes contre les maires considérées comme des outrages


Ce mercredi 2 septembre, le ministre de la Justice avait annoncé que le délit d'insulte contre les maires seraient désormais considérées comme des outrages, au terme d'une réunion interministérielle à Matignon sur la violence contre les élus. L'outrage permettant d'appliquer des travaux d'intérêt général à la personne condamnée.

À Dijon, Éric Dupond-Moretti a précisé que la circulaire donnant un cadre juridique «serait signée sans doute la semaine prochaine» en promettant que «des choses vont changer» sans donner plus de détails sur le contenu. Tout au plus a-t-il indiqué que, dans la Côte-d'Or, «ça fonctionne», avec une volonté d'«étendre ces bonnes pratiques à l'ensemble du territoire national». Des bonnes pratiques qui seraient à trouver dans une forme de fluidité dans les échanges entre les élus et le procureur de la République de Dijon.

«Chaque agression commise contre un maire est une agression commise contre la République» a martelé le Garde des Sceaux. «Ces mesures ne sont pas symboliques, (...) elles permettent de régler un certain nombre de difficultés», a-t-il redit dans l'après-midi à Dijon avant la rencontre avec des élus locaux.

Jean-Christophe Tardivon

Ludovic Rochette refuse de «mettre une GoPro sur l'écharpe tricolore»


«La simplification des métiers de greffe est un leurre» selon l'UNSA